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  • : Sauvegarde de la mémoire de l'autodrome de Linas Montlhéry
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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 19:19

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Ce livre relate l'histoire du cyclisme dans ce formidable équipement qu'est l'autodrome de Linas – Montlhéry, temple des sports mécaniques, qui aura été également celui du cyclisme.

 

D’abord théâtre de records de l’heure puis de vitesse derrière engins motorisés, il devient, au fil de ses vingt-trois éditions, le temple du championnat de France des routiers professionnels, avant de devenir le refuge du cyclisme amateur francilien.

 

Il contient les interviews de tous les champions de France sacrés sur l’autodrome. Au fil de ses pages, vous découvrirez pourquoi le sport cycliste est venu échouer sur un circuit dédié aux sports mécaniques. Vous y trouverez une riche iconographie (plus de 360 photos) agrémentée de dessins, une rubrique palmarès, une revue de presse étalée sur trois quarts de siècle ...

 

C’est l’envie de faire connaître un pan, enthousiasmant et méconnu,  de l'histoire de l'autodrome, qui m’a donné, après plusieurs années de recherches sur le sujet, l’idée d’écrire cet ouvrage.

 

J’ai la conviction, que j’aimerais vous faire partager, que cet ouvrage pourra toucher, au-delà de la famille des passionnés de cyclisme, celle des amoureux des sports mécaniques et des curieux de l’histoire de l'autodrome.

 

Vous pouvez l’acquérir, au prix de 42€ + port 8€ colissimo simple, soit un total de 50€, auprès de l’auteur :

 

Patrick POLICE

3, Place Voltaire

91 380 CHILLY-MAZARIN

email : eddy@ dbmail.com (enlever le blanc pour me contacter)

 

Pour plus de détails :

http://velotaudromelinas-montlhery.blog4ever.com

 

Pour commander ce livre :

http://velotaudromelinas-montlhery.blog4ever.com/blog/lirarticle-429799-2375600.html

 

 

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Published by Patrick POLICE - dans Velo
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25 juillet 2010 7 25 /07 /juillet /2010 18:05

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En cours d'édition, le livre de Patrick Police "l'Epopée du cyclisme sur l'autodrome de Linas-Montlhéry" est en prévente au prix exeptionnel de 39 euros (hors frais d'expédition de 9€) au lieu de 50 euros !


Commandez le dès maintenant à :

Association APTAV - Mairie de Linas - 91310 Linas

Bon de commande :

http://data0.kif.fr/cyclisme-autodrome/perso/bulletin_souscription_autodrome.qxd_bs-3-.pdf

 

Blog consacré à ce livre avec de nombreux articles.

http://cyclisme-autodrome.kif.fr/

   

L’épopée du cyclisme sur l’Autodrome de Linas-Montlhéry
c'est trois quarts de siècle de cyclisme.

 

Le cyclisme, pendant plus de soixante – quinze années, a hanté le plateau de Saint- Eutrope. Il a nourri la légende de l’autodrome d’une somme d’exploits fabuleux, de défis invraisemblables… De moments de liesse et de folie aussi … Avec des séquences plus sombres où drames et larmes étaient au rendez-vous…

 

Son histoire n’avait jamais été contée jusqu’à ce jour.

 

« L’épopée du cyclisme sur l’autodrome de LINAS – MONTLHERY » se propose de vous la faire revivre :

 

- Ce sont d’improbables records de l’heure derrière motocyclette de Léon VANDERSTUYFT, réalisé sur l’anneau de vitesse a peine achevé…

- C’est une « chasse aux records » qui va s’étaler sur plusieurs décennies, et nourrir la légende de la « piste aux records ».
- Ce sont vingt – trois éditions du championnat de France des routiers professionnels,
- C'est un mémorable championnat du monde,
- C'est une pléthore d’épreuves prestigieuses : Premier Pas Dunlop, Challenge Chobillon , Critérium des Comingmen, ...
- Mais aussi : Grand Prix de la Boucherie, Jeux Universitaires, Grand Prix de France, Grand Prix d’Automne, ...
- Ou encore : l'arrivée du Bordeaux – Paris, les Boucles Parisiennes, des championnats de France et de Paris de … cyclo-cross !

 

Oui : l’autodrome de LINAS - MONTLHERY fait partie de l’histoire du sport cycliste, comme elle fait un peu aussi partie de la nôtre. Car pour peu que l’on ait grandi du côté de PARIS ou de sa banlieue, et écumé les routes de l’ILE - DE - France, on a forcément un jour ou l’autre, pris le chemin de l’autodrome…

 

Revivez donc cette épopée à travers cet ouvrage. Vous y retrouverez, à travers leurs interviews, les champions qui ont vaincu sur l’autodrome, ainsi que celles d'autres coureurs, retraités des pelotons ou encore actifs. Au détour de ses pages, vous découvrirez une riche iconographie agrémentée de dessins, une rubrique palmarès, une revue de presse étalée sur trois - quarts de siècle...

 

Les passionnés de cyclisme seront bluffés par la richesse historique de l'autodrome en regard de l’histoire de leur sport préféré. Les amoureux des sports mécaniques et les curieux de l’histoire de l’autodrome y trouveront une somme incroyable d’informations inédites à ce jour.

 

Renseignements :

Tél. 06 62 24 97 45
ou pour joindre Patrick

eddy @ dbmail.com (enlever les blancs)

 

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Published by P. Pannetier - dans Velo
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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 09:43


L'US Metro organise 3 épreuves cette année :

 

USMETRO.jpg

http://usmt.forumpro.fr/organisations-us-metro-transports-section-cyclisme-f19/

 

Le Samedi 22 mai 2010 en UFOLEP.


sur le circuit des biscornes, comme l'an dernier (donc pas d'arrivée en haut de lapize)
pour ceux qui ne sont plus très jeunes c'est la boucle que l'on empruntait dans le temps sur l'ancien parcours de l'autodrome entre "Danguillaume et Lapize".
renseignements :06.11.86.32.43
http://usmt.forumpro.fr/organisations-us-metro-transports-section-cyclisme-f19/organisation-du-22-mai-2010-monthlery-les-biscornes-ufolep-t2505.htm

 

9h00 :GS et féminines 50kms
11h00: 2em caté. 75kms
13h00: 3em caté.65kms
15h00:1er caté.85kms

 

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Lundi 24 mai 2010


L'US Metro organise sur le circuit des biscornes
Minimes, Cadets, Féminines, Ecoles de vélo, 3eme Cet. Juniors et Dépatementaux open.
renseignements :06.11.86.32.43
http://usmt.forumpro.fr/organisations-us-metro-transports-section-cyclisme-f19/organisation-du-24-mai-2010-montlhery-les-biscornes-ffc-t2509.htm

 

Samedi 12 juin 2010


L'US Metro organise sur le circuit de 6,5 km, avec arrivée en haut de la côte Lapize.
Minimes,Cadets, Feminines, Ecoles de vélo, 3eme Cet. Juniors et Départementaux open.
renseignements :06.11.86.32.43
http://usmt.forumpro.fr/organisations-us-metro-transports-section-cyclisme-f19/organisation-du-12-juin-2010-montlhery-autodrome-ffc-t2510.htm

 

Autres Forum sur ces sujets :
http://www.i-services.net/membres/forum/messages.php?uid=20910&sid=8863&idsujet=1424259&pgi=4

 

En préparation dans les tous prochains mois par notre amis Patrick Police un livre qui fera référence sur l'histoire du vélo sur l'Autodrome, il sera édité par une association, en liaison avec la mairie de Linas. Bientot des infos à ce sujet.

 

Couverture Equiv A4-R-duit-2-

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Published by P. Pannetier - dans Velo
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12 décembre 2009 6 12 /12 /décembre /2009 18:38


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Patrick Police qui travaille depuis de nombreuses années sur l'histoire du cyclisme sur l'autodrome.

Nous fait ici en exclusivité la primeur d'un extrait de son livre qui sortira en juin 2010. Ses articles toujours aussi passionnants nous laissent imaginer l'aventure qu'il va nous conter dans son ouvrage sur l'incroyable épopée du cyclisme sur l'autodrome, dont l'histoire étonnante a été en grande partie oubliée. On attend la sortie de son livre avec impatience. 

________________________


En cette année 1959, les organisateurs du Critérium National de la route, épreuve réservée aux seuls coureurs français,les quotidiens« L’EQUIPE »  et « FRANCE-SOIR » décident de rompre avec le classique circuit sud francilien emprunté depuis 1933 (année de la première édition). 


Le développement continu de la circulation automobile en région parisienne, et les encombrements des routes le week - end des vacances de Pâques   rendaient de toute façon  chaque année un peu plus impérieuse la nécessité de ce changement.


Mais cette décision de quitter les routes de Seine et Oise pour le ciment du circuit routier de l’autodrome n’est pas seulement inspirée par des considérations liées à la fluidité du trafic automobile … En effet, le Parc des Princes, lieu d’arrivée traditionnel du Critérium National,  est  indisponible le jour de l’épreuve, pour cause de Coupe de France de football. Difficile pour les organisateurs de se priver de la recette d’un match Rennes - Lyon. Déjà, le cyclisme commence à ne plus faire le poids face au ballon rond …


Enfin, un troisième motif pousse les organisateurs à prendre ce virage décisif.


Car la Télévision française, dans une démarche expérimentale qui l’honore, compte bien diffuser les grandes phases de  l’épreuve, tout au long de la journée, de dix heures trente du matin à dix sept heures. D’abord, une  séquence de dix minutes au départ de la course. Puis deux autres, l’une lors du  journal du midi, l’autre  dans l’après-midi au cours de l’émission « Télé - Dimanche ».  Pour clore ce véritable « fil rouge », une ultime visite à l’épreuve  aux alentours de dix sept heures, pour l’arrivée.


Un réseau intérieur de télévision sera installé aux loges, aux tribunes, au pesage, aux buffets et au restaurant « La Potinière ». On pourra y suivre l’intégralité de la course.  Pour la première fois, un hélicoptère, de modèle S 58, sera utilisé. Il embarquera un caméraman muni d’une caméra de soixante cinq kilos (une paille !), qui filmera pour la toute première fois des plans d’ensemble.


La réalisation de cette expérience dans le cadre d’un circuit permet de réduire au mieux la part d’aléas, et facilite le travail des techniciens.


En cette année 1959, le cyclisme à la télévision a dépassé l’âge des pionniers.

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Dès  1950, la télévision diffusait en effet un compte – rendu quotidien du Tour de France, avec un décalage d’une demi-journée. A partir de l’année 1956, le film de l’étape est visible à vingt heures trente. 


Enfin, en août 1958, une première expérience télévisuelle a été  tentée sur le circuit de REIMS, à l’occasion des championnats du monde des routiers professionnels, mais, en ce jour, sur l’autodrome, l’évènement prend une toute autre ampleur.

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Quatre caméras seront installées à l’intérieur de l’anneau de vitesse, à des hauteurs variables. Une autre fixe, campera devant la ligne d’arrivée. Enfin une caméra électronique sera  installée dans une voiture et roulera parallèlement à la route empruntée par les coureurs, notamment pour effectuer un travail en « gros plan ». 

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Une belle américaine pour une première télévisuelle


Pour la première fois, des interviews des coureurs pourront être réalisées en direct, pendant qu’ils  roulent. L’ancien coureur Robert CHAPATTE assure le reportage de l’épreuve à bord d’une voiture suiveuse.


Plus d’un million quatre cent mille foyers vont pouvoir suivre la course devant leur poste de télévision La publicité rebondit de suite sur cet évènement et propose la location d’un poste de télévision pour la modique somme de cinq mille francs  (anciens) par mois pour suivre ce Critérium National.


Les coureurs ont déjà tout compris de la portée de l’évènement. L’un d'eux, Francis PIPELIN, déclare : « Il faudra être costaud à Linas - Montlhéry, car la plupart des concurrents voudront faire un coup d’éclat pour apparaître en gros plan sur les téléviseurs … ».


On peut avancer, sans risque d’être détrompé, que l’histoire d’amour du cyclisme avec la télé a commencé là, sur l’autodrome de Linas-Montlhéry, en ce début de printemps 1959.
 
Cette « première » télévisuelle, un organisateur conséquent ne pouvait  y rester insensible. Notre bon vieil autodrome en sera le théâtre expérimental.

