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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 22:22


La mystérieuse « Spido »


Nous recherchons des réponse à de nombreuses questions sur cette marque et sur cette voiture de record, ainsi que des témoignages et documents d'époque.

 


En fait, notre histoire devrait commencer en 1877, quand  monsieur Alexandre
André créait sa société « A. André et Fils ». Au début, il fournit l’industrie en dérivés minéraux, afin de lubrifier les mécaniques. « Spidoléïne » pourquoi ? .

En 1933, l’embiellage des moteurs est encore fragile, et les lubrifiants peu performants. Le concurrent commercial d’« A. André et Fils », la société « Yacco », met au point une huile dite « Sport », qu’il valorise par des records établis avec ses vaillantes « Rosalie » (85 % des records mondiaux !).

La société anonyme « A. André et Fils » souhaite prouver elle aussi les qualités
de son huile scrupuleusement pure : « Spidoléïne » (nouvelle huile « BR Sport ») du commerce, « aliment idéal du moteur », comme annoncé lors du Salon Automobile de 1933. Il va donc mettre en piste une Citroën Rosalie 15cv AL  (légère) 6 cylindres de 2 722 cm3 (75 x 100) profilée, afin de prouver l’excellente  lubrification d’un moteur tournant à haut régime sans arrêt et consommant peu, pendant des essais de longues durées.

Le châssis et le groupe mécanique restent de série. La transformation en coach très profilé, avec une « carrosserie aérodynamique intégrale » est due à Clément Kelsch  (gain 25 km/h). Ce grand carrossier de Levallois-Perret est déjà très connu pour ses excellentes préparations de voitures participant aux « 24 heures du Mans », comme à des tentatives de records (1925).



Le dimanche 19 mars 1933, la « Spido 1 » se lance dans l’aventure avec une équipe de six pilotes d’un certain âge, mais très expérimentés, dont trois issus de Grand Prix : Yves Boillot, le plus jeune et le premier à s’élancer… puis prendront le relais, Albert Guyot (52 ans), Louis Wagner (51 ans), Arthur Duray (50 ans), Lucien Haubourdin (50 ans) et Lucien Bonnes. Mais la tentative va durer une… demie journée, puis c’est la panne !

Le 21 mars, on reprend plus « sérieusement » la piste et on s’attaque aux records internationaux de classe « D » (2 à 3 litres) et aux records du monde de longue distance, déjà établis par « Yacco ». Cette première version de la « Spido » à « garde-boue de moto » est très peu connue ; vue seulement dans le guide « Spido » de 1934. Durant huit jours et nuits, avec des relais toutes les quatre heures, la « Spido » tourne en rond comme une… horloge, stabilisant sa moyenne autour de 120 km/h. Elle parcourt 2 877 km le premier jour. Le lendemain elle bat trois records (4 000 km, 3 000 miles et  5 000 km) et le troisième jour, elle prend possession des 4 000 miles, 5 000 miles et des 72 heures et… établit 16 records internationaux.



Puis, c’est l’accident de notre « Spido »… Nous sommes le 29 mars 1933. En
effet, la piste du circuit de Monthléry est ouverte au public et, un amateur sportif et… maladroit, redémarre son auto sans se soucier de la circulation. Il heurte violemment la « Spido ». Déséquilibrée, la Citroën grimpe le célèbre anneau et part en double tonneaux, 130 mètres plus bas, la tentative est momentanément abandonnée.

Clément Kelsch se remet à l’ouvrage… et améliore encore l’aérodynamisme en surbaissant le pavillon de 12,5 cm, en carrossant les ailes d’inspiration très aéronautique contre le corps de l’auto, dépassant largement de la calandre. Cette version, la « Spido 2 », reste la plus connue, et servira de support publicitaire (affiche). C’est cette version que « CIT R » a choisi de reproduire (voir plus bas).

