Match l'Intran 22 septembre 1931
SUR LA PISTE ROUTIERE DE MONTLHERY
Les championnats de France motocyclisme
Les championnats de France motocyclistes se sont disputés dimanche après-midi à l'autodrome de Montlhéry, organisés par l'Union Motocycliste de France. Ce fut une
belle épreuve qui ne cessa, du début à la fin, d'intéresser le public.
Pour la firme dijonnaise, ce fut non seulement un succès, mais un triomphe. Sur les six championnats qui ont été attribués, Terrot s'en octroie trois : Gillot
en 500 cmc ; Boetsch, en 350 cmc ; et Coulon, l'éternel champion de la 250 cmc. Mais ce ne fut pas sans mal, car dans chaque catégorie la bataille fut serrée.
En 175 cmc, Meunier eut en Pavert un adversaire de taille ; en 250 cmc, Coulon fut sans doute le concurrent le moins inquiété. Pilotant une motocyclette nettement
plus rapide que ses rivaux, il prit de l'avance dès les premiers tours et termina sans autre histoire. Fernand Fraichard son co-équipier, ne put enlever que la seconde place après avoir
livré à Joly et Sourdot - qui tous deux durent abandonner avant la fin - une belle résistance.
Boetsch, en 350 cmc, a bien failli avoir chaud. Alors qu'il était en tête, il dut s'arrêter quelques minutes et ce n'est qu'au 70e kilomètre qu'il reprit, la
première place, de sa catégorie. Là encore, les concurrents qui terminèrent derrière le champion niçois ne sont pas, diminués. Mais peuvent-ils être tous champions de France ?
Le plus malchanceux de la journée est bien le « rapide » Dechaisieux. Longtemps il fut en tête de toute la caravane. Sa moyenne, jusqu'aux 50 km, ne fit
qu'augmenter. Elle fut supérieure à 106 km. Mais comme son ombre Gillot le suivait, et ce qui devait arriver arriva. Peu de kilomètres avant la fin, Gillot passa Dehaisieux dont la machine
semblait alors avoir une défaillance.
Gillot est l'homme qui m'a le plus étonné. Je le connaissais excellent coureur de tourisme, un peu « cherreur », mais il a prouvé dimanche qu'il savait, au besoin,
mené une puissante et rapide moto à la victoire.
Un autre malchanceux : Lemoine. Pour ses débuts chez Rœlhel Escoffier, il ne fut pas favorisé. Cinq minutes avant le départ, il cassait son frein à pied; après deux
tours effectués rapidement, Lemoine - alias Monneret - devait s'arrêter à son stand de ravitaillement. Il repartit, puis s'arrêta de nouveau et, courageusement, s'élança à la poursuite des
fugitifs, Mais il était trop tard, il ne pouvait plus rien espérer et abandonna.
En cyclecars, Chéret et Binoche furent les deux lauréats, cependant que Marcel Dhôme, pour n'avoir pas réalisé une moyenne supérieure à celle de la catégorie
inférieure, a été déclassé.
Le déchet n'a pas été très important et ceci confirme que, lorsque les constructeurs français s'en donnent la peine, nous pouvons figurer honnêtement dans n'importe
quelle compétition internationale.
Jadis, on laissait, entière liberté aux concurrents quant au choix des pièces mécaniques. C'était le triomphe des moteurs anglais. Aujourd'hui, il n'en est plus de
même. Toutes les machines doivent être construites avec du matériel essentiellement français. De même, on ne permet plus aux concurrents le choix du carburant. Les commissaires sportifs,
avant le départ, leur distribuent, avec parcimonie d'ailleurs, un mélange essence benzol, et pourtant ... avec un moteur - de 500 cmc, n'atteint-on pas une vitesse de 100 km à l'heure
?
On critique suffisamment l'Union Motocycliste de France pour ne pas, quand elle le mérite, la féliciter sans réserve.
Georges Fraichard
Les classements
Sont champions de France pour 1931 :
Motos 500 cmc : Gillot.
Gillot a effectué les 150 kilomètres en 1 heure 24 mn 2 s 4/5, soit à la moyenne de 107 km 083.
Motos 350 cmc : Boetsch.
Boetsch a effectué les 140 kilomètres en 1 heure 22 mn 25 s 2/5, soit à la moyenne de 92 km 960.
Motos 250 cmc : Meunier.
Meunier a effectué les 100 kilomètres en 1 heure 16 mn 23 s, soit à la moyenne de 78 km 561.
Cyclecars 750 cmc : Pinoche.
Pinoche a effectué les 130 kilomètres en 1 heure 25 mn 53 s 1/5, soit à la moyenne de 81 km 346.
Cyclecars 500 cmc : Chéret.
Chéret a effectué les 100 kilomètres en 1 heure 15 mn 31 s 2/5, soit à la moyenne de 79 km 445.