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Et toujours « la Belle Américaine »


Et puis, comme l’on en est décidemment en veine de nouveauté, on va rompre avec une   tradition, en adoptant pour la circonstance un sens de rotation inverse, avec corde à droite.  On descendra par conséquent la côte Lapize, et on montera la côte Danguillaume, tout de même moins difficultueuse.


Pas de chance, la météo est franchement mauvaise, et va arroser copieusement l’évènement la journée durant. Pourtant, l’essentiel sera au rendez-vous, sous la forme d’une course magnifique - « l’une des plus beaux critériums disputés à ce jour » -, écrira Robert CHAPATTE dans les colonnes de « Miroir Sprint ».


Avant de nous lancer au cœur de la course, procédons à une revue des effectifs en présence.


Si un homme a marqué de son empreinte le début de la saison, c’est bien le Berrichon Jean GRACZYK. « Popoff » vient de remporter un PARIS NICE prolongé cette année jusqu’à ROME, et joué les animateurs dans MILAN – SAN-REMO. L’homme est au centre de toutes les attentions, et il ne va pas nous décevoir en cette humide journée.


Au cours de cette même épreuve, le Normand Gérard SAINT a fait grosse impression, et Roger RIVIERE a été très en vue. Le journal « L’EQUIPE » fait monter la sauce : « RIVIERE, ANQUETIL et BOBET directement et farouchement aux prises ce dimanche à Linas – Montlhéry ».
 
Raphaël GEMINIANI, jamais en retard d’une surenchère, a fanfaronné le jeudi précédent qu’il gagnerait le Critérium National détaché « après un bon petit festival maison », comptant sur son protégé Roger RIVIERE pour terminer second. Mais le conditionnement moral a ses limites, nous le verrons …


Le départ de cette édition si particulière est donné à dix heures trente. Dès le quarantième kilomètre, un paquet de seize hommes, dans lequel se trouvent notamment Bernard GAUTHIER, Edouard DELBERGHE, Jean STABLINSKI, Marcel ROHRBACH, s’affranchit de la tutelle du peloton. Leur avance va culminer à deux minutes. Ils seront rejoints au dixième tour.

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Une ballade un jour de pluie au pied des falaises


Au quatorzième tour, sous l’impulsion de Jean HOFFMANN, dix hommes s’isolent.  Parmi eux, un lot de « grosses pointures » : Valentin HUOT, champion de France sortant, André DARRIGADE, Raphaël GEMINIANI, René PRIVAT, Fernand PICOT. Derrière eux, Francis ANASTASI, au prix d’une chasse de grand style, revient, tandis que PAVARD et HOFFMANN sont lâchés inexorablement.


De l’arrière rappliquent, à quatre tours de l’arrivée,  trois coureurs, et des « gros » : Jean STABLINSKI, Pierre EVERAERT et Jean GRACZYK. 


C’est la « bonne », celle qui va aller au bout. Elle est constituée de DARRIGADE, GRACZYK, ANQUETIL, STABLINSKI, tous de l’équipe Helyett-Leroux ; PICOT, HUOT et PRIVAT, de l’équipe Mercier BP ; deux hommes de l’équipe Géminiani Rapha : Pierre EVERAERT et GEMINIANI, qui est donc au rendez-vous qu’il a fixé.  Et enfin, un homme isolé, Claude COLETTE, de l’équipe Peugeot. Francis ANASTASI a entre-temps disparu du groupe, sur crevaison.

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C’est la « bonne »

Il ne manque à cette échappée de rêve que deux hommes : Jean FORESTIER, et Roger RIVIERE, qui enregistre en ce jour la première des avanies qui marqueront sa saison 1959. Jacques ANQUETIL, quant à lui, pour y figurer  s’est fendu d’un numéro éblouissant : il est sorti dans la côte DANGUILLAUME, et a repris le groupe des neuf en moins de deux kilomètres ! A l’issue de cet exploit, double est la satisfaction du normand : il va pouvoir donner un coup de main à ses trois équipiers, si la gagne ne s’avère pas devoir être pour lui, et … il laisse se débattre dans le magma du groupe des battus  son rival RIVIERE, un rival qui lui fait de plus en plus d’ombre dans les médias.

Trois tours  restent  à accomplir.


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Dépannage express pour DARRIGADE


GRACZYK, omniprésent aux avant-postes de la course, attaque et fait le trou, accompagné du rapide PICOT. DARRIGADE, au prix d’un bel effort, vient renforcer cette brigade de vifs - argent, en recollant avant le sommet de Danguillaume. Puis, GRACZYK attaque à nouveau, obligeant PICOT à un nouvel effort. A son tour, DARRIGADE y va d’une « mine », pour faire bon poids.  PICOT répond du tac au tac, jusqu’à ce qu’un ralentissement favorise un regroupement. Pendant ce temps, Claude COLETTE, a fait les frais de ces échauffourées.


Maintenant fuse un feu roulant d’attaques en règle, menées sur le mode « à toi – à moi » par ANQUETIL, puis STABLINSKI … Mais à chaque fois, Valentin HUOT ramène son sprinteur Fernand PICOT. Il est partout, le Périgourdin, dans ce final.


A quatre kilomètres de l’arrivée,  André DARRIGADE se fend d’une sortie énergique. Cette fois encore, le mirobolant HUOT se charge de ramener l’audacieux à la raison. Aussitôt, en maître-coureur qu’il est, Jean STABLINSKI place un contre  au kilomètre.  Dans ce genre de situation, il est bien rare que l’on voit autre chose que son dossard avant  le passage sous la banderole d’arrivée.


Pour le ramener à la raison, il faut l’action d’un « pays », le nordiste EVERAERT, qui rejoint « Stab » à l’entrée de l’anneau de vitesse …


Dès lors, ANQUETIL et GRACZYK vont tout faire pour « placer » au mieux le plus rapide d’entre eux, André DARRIGADE.


Et le rapide « Dédé », d’un fameux déboulé,  va parachever de la plus belle manière ce travail d’orfèvre en venant à bout d’un épatant Fernand PICOT … 

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André Darrigade a fait bonne mesure


Il se console ainsi du Milan – San-Rémo de jeudi dernier, et de son sprint de forbans, truffé de tassages, catapultages et retro poussettes, sanctifié par des commissaires atteints de  cécité chronique. A la régulière, nul doute qu’il aurait  eu, et comment !, sa carte à jouer contre POBLET et VAN STEENBERGEN. 


Il est tout à la joie d’une victoire qui  met sa saison de bons rails, lorsqu’on lui fait remarquer qu’elle n’a finalement tenu qu’à un fil … de boyau. Un coup d’œil sur ce dernier, et il voit la chambre au travers ! Encore quelques mètres, et c’était la catastrophe.


Le ciment de l’autodrome n’a jamais été tendre avec les pneumatiques et les chairs des cyclistes, c’est un fait  … Mais reste que chausser un « 180 grammes » à Linas Montlhéry, c’était un peu «  jouer avec le feu » ...
 

André DARRIGADE, le sprinteur généreux, le finisseur qui a toujours su payer de sa personne, aura signé l’une des plus belles pages du livre d’or de l’autodrome, en ce  dimanche de printemps si particulier.


D’ ailleurs, ce circuit lui réussit plutôt, à lui et à la famille, puisqu’il y avait  déjà remporté en 1955 le Grand Prix des Champions, tandis que son frère, une semaine plus tard, y  devenait champion de FRANCE des amateurs. 


Il peut repartir de l’autodrome satisfait, avec femme et frangin, à bord de la Simca Versailles familiale  …


D’autres victoires l’attendent en cette année 1959, dont une, monumentale. Car le sprinter Landais va connaître le couronnement de sa carrière quelques mois plus tard : le 16 août, il  deviendra champion du monde des routiers, sur un autre circuit automobile …  Celui de ZANDWOORT cette fois, aux Pays-Bas.


Et l’expérience télévisuelle, la fameuse « première » ?


De par les conditions météorologiques, elle ne  s’est pas révélée comme étant une franche réussite, et les téléspectateurs  ont été bien déçus paraît-il.


Mais une dynamique irrésistible a été impulsée en ce dimanche 22 Mars 1959, qui marque le début d’une histoire d’amour entre le  vélo et la télévision, une histoire  qui va durer presque un demi-siècle, pour le meilleur d’abord, puis pour le pire ... 


CLASSEMENT
1er  André DARRIGADE  équipe HELYETT LEROUX    FYNSEC HUTCHINSON

      les 250 kms en  6 h  14’ 29 ’’       40,055 km/h

2è   Fernand PICOT       MERCIER BP HUTCHINSON
3è   Jean GRACZYK        HELYETT LEROUX    FYNSEC HUTCHINSON
4è   Valentin HUOT        MERCIER BP HUTCHINSON     
5è   Pierre EVERAERT     RAPHA RAPHAEL GEMINIANI
6è   Jacques ANQUETIL  HELYETT LEROUX    FYNSEC HUTCHINSON
7è   René PRIVAT          MERCIER BP HUTCHINSON  
8è   Raphaël GEMINIANI  RAPHA RAPHAEL GEMINIANI
9è   Jean STABLINSKI     HELYETT LEROUX    FYNSEC HUTCHINSON
10è  Claude COLETTE     PEUGEOT BP DUNLOP    à  57 ‘’


Crédits photos :

- photos collection de Mr Serge CHAUVET

- photos Sport & Vie
- photo collection Philippe BOURDELOT

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Published by Patrick Ppolice - dans Velo
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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 22:21

Un ensemble de courses cycliste s'est tenu les 31 mai et 1er juin 2009, il était organisé par l' U.S METRO TRANSPORTS avec le concours du 121ème Régiment du Train et du Centre d'Instruction Elémentaire de Conduite n°3. L'accès à cette partie du circuit routier c'est fait par le camp militaire.

 

Quatre courses UFOLEP y ont été disputées :


- 70 Kms et 35 Kms pour les dames (28t  du circuit pour les Junior Senior et 14 pour les minimes-cadettes)

 

- 70,50 et 25 Kms pour les 2è catégorie hommes / Grands Sportifs / jeunes de 13/14 ans


- 80,60 et 40 Kms pour les 1ère catégorie hommes / 3è catégorie / Jeunes de 15 / 16 ans

 

L'autodrome haut lieu du cyclisme, y accueil encore de temps à autre quelques épreuves, en toute discrétion.

En voici quelques photos :


A l'attaque de la côte Lapize.

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Published by PATRICK POLICE - FRANCE DERNY & DEMI - FOND - dans Velo
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28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 22:01


Dimanche 21 Mai 1978

 

« Quel est le nom de cette côte ? »

 «  Lapize,vous dîtes ? »

 

« Je n’ai plus envie de la connaître ! »

  

 

Lorsque l’on se plonge dans les comptes-rendus sportifs relatant les Bordeaux Paris d’après - guerre, on est souvent frappé par leur morne platitude, et leur inconsistance désabusée, au regard de cette fabuleuse source d’inspiration qu’aurait dû constituer cette course hors du commun :   BORDEAUX – PARIS, alias  « le Derby de la Route » 

 

Cet avachissement narratif, qui culminera dans les années 70-80,  est le produit de ceux que Jacques GODDET avait baptisé un jour dans l’un de ses billets fameux de « suiveurs aux yeux usés ».

 

Ces chroniqueurs moroses, tout comme les coureurs qui n’ont pas eu l’audace (ou le simple bon sens commun) d’affronter l’aventure du « Derby de la Route »,  n’ont pas peu  contribué à la mort par étiolement de cette course incomparable qu’était Bordeaux -Paris.

 

 

C’est pourquoi  je tiens à vous conter par le menu cette édition  1978, qui a vu l’un des plus étonnants champion de son temps, Hermann VAN SPRINGEL,  battre, en l’enceinte glorieuse de notre cher autodrome, le record de victoires détenu jusqu’ici par Bernard Gauthier  « Mr Bordeaux - Paris ».

 

 

Pour cette 75ème édition, le journal organisateur n’a pas hésité à flatter la corde sensible de la nostalgie : « Comme autrefois, une grande journée cycliste à l’autodrome de Linas - Montlhéry à l’occasion de la finale de Bordeaux - Paris » annonce t-il.