Le lundi 24 avril, les compteurs sont remis à zéro ; au bout d’une journée, c’est la panne ou l’accrochage…



Le dimanche 29, la « Spido 2 » reprend la piste, presque en même temps que la

« Rosalie V » (effectivement, l’investissement de « Yacco » et Citroën ne peut être mis à mal plus longtemps)… Emulation donc, sur le béton de Monthléry…

Notre « bolide » tourne pendant trois jours en effectuant 9 329 km à  plus de  129 de moyenne, comme la… concurrente. Puis la « Spido » disparaît à nouveau, sans laisser de trace… journalistique!

Enfin, le 14 juin notre « mystérieuse » revient tranquillement sur l’anneau, pour terminer ce qu’elle avait commencé : battre le record de la distance. L’équipe connaît une autre composition, qui intègre le fils André (Serge)…
Plus de 151 heures après, et sans vidange (229 gr/100 km), le compteur marque 20 000 km réalisés à 131,926 de moyenne. La « Spido » s’arrête… définitivement au bout de sept jours, ayant parcouru 21 977,120 km à 130.816 de moyenne, et établissant 15 nouveaux records internationaux

Furieux monsieur Dintilhac de chez « Yacco » met « Rosalie VI » en piste…

Mais c’est une autre histoire…


Certaines villes la découvriront lors de son tour de France, avec une nouvelle étude aérodynamique : carénage de calandre, flasque de roues, immatriculation et phares de route. Ce nouveau carrossage a-t-il servi lors de l’ultime tentative ???


De plus, le « Spido-Journal » de septembre 1933 parle de deux séries d’essais
avec les tentatives du 27 avril au 10 mai (21 au 29 mars pour notre analyse) et d’une seconde entre le 16 et 22 juin 1933 (14 au 21) !

Pourquoi le numéro « 9 » ? et d’un seul côté (gauche), dû évidemment à ses rotations anti-horaires ?

Alors, qu’est devenue « Spidoléïne » ? En 1933, la « Gulf Oil Belgium » est créée. S’en suit la fusion de trois autres entreprises dépendant de la « Gulf Oil Corporation » (USA). Puis, rapidement, une constitution est signée pour aboutir à la « Belgian Gulf Oil Cy » avec comme actifs, les apports de l’ « Alexandre André » et du « Spidoléïne »… Tient !

En 1948, l’on parle de la liquidation de la « Spidoléïne »… et en 1952, de sa fusion avec la « B.G.O.C » (« Gulf Oil »).

Nous remercions les journalistes de l’époque et d’aujourd’hui, le « Spido
Journal » et nos historiens, car absent du circuit de Monthléry en…1933, nous nous sommes rabattus sur leurs écrits !!!


Nous remercions à l’avance, toutes personnes susceptibles de nous informer…

d’autant que lors de nos recherches, nous avons trouvé plus mordu que nous… un passionné réalisant ce modèle à l’échelle « un » à la recherche de documentation, lui aussi !!!…

 
 

La miniature au 1/43ème…

   

Nous avons fait réalisé la "Spido 2" phase 1 en miniature. La phase 2 est en cours de réalisation, mais il nous manque une vue de l'arrière, pour des détails. Nous projettons aussi la reproduction de la "Spido 1" (accidentée), nous sommes à la recherche de bonnes photos pour cela.




Contactez moi si vous avez des infos et documents sur ces Spido de records.

Jean Jacques PIARD 
jeandemoune @ gmail.com (enlever les blancs pour utiliser l'e-mail)                      

 

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Published by Jean Jacques PIARD - dans Recherches d'infos
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commentaires

Christian R 23/11/2009 09:34



En 1935 la société L’Economique fondée par la Standard Oil of New Jersey rachète les "Ets André et Fils"
(Spido).


En 1936 elle prend le nom de Standard Française des Pétroles.


En 1939 elle rachète les "Ets Quervel" qui commercialisent La "Kervoline".