Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : blog pour la mémoire de l'autodrome
  • blog pour la mémoire de l'autodrome
  • : Sauvegarde de la mémoire de l'autodrome de Linas Montlhéry
  • Contact

Recherche

Texte libre

9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 20:23
Dans le Journal Aéro qui sera une dizaine d'années plus tard à l'origine de l'autodrome, juste avant la guerre en 1913 est publié une série d'article relatant les courriers des lecteurs au sujet d'un projet d'autodrome pour la France.

Voici un peu comme à l'époque cette série d'article une fois par semaine à près d'un siècle d'écart. Ces réflexions nous permettent de mieux comprendre le contexte et les idées de l'époque.

Les autres articles de cette série :


Journal Aéro du 9 septembre 1913

La question de l'Autodrome

NOTRE REFERENDUM 

Nous avons reçu hier une lettre de M. Violet, le constructeur bien connu de la, jeune marque de cycle-cars Violet-Bogey, qui a fait de si beaux débuts à Amiens et au Mans.



M. Violet, qui revient de faire des essais à Brooklands, est un des plus chauds partisans de l'autodrome. Il nous dit :



Messieurs,



Ma réponse à votre demande sur l'intérêt qu'il y aurait à avoir un autodrome chez nous est toute faite : je rentre de Brooklands.



Certes, j'aurais préféré faire mes essais chez nous; a proximité de l'usine donc plus efficacement et avec une perte de temps moindre. Malheureusement, nous n'avons rien ici.



Je verrai donc avec plaisir un autodrome, de préférence aux environs-immédiats de Paris, soit à Villacoublay, soit dans les plaines de Rambouillet.

 

Il me semble qu'il serait possible d'utiliser un champ d'aviation où le centre, de la-piste, serait réservé aux-avions, comme à Brooklands, la piste seule appartenant aux autos.



Maintenant, à parler franc, je pense que l'autodrome doit rester piste et ne servir, qu'à des essais spéciaux et à des courses, car je ne crois pas à l'autodrome servant' d'essai aux voitures de série.

Je ne me représente pas les 2 ou 300 voitures, sinon plus, qui sortent journellement ; des usines de la région parisienne, tournant en rond sur une piste de 4 à 5, voire même 10 kilomètres de tour !

Et puis, il faudra se rendre de,l'usine à la route d'essai, et toute la question subsiste.



L'autodrome est donc et doit rester un laboratoire destiné aux voitures d'exception, aux essais anormaux et aux courses.  Brooklands n'est pas autre chose et je n'y ai vu que des engins spéciaux ou des têtes de série, ce qui ne veut pas dire qu'il ne  serve a rien, bien au contraire.



Pour-finir, je souhaite, si l'autodrome , doit être réalisé, qu'il ne soit pas en ciment comme Brooklands. Je suis encore courbaturé des sauts et de l'acrobatie que j'ai dû faire en sautant de carré en carré, en passant par des raccordements illusoires. Et puis, vraiment, le ciment, ou à proprement
parler le béton, est trop gros mangeur de pneus. Les mêmes pneus qui me faisaient en course, 300 kilomètres sans flancher ont rendu l'âme après une heure de piste !



Je verrais mieux les pavés de bois, sur béton, goudronnés. Cela tient avenue des Champs-Elysées où la circulation est pourtant formidable et c'est du velours, à côte du béton et de ses cassures.

Enfin, quand nous, aurons un autodrome on ne comprendra plus comment-on a pu s'en passer jusque-là.



Veuillez...



VIOLET



D'autre part, notre confrère, M. Alfreyd M. E. de Pino, directeur à Clermont-Ferrand des « Sports du Centre », nous envoie la très intéressante lettre ci-dessous qui milite en faveur de la création de l'autodrome rêvé, en Auvergne, sur le plateau de la chaîne des  Dômes.



Mon cher confrère,



Je lis dans l'Aero que vous prenez l'initiative d'un référendum en vue de la création en France d'un autodrome, nous dispensons d'aller — à grands frais — sur les pistes étrangères.

Permettez-moi, mon cher confrère, de vous adresser toutes mes félicitations pour cette noble tâche — tâche ingrate s'il en est — qui, j'espère, aboutira sous peu à une réussite complète.

Mais je pense que vous me permettrez de vous faire rappeler que dès 1907, l'Automobile Club d'Auvergne. avait songé, ainsi que l'A.C.F., à créer une piste sur notre territoire.

Sans cet esprit, de coterie — qui règne trop souvent, hélas ! dans les clans sportifs de notre pays — l'autodrome existerait déjà.



En effet, il avait été question à cette époque de créer un autodrome sur le plateau de la chaîne des Dômes, à proximité de la célèbre plaine de Laschamps — plaine à jamais historique depuis la coupe-Gordon-Bennett de 1905 — et qui aurait encerclé le Puy de Dôme, le Puy de Parion, ' le Puy de Côme, le Puy de Montchler, etc..., et aurait passé par le plateau de Laschamps, la Cheire d'Oreines, le camp militaire de la Fontaine du Berger, le Col des Gaules, la Cheire du Puy de Côme, Geyssat et le Col de la Moreno. C'était, il me semble, un autodrome idéal. Placé en plein centre de la France, accessible à toutes les nations voisines, à 400 kilomètres de Paris seulement, à 10 kilomètres de Clermont-Ferrand, capitale du pneumatique ; dans un cadre idéal, au pied du gigantesque -Puy de Dôme ; à proximité des stations thermales : 70 kil. de Vichy, 8 kil. de Royat, 15 kil. de Châtel-Guyon, 38 kil. du Mont-Dore, 35 kil. de la Bourboule. Nous ne pouvions-, en un mot, trouver ... mieux, dans notre pays. Quant à sa constitution, il répondait aux désirs de tous, devant être une large route avec montées, descentes, virages à gauche, virages à droite, à angles droits, à angles aigus, avec ligne droite, permettant les plus grandes vitesses. En un mot un autodrome modèle.



Hélas ! comme je le disais, plus haut, ; l'esprit de coterie s'en étant mêlé,. rien ne fut fait. Le Comité — volontairement ou non, constitua sans la présence des fabricants de pneumatique clermontois. Ce furent, dès ce jour, des tiraillements continuels. MM. Michelin, qui étaient parmi les forts souscripteurs éventuels, ce retirèrent purement et simplement et, après bien des discussions, la question du circuit permanent d'Auvergne (région des Dômes) tomba dans, l'oubli. Ce fut bien regrettable pour l'industrie : automobile française et c'est pourquoi je me suis permis aujourd'hui — où la question de l'autodrome revient à l'ordre du jour — de vous faire souvenir que l'Auvergne avait déjà, tenté quelque chose dans ce sens et, si à cette époque le projet fut irréalisable, peut-être pourrait-on le mener bien aujourd'hui.



Je vous prie de me croire, etc...



Alfreyd M. E. de Pino



Comme on le voit, l'unanimité des réponses "pour" s'affirme de jour en jour. Puisse notre campagne devoir aboutir et donner ainsi satisfaction à tous.

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Automobi - dans Histoire
commenter cet article

commentaires