 

C‘est vrai qu’en préambule à l’arrivée des héros pédalant, dès sept heures quarante cinq, les coursiers, qu’ils soient Juniors, Féminines, Seniors pourront en découdre sur le circuit de l’autodrome, tandis que de valeureux Audax y achèveront  leur périple.

 

A 15 Francs l’entrée, c’est une honnête assistance, hélas sans commune mesure avec les foules d’antan, qui se presse benoîtement pour assister au final de l’épreuve. Pour rendre le spectacle moins fugitif, les organisateurs ont eu l’idée satanique de faire accomplir quatre tours de circuit aux concurrents, avec la côte Lapize à grimper cinq fois !  

 

Pure folie…. Nous en reparlerons.

 

Pour permettre aux spectateurs qui auraient oublié d’amener leur pique nique de déjeuner sur place, des buffets ont été  disposés tous azimuts : à la tribune, derrière le stand de ravitaillement au sommet de Lapize, et près du Château d’Eau.

 

 

Dans la semaine précédant la course, les Hollandais ZOETEMELK et DEN HERTOG, ainsi que le français DELEPINE, sont venus s’entraîner sur le circuit Linas - Montlhéry.

 

ZOETEMELK, le champion néerlandais,  a eu le courage, à trente deux ans, de se lancer dans l’aventure, et l’on attend beaucoup de sa confrontation avec le favori de l’épreuve, Hermann VAN SPRINGEL, qui lui, l’a déjà remporté à quatre reprises. Il s’agit d’une « première » pour le Hollandais, un des cinq meilleurs coureurs mondiaux d’alors.

 


Il part un peu dans l’inconnu, mais pas seul : il sera accompagné par le robuste Maurice LE GUILLOUX, une « garantie or » pour tromper l’angoisse du néophyte du Derby de la route …

 

Le français Régis DELEPINE, qui a déjà couru l’épreuve en 1974  et 1975 sait bien lui, ce qui l’attend : une impression de  solitude absolue, une envie d’abandonner qui vous saisit tous les dix kilomètres … avec pour seuls compagnons, le ronronnement aigrelet de la moto des heures durant, et son seul courage pour effacer l’interminable ruban de bitume défilant sous ses roues …

 

 

Mais hors champ,  attardons nous un instant sur un évènement qui a plongé trois jours auparavant notre petit univers pédalant dans le désarroi …

 

Le jeudi 18 Mai, en fin d’après-midi, Eddy MERCKX, « le plus grand coureur de tous les temps » a annoncé ses adieux officiels au cyclisme. L’auditorium du Centre International de Presse à BRUXELLES a en ce jour des allures de sépulcre … Une page de l’histoire du cyclisme vient de se tourner … Le cyclisme, après Eddy MERCKX, n’aura plus jamais le même parfum d’épopée et de généreuse vérité.

 

 

Comme il est dur, en ce jeudi lugubre, de reprendre la route, après qu’un tel géant l’ait définitivement quittée …

 

Pourtant,  il faut bien que la saga des cycles continue ... Et pour cela, quoi de mieux, trois jours après la funeste annonce,  qu’une course de légende,  pour dissiper notre spleen post –  merckxien ?

     

A POITIERS, le samedi 20 Juin, en soirée, et selon un rituel bien rôdé, les motocyclettes 100cc KAWASAKI, qui vont être les complices (ou les bourreaux) des  quatorze braves qui se sont inscrits partants pour l’aventure sont contrôlées et mises dans un parc fermé.

  

Nos preux coursiers, eux, sont partis depuis une heure trente du matin du parking du Centre Commercial des Quatre Pavillons à LORMONT, lieu pas très « glamour » en l’occurrence, mais ne chicanons pas.

 

Dans la nuit, ils n’ont pas musardé, puisqu’ils déboulent au lieu – dit à 8h03, avec une demi-heure d’avance sur l’horaire prévu, bien rincés par la pluie qui a accompagné la traditionnelle halte – toilette de RUFFEC.

 

 


Selon un plan savamment ourdi en coulisses par l’équipe Miko - Mercier de Joop ZOETEMELK, c’est Maurice LE GUILLOUX, qui va allumer la mèche, sitôt attrapé le sillage des entraîneurs.

 

Pourquoi ainsi aller provoquer  l’ours dans sa tanière ?

C’est que l’on pense, du côté des Miko – Mercier, l’équipe de Joop ZOETEMELK, perturber par ce moyen, la trajectoire du bon Hermann VAN SPRINGEL, dont la mise en route serait prétendument laborieuse.

 

Et comme il est un bon soldat, LE GUILLOUX  secoue le peloton une bonne douzaine de fois, le convulsant d’assassines accélérations.

 

Mais qui revient à chaque fois, tranquille comme Baptiste, affichant son bon sourire façon FERNANDEL 1938 ? …. Hermann VAN SPRINGEL, flanqué  de son compatriote Rogers ROSIERS, de l’équipe PEUGEOT, un dur à cuire, un boucané, un-à-qui-on-ne-la-fait-pas … 

 
Au kilomètre 337, à AMBOISE, l’élastique que constituait la mince cohorte des rescapés casse. Ne restent plus entre eux que l’épatant Jean-Jacques FUSSIEN, Maurice LE GUILLOUX,  Régis DELEPINE, ZOTEMELK, et les Belges ROSIERS et VAN SPRINGEL.

 

Un rapide examen des physionomies permet de constater  que   ZOETEMELK n’est pas le plus pimpant du groupe, loin de là. La plaisanterie qu’il avait  préparée pour VAN SPRINGEL commence à le faire rire jaune.

 

Et puis, voilà que l’air de rien, notre bon Hermann « visse » en vice, inexorablement, de son coup de pédale insinuant. Le père ZOETEMELK se sent à partir de ce moment comme des écoeurements, et après quinze bornes passées à serrer les dents dans l’attente d’un répit qui ne viendra jamais, il doit, flanqué de son bon Maurice LE GUILLOUX, et de Jean Jacques FUSSIEN,  laisser filer l’ Anversois.

 

 

Au kilomètre 352, DELEPINE, ROSIERS et VAN SPRINGEL restent seuls en tête et taillent résolument la route qui mène à l’autodrome … Les deux premiers ont autant d’espoir sur l’issue des évènements qu’un candidat de la Ligue Communiste Révolutionnaire qui se présenterait aux élections municipale de NEUILLY.

 

Et au kilomètre 392,  Régis DELEPINE demande à son entraîneur Pierre MORPHYRE de ralentir :  il ne peut plus suivre ce rythme infernal.

 

Dès lors, Roger ROSIERS se fait tout petit derrière l’exécuteur pédalant. «  S’il pouvait seulement m’oublier, ne surtout pas accélérer, et m’emmener comme cela jusqu’à Linas – Montlhéry … » doit il se dire, in petto, derrière son entraîneur VAN DER BROEK .

 

 

Hélas pour lui, à CLERY SAINT ANDRE, sous le coup de midi, au kilomètre 420,

VAN SPRINGEL, sans que rien dans son attitude ne traduise un surcroît d’effort quelconque, comme aspiré par son entraîneur Gaston DEWACHTER  « oublie » littéralement ROSIERS … Il ne s’est même pas rendu compte qu’il a mené ROSIERS à son point de rupture.

 

Il faut dire qu’il en avait assez, Roger, de voir ces deux bielles de chair  et d’os descendre et remonter d’un infernal mouvement mécanique. Ras la casquette enfin du spectacle de ces bornes kilométriques défilant en enfilade, jusqu’à  la nausée …

 

Aussi, lorsqu’il a vu l’équipage qui l’a tant fait souffrir s’éloigner à ses yeux, il n’a pas pu s’empêcher de sourire malgré sa souffrance, en regardant s’éloigner son bourreau lunaire, que ce type là serait bien capable de pousser ainsi, à la même cadence indéréglable, jusqu’à LILLE ou ANVERS, sans que cela lui pèse davantage !

 

Un homme est parti, qui ne sera pas rejoint. Un autre, Joop ZOETEMELK, a abandonné, lui, 10 kilomètres plus loin … Il ne reviendra plus jamais sur la route de BORDEAUX – PARIS.

 

Pendant ce temps, l’impavide Hermann continue à tricoter du 55 X 12 à travers  la BEAUCE, l’index posé sur la cocotte de frein, pour prévenir toute variation de trajectoire intempestive, filant un honnête cinquante cinq à l’heure.   

 

Derrière lui, on souffre … Souffrir, pourtant, ils savent faire, Roger ROSIERS et Régis DELEPINE.  Mais là, il commencent à trouver qu’il y a abus, surdose, même …

 

A force d’obstination et de courage, Yvon BERTIN, lâché pourtant depuis plus de deux cent cinquante kilomètres, et Maurice LE GUILLOUX, monumental en ce jour, réussissent l’exploit de rejoindre  Régis DELEPINE aux portes mêmes de l’autodrome. Peu avant, un orage colossal s’est déclaré, pour ajouter à leur peine.  

 

Il y a un bail quant à lui que  VAN SPRINGEL, après avoir traversé la Vallée de Chevreuse,  a  pénétré dans l’autodrome par les Biscornes.

 

Après un premier passage, au cours duquel il épate l’assistance de son coup de pédale débonnaire,  la « mobylette »  VAN SPRINGEL connaît soudain des ratées.

 

C’est qu’il commence à connaître les affres de la fringale, et dans la première ascension de LAPIZE, il est vraiment chancelant … A  l’amorce du second passage, il s’entretient avec son mécano, Noël VAN TYGHEM, ancien vainqueur de PARIS TOURS. Il lui confie que çà ne tourne plus trop rond pour lui, et lui  demande du sucre, du thé, bref tout pour éviter la  défaillance.

 

Le mécano lui conseille alors : « à l’attaque de LAPIZE,  appelles nous, dis nous que ta chaîne craque et on va te mettre de l’huile sur la chaîne jusqu’en haut de la côte … ».  Et à chaque grimpée de Lapize, le petit manège a repris. Ah, il y en a eu de l’huile versée ! Comme en plus, nos deux compères se sont parlés en flamand, imaginez bien que le commissaire de course dans la voiture suiveuse n’y a entendu que pouic.

 

 

Bien sûr, pour la crédibilité de la chose, on attend quelques dizaines de mètres avant de reprendre le manège, pas toujours au même endroit de la côte. Et notre bon mécano de pousser son coureur de temps en temps aux fesses, tout en jouant de la burette en même temps, jusqu’au sommet  

 

Il faut dire que  55 x 12 pour rouler le long de la LOIRE, çà ne se discute pas … Par contre, 42 x 16 pour monter Lapize, lorsque l’on a plus de 510 kilomètres dans les jambes, dont 350 parcourus à 50 de moyenne, il y aurait à redire  …

 

Si Hermann VAN SPRINGEL n’est pas « flambant » dans ce final, imaginez un peu ce que cela peut donner derrière lui.

 

Eh bien, derrière, justement, on est au bord du naufrage. Roger ROSIERS, cramoisi, s’arrache péniblement à chaque escalade d’une côte Lapize qui fait figure en ce jour de totem d’épouvante.   

 

 

Plus de deux minutes derrière lui, DELEPINE , toute volonté dehors, tente de préserver sa troisième place au prix de douleurs infinies. Plus loin, Yvon BERTIN, qui a craqué dès la première des cinq ascensions, maudit chaque mètre, chaque atome de l’auguste grimpée. Maurice LE GUILLOUX, lui, n’est plus qu’un mort qui pédale. Comment fait il pour aller au bout des cinq chemins de croix qu’on lui impose ? Il ne saura pas lui-même lorsque tout à l’heure il descendra de machine. Saint Eutrope, priez pour eux …

 

 

  

Dans la descente de DANGUILLAUME, les patins ne mordent plus les jantes détrempées et on s’accroche à la moto, s’en remettant à l’efficacité supérieure des freins à disque de la Kawasaki pour éviter la catastrophe … 

 

Hermann VAN SPRINGEL va couper la ligne d’arrivée, frais comme un gardon.  Qui peut croire en l’observant à cet instant qu’il a accompli 601 kilomètres à 41,903 km/h de moyenne ? Et qui pourrait imaginer qu’il est passé une heure durant, sur le circuit routier,  tout près du gouffre ?

 


D’ailleurs, en descendant de machine, il enfonce le clou : « Mon dérailleur s’est bloqué. Dans la côte, j’avais « trop grand ». Comme c’était mon vélo léger, je ne tenais pas à en changer … » …

 

VAN SPRINGEL complète un peu plus tard sa déclaration en annonçant : c’est fini. Au bout de cette saison, j’arrête » .

 

Tu parles, Charles. Tu vannes, Hermann. C’est qu’il va y revenir, notre Anversois, sur les routes de BORDEAUX à PARIS. D’ailleurs, lui et le Derby de la Route ne peuvent se passer l’un de l’autre. L’anversois astique du boyau de sa roue avant le garde boue de ses engins d’entraînement depuis 1967, et il quittera « sa » course sur un dernier succès, en 1981 à trente huit années bien sonnées.

 

Quand Roger ROSIERS arrive à son tour, 8 minutes et deux secondes plus tard, il est moulu, rompu, détruit … Il reste penché un long moment le front appuyé sur sa selle, et demande peu après autour de lui  : « Quel est le nom de cette côte ? » «  Lapize, dîtes vous  ? » « … c’était la première fois que je la grimpais, mais je n’ai plus envie de la connaître … »

 

Les  rescapés de ce chemin de croix arrivent chacun à leur tour, choqués, hébétés, « sonnés » … Régis DELEPINE coupe la ligne  2’28’’ après ROSIERS … VAN SPRINGEL est arrivé depuis plus de dix minutes … Yvon BERTIN en finit avec cette punition trois minutes après … Maurice LE GUILLOUX a encore quatre bonnes minutes quant à lui à souffrir avant d’achever son calvaire …

 

Et puis …

 

Il y près de 40 minutes que l’infernal VAN SPRINGEL est passé lorsqu’  apparaît au public un coureur ensanglanté … Epuisé, il tente autant qu’il peut de conserver le sillage de la moto de son entraîneur … A vrai dire il semble s’y accrocher comme un naufragé agripperait sa bouée …  Il s’appelle Jean Jacques FUSSIEN. 

 

Le coureur de l’équipe FIAT a chuté après 250  kilomètres de course, son boyau avant ayant d’abord éclaté. Plus loin, à 120 kilomètres de l’arrivée, il s’est accroché avec la moto de son entraîneur, et est passé en voltige par-dessus lui, la moto lui retombant dessus.  Le pare-brise de cette dernière s’est alors brisé en des morceaux qui ne se sont pas perdus pour tout le monde.

 

Dans Lapize, dont il vient à bout au prix d’efforts pathétiques, Jean Jacques FUSSIEN se fait panser sans quitter sa bicyclette. Lorsqu’il passe devant les tribunes, il questionne du regard les juges à l’arrivée, l’air d’implorer : « il faut vraiment le faire, ce dernier tour ? ». Pudiquement, comme gêné,  l’un deux fait signe de la tête que « oui ».  Et FUSSIEN repart pour un tour de martyre …

 

 

Epilogue : Deux mois plus tard exactement, le 21 Août 1978, non loin de FONTAINEBLEAU,  Jean-Jacques FUSSIEN percutera une caravane tractée par une voiture qui a stoppé brutalement devant lui, alors qu’il roulait jusque là dans son abri.   Il ne survivra pas à l’accident.

 

Son extraordinaire et presque excessif courage sur le circuit de Linas Montlhéry nous avait touché. L’acharnement du sort sur cette attachante personnalité du peloton nous aura révolté.

  

Ne quittons pas l’autodrome sur cette note de tristesse.  Fermons en les grilles en compagnie d’ Hermann VAN SPRINGEL. Et rappelons nous, pour bien mesurer quel champion est passé un jour à Linas – Montlhéry, les paroles qu’un certain Eddy MERCKX a tenu un jour sur son compte : « Je peux perdre   six équipiers, mais surtout pas Hermann, parce que lui, il peut rouler sans s’écarter pendant cinquante bornes en tête … ».   MERCKX crevait, pas besoin d’être à quatre ou cinq pour le ramener sur le peloton, Hermann suffisait tout seul à la tâche, à une allure de mobylette, le visage impassible …

 

Hermann VAN SPRINGEL, une des plus grosses cylindrées que l’on n’ait jamais vu sur un vélo …

 


Le « Buster KEATON du cyclisme » se prenait pour un petit coureur, il était le seul à ne pas savoir qu’il en était un grand …

 

 

Résultats de la course : 

 

1er Hermann VAN SPRINGEL      BEL      Zeepcentrale Marc Superia

2è Roger ROSIERS                         BEL      Peugeot - Esso        à 8’ 02’’

3è Régis DELEPINE                        FRA    Peugeot - Esso        à 10’ 30’’

4è Yvon BERTIN                             FRA    Renault - Gitane   à 13’ 57’’

5è Maurice LE GUILLOUX            FRA    Miko Mercier           à 18’14’’

6è Jan VAN KATWIJK                  HOL    Zeepcentrale Marc Superia      à 33’39’’

7è Jean Jacques FUSSIEN          FRA    Fiat La France        à 40’16’’

8è Joël GALLOPIN                        FRA    Lejeune BP               à 45’ 04’’

9è Serge BEUCHERIE                    FRA    Fiat La France       à 1h 19’49’’

 

Extrait du livre à paraître sur l'histoire cycliste de l'autodrome de LINAS MONTLHERY

Patrick POLICE

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17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 22:19

 

Près de cent kilomètres à l'heure et cinquante années séparent ces deux chiffres …

 

Mais entre le record de l’heure établi par l’anglais DODDS, le 25 Mars 1876 sur la piste de CAMBRIDGE, et les 122,771 kilomètres accomplis par le Belge Léon VANDERSUYFT, le 29 Septembre 1928, sur l’autodrome de LINAS MONTLHERY, il n’y a pas grand-chose de comparable, en fait …

 

En effet, le  « vecteur » de réalisation de ces records n’est plus le même …

L’ incommode bicycle sur lequel les premiers records ont été réalisés a été abandonné dès les années 1890, époque où le « safety bike » affirme sa primauté. L’arrivée sur le marché de la bicyclette à deux roues de diamètre égal marqué le début d’une formidable aventure, industrielle, humaine et sportive, fondatrice de la légende du cycle.

Dans la mouvance de ce  « boom »  qui voit en une décennie le vélo devenir un phénomène de masse, naît une frénésie sportive dont une des manifestations sera la course aux records et la recherche de la plus grande vitesse possible à bicyclette.

 

L’utilisation de la bicyclette va donc marquer le début de l’ envolée des records : de 33,013 kilomètres dans l’heure, dernière marque du record réalisé par le Britannique LEES  sur un bicycle en 1885, le record passe, après avoir été battu, huit fois par huit coureurs différents, à 39,322 kilomètres dans l’heure !  C’est le français Henri FOURNIER qui réussit cet exploit sur le vélodrome BUFFALO, à PARIS, le 15 Août 1892, derrière son service d’entraîneurs à bicyclettes.

 

Si le « vecteur » a changé, le mode d’entraînement, lui a évolué concommitament.  

Aux entraîneurs à bicyclettes, vont  succéder des entraîneurs à tandem, plus efficaces en terme d’abri et de rythme. Ce type d’entraînement fait vite florès et le record, pendant cinq années, va se bonifier de  la bagatelle de quatorze kilomètres !  L’ Anglais résidant en France Edouard TAYLOR, après que la marque du record ait été repoussée à  dix neuf reprises  entre 1892 et 1897, porte le 5 Juillet 1898,  à PHILADELPHIE (USA)  la meilleure performance sur l’heure à 54,045 kilomètres dans l’heure, derrière des entraîneurs à … quintuplette !

 

Ce sera le chant du cygne de l’entraînement humain dans la chasse aux records. Cette année 1898 marque le début d’une nouvelle ère … Car, en cette fin de  siècle le développement du génie mécanique ne va pas tarder à interpeller le monde du cycle … L’heure des modes d’entraînement mécanique vient de sonner …Leur allure linéaire, leur abri supérieur, leur coût moindre, comparé à celui d’un service d’entraîneurs humains, tout va concourir à leur adoption par les apprenti recordmen …  Ce sera  donc derrière des tandems à pétrole que l’ on partira désormais  à la chasse aux records …

 

Et le 6 Août 1898, l’américain Harry ELKES réalise, 1 mois après le record de TAYLOR, 55,831 kilomètres dans l’heure derrière un tandem à pétrole. Edouard TAYLOR reprend son bien, cette fois  derrière ce même type d’engin un an après, avec 56,966 kilomètres, performance que l’on peut alors penser indépassable. Pourtant, un mois après, c’est le français BOR qui réalise 58,053 kilomètres, derrière un … tricycle à pétrole !  Cet engin va être utilisé jusqu’en 1900 par les postulants au record, juste le temps de prendre finalement en compte leur instabilité rédhibitoire et par là même, leur dangerosité. Le record quant à lui sera tout de même porté à 63,779 kilomètres dans l’heure derrière ce type d’engin, qui sera abandonné dès l’an 1900.   

 

1900  marque donc le retour à la raison, en même temps que celui  du tandem à pétrole, lorsque l’ américain STINSON, à deux reprises, les 18 et 25 Octobre, pulvérise le record, suivi le 30 Juin 1901 par le légendaire allemand Thaddeus ROBL  qui, sur la piste de LEIPZIG « crève » le mur des 65, puis à PARIS, sur la piste du Parc des Princes, des 67 kilomètres dans l’heure. Thaddeus ROBL sera le chantre, le palladin du tandem à pétrole, et poursuivra sa quête du record derrière ce drôle d’engin, alors même qu’il sera depuis longtemps passé de mode !

 

Car une page va se tourner … L’heure des motocyclettes a sonné … Leur vitesse, leur potentiel d’ abri, le fait qu’elles nécessitent un seul passager (au lieu des deux du tandem à pétrole), accélèrent leur adoption par les coureurs.

Des motos   de plus en plus puissantes … l’adoption de  coupe-vent formant abri (ils seront interdits en course dès 1904) … Des coureurs en recherche fébrile d’abri maximum, dont la tête  arrive parfois jusqu’à toucher le dos de l’ entraîneur …   Les vitesses vont s’envoler … Le nombre de tués sur les pistes d’ Europe et d’ Amérique aussi …

 

Entre 1902 et 1903, le record de l’heure derrière entraînement libre passe littéralement de mains en mains (l’anglais Jimmy MICHAEL, le français Henri CONTENET, l’ américain MUNROE, l’allemand ROBL, bien sûr, le français DANGLA, l’anglais HALL) de 67,353 à 87,393 kilomètres   !

Entretemps, l’irréductible ROBL aura trouvé le moyen de percer le mur des 80 kilomètres derrière son service de tandems à pétrole !  Il « tombera » également le mur des 90, le 21 Juin 1906, sur le vélodrome de MUNICH, avec 91,893 kilomètres dans l’heure. Quel personnage ! Ce sera son baroud d’honneur, magnifique … Mais  ce 21 Juin 1906 marquera véritablement  la fin de l’entraînement derrière tandems à pétrole. Le règne de la motocyclette sera désormais exclusif …

 

De PARIS, et de son vélodrome du Parc des Princes, le pôle des tentatives de record va se déplacer vers MUNICH, vers la  piste de Milbertshofen, précisément. Cette piste de 666 mètres de par sa conformation   autorise l’accomplissement de vitesses toujours plus élevées … Elle sera le théâtre du sacre du français Paul GUIIGNARD, qui, le 15 Septembre 1909 deviendra, dans le sillage de la moto de Franz HOFFMANN, motocyclette équipée d’un moteur 3 cylindres ANZANI (le même paraît il que celui qui équipait le monoplan de BLERIOT lorsqu’il traversa la MANCHE),  le premier homme à dépasser les 100 kilomètres dans l’heure : 101,623 kilomètres, exactement … Une performance, un exploit, au retentissement formidable  qui va paradoxalement  marquer un point d’arrêt dans la course au record ...

 

En effet, après le record de GUIGNARD,l’UCI décide de ne plus reconnaître les records derrière entraînement libre … Coïncidence ou pas, la quête du record de l’heure n’aura plus jamais le même impact auprès du public … Un seuil psychologique a été atteint … Le mur symbolique du 100 kilomètres dans l’heure  franchi, l’intérêt pour le record proprement dit va inexorablement tomber

 

Et puis s’ajoute à cela la réflexion sur la signification même du record, qui va envelopper peu à peu de scepticisme chaque nouvelle tentative.

 

Pourtant, la majorité des hommes qui, entre 1895 et 1909, se sont emparés du record ont été d’indiscutables champions. Il ne viendrait à personne l’idée de discuter la valeur du français Emile BOUHOURS, du britannique Jimmy MICHAEL, de l’ américain Harry ELKES,  d’un  Thaddeus ROBL ou d’un Paul GUIGNARD … Tous ces garçons étaient d’authentiques champions, capables de briller dans n’importe quelle spécialité du cyclisme, tous les observateurs de l’époque se sont accordés à le dire  … En fait, la valeur de ces champions répondait de la valeur des records qu’ils établissaient … Après le record de GUIGNARD, cette course folle à la plus grande vitesse possible marque une pause.

 

 Et puis, une effroyable boucherie de quatre interminables années va la prolonger, cette pause, jusqu’aux années vingt … Ce qui va marquer la fin de cette pause, et relancer la chasse au record, c’est … le sport automobile !

 

Car la vogue des autodromes, entamée dès le début du siècle en Europe et en Amérique ,  gagne désormais la FRANCE. Et l’ édification de l’autodrome de LINAS MONTLHERY va  vite donner des idées   aux postulants au record, qui vont en faire un temps leur « terrain de chasse » favori. Un  autodrome, en effet, permet l’adoption de vitesses plus élevées que sur la piste, dont les dimensions et l’inclinaison de ses virages se révèle insuffisante pour un candidat au plus de 100 kilomètres / heure. …

 

L’inauguration de l’autodrome de LINAS MONTLHERY va donc requinquer pour un temps le vieux record qui s’essouflait, et lui conférer une éphèmère seconde jeunesse … Deux  protagonistes de qualité vont écrire de belles pages de la légende de l’autodrome : le Belge Léon VANDERSUYFT et le Français Jean BRUNIER.

 
L’un et l’autre sont d’indiscutables très bons coureurs. Le Belge a été champion du monde des stayers, en 1922 : c’est une référence sur la piste. Jean BRUNIER a été le premier français à terminer deuxième du Tour des Flandres en 1922 , une gageure à l’époque, et il a été trois fois champion de France : - sur route, en 1921 chez les amateurs et 1922 chez les professionnels, et sur piste en demi-fond, en 1927.  Pour autant, aucun des deux n’émargent à la catégorie des « super champions », et très vite c’est ce que l’on retiendra de leurs performances, qui ne seront lues qu’ à travers ce prisme restrictif.  

 

L’autodrome va ainsi être, et ce dès son ouverture (et même avant)  le théâtre d’un duel épique, prolongé sur deux années, entre le Belge et le Français.

Le 1er Octobre 1924, alors même que la piste n’a pas encore été  utilisée par une automobile, Léon VANDERSUYFT, derrière une grosse moto de 30 cv équipée d’une plaque coupe-vent de 40cm sur 50, réalise 107,710 kilomètres dans l’heure. Le légendaire record de GUIGNARD est donc battu, et sur un autodrome !

Mais à peine a-t-on le temps de prendre la mesure de l’exploit de VANDERSUYFT que Jean BRUNIER, drivé par son entraîneur Léon LAUTHIER,  rajoute, 18 jours après, près de cinq kilomètres au compteur, avec 112,440 kilomètres accomplis dans l’heure  !


Le 1er Octobre 1925, alors que l’autodrome est désormais doté d’ un circuit routier,  Léon VANDERSUYFT « remet çà », et reprend son bien, en portant le record, dans l’abri de la moto 45cv de son entraîneur DELIEGE à 115,098 kilomètres. …

Mais treize jours après, Jean BRUNIER repousse à nouveau la marque du record à 120,958 kilomètres dans l’heure, toujours dans le sillage de Léon LAUTHIER, qui chevauche cette fois une moto à carénage d’une puissance de 35cv  !

 

Ce chassé –croisé, conjugué à l’engouement tout neuf que suscite l’autodrome, va remettre sous les feux de l’actualité sportive le vieux record. Las, cette embellie s’essouffle et quand, le 29 Septembre 1928, VANDERSUYFT,   revêtu pour l’occasion de six maillots (trois en soie et trois en laine, alternés) et portant jambières, reprend à 38 ans bien sonnés « son » record, le portant à 122,771 kilomètres dans l’heure, l’engouement pour ce type de performances a fait long feu … Le public cycliste des années vingt et trente, sollicité par une pléthore d’évènements cyclistes majeurs ( TOUR DE France sur route, épreuves classiques sur route, six jours, sprint et demi-fond sur piste … ), accorde de moins en moins d’intérêt à ce type de performance … Et la presse spécialisée encore moins …  Bientôt, l’ Union Cycliste Internationale ne reconnaîtra plus ce type de record, et les postulants vont désormais se rabattre sur les records de vitesse, sur piste ou sur route, piètre succédané.

  


Celui que réalisera par exemple Alexis BLANC GARIN, un bon stayer,  le 21 Octobre 1933 avec 128,205 kilomètres /  heure ne recevra pas l’écho des records de BRUNIER et VANDERSUYFT …  

  

Et ce ne sont pas les champions vieillissants ( Charles PELISSIER et Georges PAILLARD) qui se lancent dans des tentatives de record de vitesse sur route qui infléchiront cette tendance … Même le « choc » que constitue l’annonce en 1937 du record réalisé aux Etats-Unis derrière une automobile par l’obscur coureur français Albert MARQUET ne va rien y faire : 139,902 kilomètres accompli à vélo dans l’abri d’une voiture spécialement équipée, qu’est ce que çà signifie, athlétiquement parlant ?

 




L’excellent pistard que fût le français Alfred LETOURNEUR accomplira, derrière une automobile encore, le 17 Mai 1941, 173, 864 km/h, à BAKERFIELD, aux USA, sous les yeux émerveillés d’un Jean GABIN alors en exil. Mais « Alf », âgé alors de 34 ans, avait sa carrière derrière lui depuis un moment …Trois années auparavant, le 22 Octobre 1938, sur l’autodrome de LINAS MONTLHERY, il avait déjà porté le record à 147,058 km/h, sans grand retentissement.

 

Pour que la presse et le public considère à nouveau ce type de performances, il faudra toute l’aura mystique d’un José MEIFFRET. Ce petit stayer méridional va conférer une noblesse un peu morbide à la quête du record de vitesse en lui conférent un sens vaguement religieux, voire mortifère, obligeant ainsi les observateurs a un peu d’indulgence …

 

José MEIFFRET

Quand il « tombera » le mur des 200 kilomètres, (204,778 km/h) dans le sillage d’une MERCEDES 300SL sur une portion d’autoroute à FRIBOURG en Allemagne,  José MEIFFET sera auparavant passé deux fois par la « case » LINAS MONTLHERY. Une première fois le 13 Octobre 1952, pour tenter d’y battre le record de l’heure de VANDERSUYFT. Il manquera d’y laisser la vie, chutant sur près de 100 mètres sur le ciment de l’anneau de vitesse. Mais ce n’est qu’en 1961 qu’il admettra, et fera admettre, que l’autodrome, vu son état, ne peut plus être le siège de tentatives de record de vitesse à bicyclette.

 

Après José MEIFFRET, la quête de la plus grande vitesse possible à bicyclette sera définitivement rangée au rayon « anomalies » de l’histoire du cyclisme.

 

Tant que les records étaient l’apanage d’indiscutables champions, leur crédibilité pouvait s’accommoder de la controverse. Après la première guerre mondiale, le duel VANDERSUYFT – BRUNIER a entretenu un peu l’illusion … Jusqu’à ce que les records de vitesse derrière automobile ne réduisent aux yeux du public l’exercice au rayon de spectacle sensationnel, sans véritable portée athlétique …

 

Mais au-delà de ce débat sur la réelle valeur de ce type de démonstration, il nous reste à admirer sans réserves, comme l’a fait en son temps l’immense champion que fut le sprinter Gabriel POULAIN, pourtant détracteur de ce type de record, l’admirable courage de ces pionniers de la vitesse.

 

Leur intrépidité, leur détermination, leur admirable obstination, elles, ne souffrent aucune discussion …

 

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25 avril 2008 5 25 /04 /avril /2008 22:57


 1 - INTERVIEW de Frédéric MONCASSIN

  

 

- « Avant ce championnat de France, avais-tu déjà couru sur l’autodrome ?

- Oui, j’ai fait une autre course avant … Il me semble que j’ai couru dessus en 1990, quand j’étais chez Casto (l’équipe cycliste professionnelle CASTORAMA) … Je ne me rappelle plus du nom de l’épreuve (c’était « Les Boucles Parisiennes » - ndlr)

- Avais-tu fait de ce championnat un objectif ?

- Oui, bien sûr …

- L’ équipe était elle à ton service ?

- Oui, mais dans un championnat, on est une quinzaine par équipe et tout le monde veut gagner … Aussi, on fait par rapport à la course … Mais moi, j’en avais fait un gros objectif … En cas d’arrivée groupée, l’équipe avait dit « on fait tout pour Fred »

- Etais-tu sur place, la veille, as-tu été reconnaître le circuit ?

- Non, je n'ai pas été sur place. Il n’y avait pas besoin. On roule un coup sur le circuit, et c’est bon ... 

- Comment as-tu réagi à l’attitude de Pascal HERVE et Christophe AGNOLUTTO ?

- C’était leur rôle de ne pas rouler … J’avais l’air assez costaud … Ils ont vu un sprinter leur rentrer dessus, et ils se sont dit : " il faut pas rouler du tout. " ; ils ont fait leur boulot, voilà … C’était râlant pour moi, mais bon … 

- Comment as-tu vécu cette défaite, cela a été une grosse déception  ?

- Grosse déception … Très très grosse déception … Dans cette saison 1997, j’ai fait 17 fois deuxième, j’ai pas gagné une seule course, et je pense que çà a contribué à ma fin de carrière … Si j'avais été champion de France en 1997, j’aurai porté le maillot jusqu’à la saison 1998, çà aurait changé plein de choses … Surtout que c’était mon " poulain " Stéphane BARTHE. C’était moi, c’était moi qui l’avais fait passer pro, on s’entraînait ensemble. Et puis, çà faisait quelques années déjà que j’étais pro, ma huitième saison … J’étais content pour lui, bien sûr, en même temps je me suis dit : encore une année de gâchée … En fait, cette déception a contribué à précipiter ma fin de carrière. 

 



- Tu n’as plus eu par la suite l’occasion de gagner un autre championnat de France ?

- Non. L’année suivante, en 1998, à CLERMONT-FERRAND, j’étais pas au top. J’avais pris une grosse gamelle aux 4 Jours de DUNKERQUE, et je n’y ai pas été. En 1999, c’était encore à CLERMONT FERRAND, sur le circuit routier de CHARADE, et vu le circuit j’ai dit à Pascal SIMON et Cédric VASSEUR, mes équipiers : "  Ecoutez, les mecs : je fais la descente à bloc. Du coup, j’ai fais deux tours. Mais sur ce coup, de suite, c’est parti, et eux deux, ils font un et deux. "

- Je sais que tu es un passionné des motos, et que tu as fais du cross et des enduros.


- J’ai fait LE TOUQUET l’an dernier et deux DAKAR depuis que j’ai arrêté le vélo. J’aime les sports mécaniques : enduro, moto, cross … J’ai fait aussi le trophée ANDROS en voiture, en moto je fais des courses pour me faire plaisir. J’ai une HUSQVARNA, mon collègue, parrain de mon fils, a une concession HUSQVARNA. Et puis, je suis fou de vieilles motos … Je restaure une vieille HONDA 500 … Et j’ai un tas d’autres motos …
  »


 2 - INTERVIEW de Stéphane BARTHE

réalisée le samedi 19 Avril 2008

 

 


- « Avant de courir ce championnat de France, connaissiez vous l’autodrome de LINAS MONTHLERY ?

- Non, du tout … Je ne le connaissais pas …. Mon père m’en a parlé, il courait en amateur dans la région parisienne dans les années 70. Entre Temps, la famille était descendue dans le Sud, je ne connaissais pas du tout le circuit et sa réputation, notamment dans le cyclisme … Apparemment, j’ai été le premier champion de France sur ce circuit depuis presque quarante ans qu’il n’était plus organisé sur l’autodrome … Alors qu’auparavant, d’après ce que j’ai pu apprendre par la suite çà a été régulièrement un lieu de championnat … (bravo, Stéphane, un coureur qui s’intéresse à l’histoire du vélo, çà fait plaisir)

- Aviez vous fait une reconnaissance de ce circuit en vue du championnat  ?

- Oui, on fait dans ces cas là comme on procède quand on aborde un championnat, qu’il soit régional, national ou mondial … On va voir le parcours la veille, au minimum pour voir l’étendue du terrain, et les possibilités que l’on a sur ce circuit. Là, en l’occurrence, je me suis rendu compte que le parcours me convenait, c’est vrai, mais je n’allais pas tirer des plans sur la comète : je sortais d’une chute à la Route du Sud le lundi qui précédait l’épreuve, qui m’avait valu des points de suture au coude, donc je n’étais pas dans de bonnes dispositions pour y aller, n’étant pas convaincu de ma condition pour le lendemain … Je me suis présenté au championnat de France pour faire mon travail, ni plus ni moins. J’y suis allé plus par professionnalisme donc, plutôt qu’autre chose … Au final, je suis arrivé le jour de l’épreuve, sans aucune pression, tellement détendu que çà m’a réussi …

- Et ta blessure ne t’a pas handicapé plus que çà ?

- Non, je savais " gérer " le traumatisme de la douleur causée par des points de suture  durant l’effort (ceux là étaient à la pliure du coude) … Malheureusement, j’avais déjà connu cela avant … Et puis, quand on est en bonne condition, comme on dit dans le sport, " tout passe ".

- As-tu eu un déclic ce jour là ? Je veux dire as-tu eu l’impression à un moment que tu avais ta chance ?


Stéphane aux côtés de Frédéric MONCASSIN

 

 - Oui. En haut de la côte LAPIZE, dans le dernier tour (Stéphane se rappelle et détaille la topographie des lieux au mètre près … Un plaisir, je vous dis …) En fait, à ce moment là, quand Frédéric MONCASSIN est parti, vu que c’était mon copain, mais mon adversaire principal quand même … je ne sais pas … j’étais convaincu que le scénario ne pouvait pas se passer autrement … Je ne voyais pas d’autre issue … Enfin, je ne vais pas dire : «  je ne vois pas qui pouvait me battre ce jour là », parce que çà ferait prétentieux … Mais vraiment à ce moment … Tiens, peut être le footballeur qui sait qu’il va marquer ou le rugbyman qui est sûr de partir à l’essai, doivent ressentir la même chose … Bref, quand Frédéric MONCASSIN est parti, je me suis dit : " Là, il a perdu, et moi j’ai gagné ! ".

En plus, tout s’est enchaîné …. comme dans un rêve on va dire … Derrière, l’équipe de LA FRANCAISE DES JEUX a pris les choses en main pour Damien NAZON, son sprinteur. Moi, je n’avais plus qu’à suivre ! Comme on n’était plus que 27 (pas loin, impressionnant, la mémoire !), une certaine hiérarchie s’était dégagée, et on ne m’a pas trop " dérangé " ni trop " ennuyé " dans mon placement derrière ces coureurs là. 

- Il faut dire que la piste est large sur l’autodrome, çà doit faciliter la tâche ?

- Non (Il balaie mon pauvre argument) les routes ou les rues sur le TOUR DE France sont larges aussi. Et bien, même larges, il y a des gars qui ne sont pas sprinteurs, qui ne veulent pas prendre un « cachou » ou éviter la chute qui veulent se placer, les équipiers des sprinteurs qui veulent faire leur travail, et se placer reste compliqué même sur des routes larges. Ce jour là, on était moins nombreux. Et puis, une certaine hiérarchie s’était dégagée, et comment dire … un certain respect s’était instauré … Du coup, j’ai pu " faire mon sprint ".

D’abord, il y a eu Philippe BORDENAVE, mon équipier (on se connaissait depuis 1993 quand on courait ensemble à TARBES), qui m’a fait un travail EXCEPTIONNEL.

- Tiens, je ne me rappelle pas de cela !

- C’est vrai qu’il n’y a pas grand monde qui l’a vu ... d’autres coureurs dans l’équipe sont venus me féliciter après la ligne … Je ne citerai pas leur nom, d’abord parce que je ne m'en rappelle plus, ils ont été les premiers à me féliciter devant les caméras alors qu’ils n’ont rien fait pour moi …

Philippe par contre m’a protégé, abrité, afin que je reste dans la position que j’occupais. Je lui dois une grande partie de mon succès à ce monsieur. Il m’a protégé le plus qu’il a pu. C’est lui qui m’a dit : " Allez, vas-y ! " pour me faire suivre BROCHARD quand il a démarré (Richard VIRENQUE la ligne passée aura un regard noir pour le Sarthois – ndlr).

Quand BROCHARD est parti aux 500 mètres vent de face, là je me suis dit " c’est du pain béni ! ". J’ai vu un maillot blanc me remonter légèrement … Je me suis dit : " maintenant, c’est bon. " Je n'étais même pas sur le onze dents. J’avais encore une marge. Donc, j’étais sur le douze (54x12) quand j’ai lancé mon sprint dans la roue de BROCHARD. J’étais dans la retenue à 100 %. Pas du tout à fond. Et puis je mets le 11 dents et je déborde quand NAZON (le maillot blanc cité plus haut) était déjà plein vent avec " tout en bas " (donc obligatoirement sans plus aucune réserve) …

 



Je vous le dis : tout çà s’est passé comme dans un rêve. Ca a été un des sprints le plus facile paradoxalement par rapport au niveau et à l’évènement que j’ai gagné avec au mois de mars la même année l’étape BLAYE LES MINES – RABASTENS du Critérium International. Je n’en revenais pas. Surtout par rapport à ce qui m’était arrivé le lundi d’avant, et en plus le mauvais temps qui ne me convenait pas. Non, non, vraiment, çà a été la course dont on rêve, où tout s’enchaîne idéalement … 

 


Stéphane lors du Critérium International

 

- Avec le recul, ce championnat de France a été une bonne chose pour toi ?

-  Ca a été une bonne chose, mais je regrette de ne pas avoir eu alors l’encadrement d’un Tom BOONEN, par exemple, ou la maturité, parce que, à 24 ans, avec à peine six mois chez les pros (je venais de passer pro l’année d’avant, donc j’avais même pas une année complète), j’ai eu une mauvaise gestion du titre … C’est vrai que je n’étais pas attiré par les médias, la " pub ", le côté un peu clinquant du TOUR DE France … J’étais beaucoup plus intéressé par le sport, les résultats, le pied que je prenais à courir les épreuves auxquelles je participais. Mais tout ce qu’il y avait à côté, je l’abordais … mal.

 
Avec le recul, je crois que j’ai mal géré, j’ai trop mis de côté cet aspect du métier ; et puis, les gens qui m’entouraient alors ne savaient que me dire qu’il fallait que je me calme, que je fasse ceci et cela d’une façon qu’on ne veut pas entendre quand on est jeune coureur : c’était des directives, et je suis quelqu’un d’assez indépendant. Peut être un peu dur.

C’est vrai que j’ai apprécié le titre, mais d’un autre côté, il y a des fois où je me suis dit que j’avais l’impression d’avoir gagné le maillot de champion de France … junior ! Parce que, juste après mon titre, on ne me fait pas faire le TOUR DE France. Il paraît que je suis le 5ème champion de France dans ce cas. Ce n'est pas une fierté, loin de là … Au bout de la première semaine après le titre, je commençais déjà à déchanter. Après, il a fallu que je fasse des pieds et des mains pour aller aux championnats du Monde. Il a fallu la blessure d’Yvon LEDANOIS au Mondial de Saint Sébastien pour avoir ma place sur la ligne de départ. Sinon, je n’étais même pas remplaçant. Et alors, je me suis dit qu’il y avait quand même un manque de respect vis-à-vis de ce titre qui commence à devenir pesant. Et je n'ai pas trop compris pourquoi tout cela s’est accumulé la même année. Regardez, Richard VIRENQUE, qui a fait la carrière que vous connaissez : et bien, des années durant, il a couru après ce maillot, sans jamais l’obtenir ! Le titre, c’est une fierté ! D’autant qu’après, je l’ai conforté avec des victoires et des belles places d’honneur, je me suis mis en avant au cours des évènements importants de la saison. J’ai gagné avec le maillot tricolore sur le dos devant Erik ZABEL, c’est quand même des choses qui marquent, et cette reconnaissance là, la reconnaissance sportive, je l’ai cherchée, recherchée, et j’ai eu l’impression qu’elle n’était pas au rendez-vous… Au niveau sportif, car après, au niveau médiatique, encore une fois c’est vrai ma foi, que j’ai pas fait ce qu’il fallait … C’était volontaire, je le reconnais. 

- Mais ce titre, çà reste quand même un bon souvenir ?

- Ah oui ! J’ai vécu une année fabuleuse. Une année où, dès que j’allais au départ d’une épreuve, que ce soit une épreuve de Coupe du Monde ou un critérium, dès que je me présentais, c’était vraiment super. Ca m’a même « boosté » pour aller plus haut, dans des exercices comme les montées de col par exemple, où je ne suis pas trop à mon aise ; par exemple le jour où, dans PARIS NICE, l’étape était dure, je fais 2 derrière Andreï TCHMIL, et suis l’un des rares sprinteurs à terminer devant … çà c’est grâce au maillot … J’en ai même peut être trop fait, et trop couru cette année là. On laisse de l’énergie, des forces, parce qu’on veut être à la hauteur du maillot, et c’est normal … 


Sitôt la ligne franchie …

 

 

- Le soir du championnat, çà a été retour à la maison ou la fête entre copains ?

- Ce soir là, Vincent LAVENUE, mon directeur sportif, a organisé un " truc " à l’hôtel ou nous étions logés avec l’équipe CASINO. Mon ex-femme était restée à la maison à TOULOUSE ce jour là et on a fêté le titre avec l’équipe. Pour la plupart d’entre eux, dont le Directeur Sportif lui-même c’était une première.

D’ailleurs, Vincent LAVENUE me l’a dit que c’était son premier titre de champion de France. Il m’a dit aussi que je lui avais coûté trop cher. A peine descendu du podium, il me disait çà !

- Il n’y avait pas autre chose à dire en pareilles circonstances ? Car en plus, c’était une belle course ! 

- Mais oui. On l’annonçait plan-plan, ennuyeuse … Et il y a eu du mouvement. La dernière heure a été palpitante, l’issue a été incertaine jusqu’au bout. Moi, quand on m’en reparle de cette course, c’est toujours en bien. Beaucoup des gens qui viennent me voir me le disent. Jamais ils ne disent qu’ils se sont ennuyés devant leur poste de télévision cet après-midi là.

- C’est un championnat dont on se rappelle … Et il n’y en pas tant que çà …

- D’autant que j’y ai contribué un peu aussi … Comment dire … Avec ma naïveté de débutant, c’est que je disais en discutant avec Thomas VOECKLER, qui lui aussi a été champion national très jeune : le côté jeune qui débarque, le discours pas programmé, çà a plu. Beaucoup de gens m’ont félicité de mon côté " nature ", qui faisait du bien …»
 



Interviews réalisées par Patrick POLICE

http://francedernyetdemifond.com/



Je tiens tout particulièrement à remercier Stéphane pour son implication dans cette interview, pour sa disponibilité, et le souci du détail qu’il a tenu à apporter à chacune de ses réponses.

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23 avril 2008 3 23 /04 /avril /2008 21:40

De 1928 à 1959, l’autodrome de LINAS - MONTLHERY a été, régulièrement le siège des Championnats de France des Routiers professionnels, même si c’est moins régulier en ce qui concerne la période de l’après-guerre. Cela faisait 38 années que l’évènement n’avait plus été organisé sur le circuit de l’autodrome, et, signe des temps, la nouvelle n’est pas forcément bien accueillie par certains coureurs et directeurs sportifs … C’est que, faute de candidats à l’organisation, la Fédération Française de Cyclisme a dû se « rabattre » sur LINAS-MONTLHERY, et a dû louer l’autodrome.

 

Un autre signe de ces temps délétères pour le cyclisme : la désinvolture qu’affichent les « ténors » du peloton vis-à-vis de l’ évènement. Force est de constater que la quête d’un maillot tricolore ne les motive pas, nos « as » d’alors, les Laurent JALABERT, Luc LEBLANC, Richard VIRENQUE.

 

Ce dernier fait connaître son désistement le mercredi qui précède la course : le circuit est trop « facile » à son goût et il est hostile au principe d’un accès au circuit payant pour le public (70 FF l’entrée soit dit en passant !) … Ce championnat de France ressemble de plus en plus à un bal de l’esquive …

 

Trop c’est trop … Le président de la F.F.C, Daniel BAAL, appelle personnellement Richard VIRENQUE, puis son Directeur Sportif, Bruno ROUSSEL : Il faut que Richard soit là pour « sauver » l’évènement. Finalement, Richard fera annoncer par Bruno ROUSSEL qu’il se décidera à faire le voyage jusqu’à LINAS « parce qu’il veut surtout permettre aux autres (lire : ses équipiers) d’être champion de France » …

 

Soucieux de sa communication et de son cher public, l’idole des foules françaises ? Certainement, mais ce faisant, il sauve la mise à l’organisateur, qui ne s’en souviendra pas plus que çà lors du grand déballage, un an plus tard, de « l’affaire FESTINA ». Et reconnaissons que lui, au moins, fait honneur, sur ce coup là, à son statut de vedette.

 

Et puis, décidemment, le choix de l’autodrome reste dans la gorge de certains. Et la séance de prise de contact le vendredi 27 ne sera pas de nature à les faire changer d’avis : une quarantaine de crevaisons ( !), des traces d’huile et de graisse sur le circuit … La polémique n’est pas près de s’atténuer

 

Autre signe des temps inquiétant … On espère 10 000 spectateurs côté organisation, on en escompte 15 000 dans la presse locale. Finalement, 9 500 personnes franchissent les portes de l’autodrome …

 

Dimanche 29 juin, pour clore le chapitre morosité, la météo n’est guère engageante, en ce dimanche d’été : la pluie s’est invitée, et elle arrose généreusement l’endroit ! Décidemment, ce championnat de France se déroule sous d’heureux auspices …

Le départ est donné par le vainqueur de la dernière édition disputée sur l’autodrome, celle de 1959 : Henry ANGLADE. C’est lui qui libèrera le peloton des 138 coureurs, Elite 1 et 2 (anciennement « amateurs »), où les imperméables font florès, pendant que, dans les tribunes, une bruyante ovation accompagne Frédéric MONCASSIN, l’un des favoris de l’épreuve …

 

 

Lui au moins, il a fait de la quête du maillot bleu-blanc-rouge un objectif, et il espère que la poisse tenace qui le marque « au cuissard » depuis le début de cette saison 1997 va enfin en ce jour le laisser tranquille.

 

 


 

Car pour Frédéric MONCASSIN, 1997 est une curieuse année … Pensez donc : le 6 avril, au TOUR DES FLANdRes, il a été la victime de l’arrangement de course pris entre ses deux compagnons d’échappée, le Danois SORENSEN, et l’Italien BALLERINI, qui, le sachant plus rapide qu’eux à l’emballage, lui ont démarré à tour de rôle sous le nez. Une semaine plus tard, le 13, PARIS-ROUBAIX lui échappe à cause de l’attitude de Andreï TCHMIL, avec qui il s’est extirpé d’un groupe d’échappés. Ils ont pourtant fait le plus dur en réussissant à s’isoler, mais TCHMIL finasse, appuie mollement ses relais, et ils sont rejoints à l’entrée du vélodrome. La veille du championnat, le journaliste Philippe BOUVET écrira ces lignes signifiantes dans « L’EQUIPE » : « ce serait justice si Frédéric MONCASSIN pouvait se rembourser ici de ses pathétiques déceptions du printemps … ». Ajoutons encore que début juin, c’est un échange de coups avec l’Allemand Rolf ALDAG qui ponctue un sprint au DAUPHINE-LIBERE … A l’évidence, « Fred » n’a pas que des amis dans le peloton. Cela est si vrai que durant le Tour de France il aura maille à partir avec ses « confrères » sprinteurs lors de l’arrivée à MARENNES, le 6 juillet, où coups défendus et bidons vont voler bas …

 

Devant l’accumulation de ces avatars, on ne peut que constater qu’à tout le moins le champion Tarnais n’a vraiment pas rencontré de complaisance dans les pelotons en cette saison 1997 …

 

 

C’est vrai que son allure souple et déliée et son adresse proprement diabolique sur le vélo en imposent à ses pairs (au chapitre de l’adresse, Cyrille GUIMARD, son directeur sportif dans sa première équipe professionnelle l’a comparé en la matière aux frères DE VLAEMINCK, une sacrée référence)

 

Et, dans les sprints, son intrépidité, la sûreté de ses trajectoires (sûrement dues à sa pratique assidue du motocyclisme), et ses prises de risque finalement toujours maîtrisées suscitent souvent l’admiration. Trop « classieux », « Fred » MONCASSIN … En plus de çà, même pas prétentieux, toujours naturellement souriant et affable avec le public. Autant de raisons pour se méfier sourdement de ce coureur atypique, dont la classe frise l’insolence, et pour défendre plus que l’on ne le ferait avec un autre son « pré carré » …

   

C’est parti, et c’est Richard VIRENQUE, fidèle à ses habitudes, qui emballe la ronde. La première échappée sérieuse prendra corps au septième tour. Frédéric BESSY, Jean Cyril ROBIN, renforcés au 8è tour par la présence de Laurent GENTY ouvrent la route … çà, c’est pour la course côté coureurs … Car, côté entraîneurs, portière contre portière, Bruno ROUSSEL et Roger LEGEAY (le directeur sportif de l’équipe de Frédéric MONCASSIN et Président des Groupes Sportifs Français) se livrent à un gymkhana ponctués de noms d’oiseaux sur fond de « Tu vois, ton circuit pourri ! » … Bruno ROUSSEL a déploré une dizaine de crevaisons dans les deux premières heures et çà explique son excessive nervosité …Décidemment, le choix de l’autodrome ne passe pas …

 

Revenons côté coureurs …

Dans le dixième tout, Erwann MENTHEOUR, le fougueux coureur Breton, sort du peloton pour aller chercher les trois échappés. A quelques mètres derrière lui, Laurent BROCHARD (qui, dans quelque mois, deviendra champion du Monde) tente de prendre sa roue … En vain, car Erwann insiste seul, et au terme d’une chasse de toute beauté, fond avant le onzième tout sur les fuyards. Son bel exploit va s’avérer inutile … S’il avait attendu BROCHARD, en unissant leurs forces, et aidés par le jeu de neutralisation de leurs équipes respectives, l’aventure aurait pris une toute autre tournure que celle qui va suivre. Erwann raconte fort bien cet épisode dans son livre « SECRET DEFONCE », écrit quelques années plus tard, ouvrage hautement recommandable pour qui souhaiterait être édifié sur les usages du cyclisme des années 90 …

 

Au 19è tour, la crevaison (encore la faute au circuit peut être ?) de Jean Cyril ROBIN annonce la fin de l’échappée. Puis le peloton, d’accélérations en accélérations, se fragmente, et il ne reste plus que 31 coureurs en lice pour la victoire. Dans l’avant dernier tour (il y en avait 24 à accomplir, soit 240 km), Pascal HERVE, équipier de Richard VIRENQUE, et le Francilien Christophe AGNOLUTTO trouvent l’ouverture.

 

 

 Il reste deux tours à faire … Au passage de la cloche, ils ont 22’’ d’avance sur le peloton … Un jeune coureur est « collé » à la roue de Frédéric MONCASSIN. Il est l’équipier de Christophe AGNOLUTTO, l’un des deux échappés.

 

 

Il s’appelle Stéphane BARTHE et l’on va reparler de lui bientôt. L’équipe GAN (celle de Frédéric MONCASSIN) organise la chasse derrière.

 



Au pied de la côte LAPIZE, les échappés ont encore 15’’ d’avance. Le coup est encore jouable pour eux, surtout qu’ils arrivent au sommet sans être rejoints…

 

 

Et puis, un peu plus loin, à deux kilomètres de l’arrivée, ils ne voient pas fondre sur eux un bolide blanc : c’est Frédéric MONCASSIN, qui a choisi de jaillir dans le ressaut de COUARD après la côte LAPIZE.

 

 Le retour de Fred MONCASSIN 

En l’apercevant, au bout d’un moment seulement, tant « Fred » a su rester discret dans son sillage, Pascal HERVE a ce cri du cœur : « oh ! Putain .. T’es là, toi … ». Et il ne roule plus … AGNOLUTTO roule désormais sans conviction et le rythme baisse ostensiblement, Frédéric MONCASSIN, désespéré, appuyant sans conviction quelques relais …

 "Fred" discret dans les roues

 

 Oh! putain .. t'es là toi ! ...

 

AGNOLUTTO pourtant insiste encore

 

 Dès lors, il est clair que le peloton va revenir : le formidable « coup » de « Fred » a échoué … Il surveille le retour du peloton pour tenter de se relancer dans le sprint massif inévitable désormais.

 

Sitôt le trio repris,c’est Laurent BROCHARD qui tente illico une sortie désespérée. Mais rien à faire : la 22ème édition du Championnat organisée sur l’autodrome va se gagner au sprint !

 

 


 

 Et c’est le jeune et puissant Stéphane BARTHE, l’une des révélations du début de saison, qui va, dans un déboulé tendu, tenir à distance les autres deux sprinters que sont Damien NAZON et l’ Elite 2 Frank MORELLE. Du côté des officiels, on doit être soulagé : si Frank MORELLE avait remporté le titre, qu’est ce qu’ils n’auraient pas entendu !

 

Sa joie fait plaisir à voir ! Il fait sauter à plusieurs reprises la roue arrière de son vélo sitôt la ligne franchie, reçoit, toujours en roulant, les félicitations du battu du jour, « Fred » MONCASSIN. Il endosse peu après le maillot tricolore et déclare tout de go : « çà me fait ch… pour « Fred » … Et c’est vrai, en plus. Si c’est lui qui avait été vainqueur, çà ne m’aurait pas gêné. C’était un bon copain et çà restera un bon copain » …

 

 

 

Cette édition 1997, et tant pis pour ses détracteurs, aura été une très belle édition, passionnante, et le cadre idéal de l’autodrome, ne leur en déplaise, aura permis le déroulement d’une course débridée et dramatique en son dénouement. LINAS – MONTHLERY a été le siège d’un grand championnat de FRANCE

 

Elle ne portera pas chance à Stéphane BARTHE, champion de France pour sa première saison chez les professionnels, mais qui ne retrouvera plus jamais au cours de sa trop brève carrière un tel jour d’embellie …. Il quittera sans bruit le peloton des professionnels à l’aube de la saison 2005.

 

Quant au héros malheureux de la journée, Frédéric MONCASSIN, au-delà de sa terrible déception, ce championnat marquera de toute façon un tournant décisif dans sa carrière.

 



Toute la tristesse de Fred MONCASSIN … 


Et pour ce qui concerne le cyclisme en général, nul ne peut en ce dimanche prévoir qu’il vivrait là sa dernière saison d’euphorie insouciante. 1998 et « l’affaire FESTINA » vont le faire basculer pour longtemps dans l’ère du doute et de la suspicion …

 

 

En guise d’épilogue, notons que le cyclisme n’en aura pas fini avec les circuits automobiles pour autant, malgré les polémiques qui ont entouré cette édition 1997…. En 1998 et 1999, le championnat de France des routiers professionnels sera organisé sur le circuit de CHARADE, près de CLERMONT-FERRAND.


Auteur : Patrick POLICE

Q
ui sait si le cyclisme qui s’est une fois de plus trouvé ce jour de juin 1997 au rendez-vous de son histoire à LINAS MONTLHERY, ne retrouvera pas un jour le chemin de l’autodrome 
?

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13 janvier 2008 7 13 /01 /janvier /2008 19:45
Auteur : PATRICK POLICE 
Créateur du site web FRANCE DERNY & DEMI - FOND
 
 14 Août 1933  … Pour la première fois, un championnat du Monde cycliste des routiers professionnels est organisé en France …
 
Autre « première », l’évènement va, ainsi que l’a décidé l’Union Cycliste Internationale l’année précédente, être organisé sur un circuit fermé et … payant. Le principe de gratuité, jusqu’ici en vigueur dans les éditions antérieures, est donc aboli, et c’est l’Autodrome de LINAS MONTLHERY qui va inaugurer cette formule.
 
Par contre, le déroulement de la course sur un circuit automobile ne constitue pas une nouveauté, puisque l’ édition initiale avait eu lieu le 21 Juillet 1927 sur le circuit du Nurburgring tout juste achevé.
 
Mais, vous allez le voir, l’autodrome va être le théâtre d’autres « premières » en ce Lundi d’été …
 
Police-Patrick-photo-n---6-Championat-du-monde-1933-SPEICHER.jpgCoureur racé, dont l’allure élégante, souple, n’était pas sans annoncer celles à venir d’un Fausto COPPI, Georges SPEICHER était vraiment un coureur « atypique » dans le peloton des années 30. Sa position de bras très allongée et une assise postée en arrière sur la selle (à vrai dire la position adoptée par tous les cyclistes de nos jours), le distingue immanquablement de ses pairs lorsque l’on visionne les photos ou films d’actualité de l’époque.
 
Atypique, son parcours l’est aussi … Alors que le vélo est, avec la boxe, le sport – roi en ces années d’après-guerre, que toute une jeunesse se sent une vocation d’apprenti – champion, lui débute dans le vélo par hasard … 
En fait, il accomplit ses premiers tours de pédale à 18 ans, et tout çà par ce qu’il a répondu, en ces temps de chômage, à une petite annonce. Et lui qui ne sait pas rouler à bicyclette, il réussit à se faire embaucher … comme coursier pour des livraisons … à vélo ! 
Il raconte : « les premiers jours, je roulais uniquement le long des trottoirs, pédalant de la jambe gauche … pour trouver mon équilibre, je prenais appui de la jambe droite sur les bordures des trottoirs ».
 
A 22 ans, âge auquel beaucoup de ses pairs sont déjà des champions aguerris, il signe seulement sa première licence : il rejoint les rangs du prestigieux Vélo Club de LEVALLOIS, club n° 1 des amateurs français, grand pourvoyeur de champions tant olympiques que professionnels. En 1932, à 25 ans, il dispute déjà son premier Tour de France, qu’il termine à la onzième place. Cette ascension fulgurante est ponctuée en 1933 par une victoire sur cette même épreuve, et suivie par une autre, tout aussi prestigieuse, dont nous allons maintenant parler …
 
Police-Patrick-photo-n---5-Championat-du-monde-1933.jpgLe TOUR DE FRANCE s’est achevé le Dimanche 23 Juillet : retenez bien cette date.
 Le championnat du Monde des routiers professionnels lui, aura lieu le 14 Août.
Une vingtaine de jours donc après la plus éprouvante épreuve du monde. 
Le rapprochement de ces deux dates ne va pas être sans influer sur la décision des sélectionneurs. Pour représenter la France, trois coureurs ont été sélectionnés : Antonin MAGNE, champion indiscutable, qui a terminé second du championnat de France disputé sur ce même circuit de MONTLHERY. Roger LAPEBIE, le jeune (22 ans) champion de France, un « taureau », une force de la nature, éclatant de puissance et de santé. Paul CHOCQUE, la révélation de l’année, vainqueur à 21 ans du réputé CIRCUIT DE PARIS.
 
Et le vainqueur du TOUR ? On le nomme remplaçant, en estimant que les fatigues accumulées dans le TOUR lui seront préjudiciables le jour du championnat… En fait, il se dit très fort qu’ en haut lieu, on n’a pas confiance en lui. En cause, sa réputation d’indolence, réputation que nourrit son apparente facilité dans l’ effort. 
Et puis, les officiels de l’ Union Vélocipédique de France subissent le poids de l’évènement qu’il organisent : ces championnats du Monde se déroulent en France, ils considèrent avoir fait le meilleur choix.
 
Et là, patatras ! Ils apprennent le Vendredi 11 que Paul CHOCQUE est tombé soudainement malade. Il ne pourra être au départ . C’est une catastrophe … De remplaçant, Georges SPEICHER devient titulaire.
 
Mais comme il s’était mis en tête, (et on peut le comprendre), qu’il ne participerait pas à ce championnat du Monde, vous pensez bien qu’il ne s’est pas gêné pour faire relâche sur la discipline de vie nécessaire à un champion de son rang. De plus, le coureur de PANTIN a la réputation d’aimer faire la « fête ». Et depuis le Dimanche 23 Juillet, il n’est pas remonté sur son vélo de route ! Il a aligné quelques contrats sur piste, sur des distances ne dépassant pas 75 kilomètres … Or, l’épreuve de MONTLHERY en comportera 250, une paille !
 
Samedi 12, SPEICHER ne s’est pas manifesté, l’annonce du retrait de CHOCQUE n’étant pas à l’ évidence parvenue jusqu’à ses oreilles.
 
L’affaire prend une tournure un rien désastreuse. Alors que le soir tombe, on va le chercher maintenant partout : chez lui, à PANTIN, puis chez ses amis … On apprend qu’il est parti dîner avec des camarades à PARIS ? Dès lors, on visite systématiquement tous les restaurants qu’il serait susceptible de fréquenter … Mais il demeure introuvable !
 
Et puis, sur la foi de renseignements un peu plus précis, on oriente les recherches vers le 20è arrondissement … Là, on honore Georges SPEICHER dans le quartier de sa naissance, au Théâtre du 20è siècle … Les dirigeants le retrouvent en ce lieu à minuit, juste à la sortie du spectacle.« Il faut que tu rentres immédiatement, lui disent-ils, tu cours Lundi le championnat du Monde ! » Georges leur donne son accord, et les dirigeants rentrent dans leurs pénates, soulagés … Mais lui, il prolonge tard dans la nuit la fête commencée avec les copains une fois que ce respectable aréopage a tourné les talons …
 
Le lendemain, il se rend à l’atelier courses de son équipe ALCYON pour y recevoir un vélo à ses cotes … In petto, il se dit : « Puisqu’ils veulent que j’ y aille, je prendrai le départ, ne serait ce que pour donner un coup de main aux coureurs de l’ équipe de France …. » .
 
Et le Lundi arrive … En guise de préparation diététique, Georges s’attable au petit Bistrot de MONTLHERY. Au menu, (et ce une demi – heure avant le départ de la course) tenez vous bien : andouillette, saucisson, charcuterie, le tout arrosé de vin rouge et de vin blanc, pour faire bonne mesure !
 
100 000 spectateurs ont envahi l’autodrome, sans compter les quelques milliers de resquilleurs . Sur la ligne de départ, c’est un autre menu qui l’attend : 250 kilomètres, ponctués de vingt ascensions de la Côte LAPIZE, avec ses 10 % si lourds à digérer ! Il confie à ses deux compagnons, en prenant bien soin de ne pas être entendu des autres coureurs : « je vais vous préparer le boulot en démarrant très tôt, et en faisant rouler les Italiens (tenants du titre avec le campionissimo BINDA – ce dernier n’est pas loin, et il comprend parfaitement le français puisqu’il a travaillé en France et débuté sa carrière cycliste sur la Côte d’ Azur) … Après, ce sera à vous de jouer ! »
 
Et SPEICHER attaque dès le coup de pistolet ! Il est repris, mais il recommence à la fin du premier tour « en plaçant une mine » dans la côte LAPIZE … Il est rejoint par le Hollandais VAN DER RUIT et par Roger LAPEBIE, son équipier .
 
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 Et puis, vers le dixième tour, ces trois-là sont rejoints, un regroupement s’opère … Et SPEICHER redémarre !
 
A partir de ce moment, les écarts vont s’allonger très vite avec le peloton. Il reste pourtant 125 kilomètres à parcourir ! Tout en roulant, il exprime ses doutes aux suiveurs en auto ébahis par cet incroyable scénario (ils connaissent eux ce qui s’est passé ces dernières quarante - huit heures) et par l’ impression époustouflante de facilité qu’il dégage dans l’effort (ce dont atteste les photos et films de l’époque) : « Pensez vous, çà ne peut pas être sérieux. Je vais me relever tout à l’heure, car je ne tiens pas à me « coucher » avant l’arrivée ! »
 
Vers le douzième tour, il possède 2’ 30 d’avance sur le Hollandais VALENTIJN, et 4’30 sur un peloton comprenant l’ Italien BINDA, le triple champion du Monde, et les Belges, maîtrisés par ses équipiers MAGNE et LAPEBIE, qui dès lors, « jouent sur du velours ».
 
A ce moment, les suiveurs reviennent à sa hauteur et lui disent que, tout de même, l’affaire semble maintenant prendre bonne tournure pour lui. Il répond, tout en décontraction : « Vous avez raison, je crois qu’il faut y aller ! ».
 
Et il augmente l’allure ! L’aventure insensée prend dès lors allure d’ apothéose …
 
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Georges pédale « comme à l’entraînement » , c’est lui-même qui l’affirmera après coup … (entraînement qu’il n’a pas suivi, remarquons le au passage)
Preuve absolue de sa décontraction totale : un orage survient pendant la course. A son beau-frère, posté en bordure du circuit, il crie en passant : « Va capoter ma voiture, elle va se salir ! » (SPEICHER venait d’acquérir une PEUGEOT 201 décapotable) … Et tout çà, exprimé avec calme et désinvolture, à 40 à l’heure ! (la moyenne à l’issue de la course sera de plus de 35, 5 km/h pour les 250 kilomètres, alors qu’il aura accompli sur les 4/5 du parcours en solitaire, et à l’attaque presque constamment, sur le difficile circuit de l’autodrome, balayé par le vent : admirez l’exploit !)
 
Georges SPEICHER triomphe, le mot n’est pas trop fort, avec 5’ 33 d’avance sur Antonin MAGNE (deux Français sur le podium, le bonheur du public et des officiels sera total ainsi) et le Hollandais VALENTIJN, qui sont sortis du peloton pour chasser (surtout le Batave, vous vous en doutez, MAGNE étant bloqué par le jeu d’équipe) sur le champion français … Les Italiens, les Belges, les Suisses et les Allemands finissent, déconfits, à 11 minutes !

La ligne franchie, au terme de cette course qui constitue un véritable défi à la raison sportive, Georges SPEICHER déclare placidement, alors qu’on le presse et le félicite de toutes parts : « Bah ! Je n’ai pas beaucoup de mérite. Je marchais bien, voilà tout. »
 
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Georges SPEICHER devient ainsi le premier champion du Monde cycliste professionnel français sur route. Sa victoire est à plus d’un titre historique : il gagne le premier championnat du Monde des routiers organisé en FRANCE
(il y en aura d’autres), et est le premier à réaliser le doublé TOUR DE FRANCE - Championnat du Monde (d’autres le réaliseront mais bien plus tard) .
 
Cynisme ? Désinvolture ? Il déclarera bien plus tard, à l’intention de personnes qui lui demandent si ce titre lui a procuré de la joie : « Venant après ma victoire du TOUR DE FRANCE , ce titre ne m’a rien rapporté de plus au point de vue contrats, car je touchais déjà, grâce à ma victoire dans le TOUR, le maximum . J’aurais mieux aimé le gagner l’année d’après, tu penses ! » …

... C’est pas gentil pour notre Autodrome, qui aura été le siège d’un évènement mémorable à plus d’un titre, propre à nourrir la « Légende des Cycles », même si Georges SPEICHER lui-même, mentalité de coureur professionnel oblige, n’en a pas saisi la pleine dimension, visiblement.
 
 
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En fait, en ce 14 Août 1933, ce que ne sait pas encore le nouveau champion du monde , au moment où il revêt le prestigieux maillot irisé, c’est qu’il aura bien d’autres rendez-vous avec l’Autodrome. Et au bout de ces rendez-vous, il gagnera un surnom, celui de « Roi de MONTLHERY » …
 
On en reparlera … Promis …

 
 
 
 
 
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Published by P. Pannetier - dans Velo
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