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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 20:29

 

 

Il y a 50 ans le dimanche 7 octobre 1962, Henri Oreiller décédait, à l'age de 37 ans, victime d'un accident en course,à Montlhéry. Le 6 octobre 2012, à 18 h, à la paroisse Sainte-Anne de la Butte aux Cailles, 188 rue de Tolbiac Paris 13°, une intention de prières lui sera dédiée. Le curé de la paroisse Sainte-Anne est un jeune polytechnicien, pratiquant un sport automobile : le karting.

Merci de relayer cette information.

 

«ça passe ou ça casse»


 

Plusieurs événements m’ont amenés petit à petit à m’intéresser à Henri Orreiller. Le premier, à l’annonce radiophonique de sa victoire au J.O. de Saint-Moritz, en février 1948, un amusement sur le nom. Le second, lors de l’été 1957 à Chambéry, lors d’une rencontre furtive avec Henri Oreiller, en quête d’achats de matériaux : « Moi un champion ? Bof ! ». Le troisième, l’annonce de son décès le 7 octobre 1962 à 37 ans, suite à son accident à Montlhéry. Enfin la découverte d’un ouvrage consacré à « Un siècle de grands pilotes français » (1895-1995) par Maurice Louche, lors de la visite du Salon Rétromobile en février 2004.La partie automobile dans cet ouvrage est bien plus développée que la partie ski, mais l’auteur souligne de manière pertinente et délicate certains traits de son attachante personnalité : un battant, un joyeux drille, (qui) rayonne de joie de vivre, une gaieté proverbiale, un regard moqueur, un esprit malin, un artiste…

 

Henri Oreiller et sa famille 

 

ec Henri Oreiller 1948Henri Oreiller 1948

Les parents d’Henri sont Léon Oreiller, originaire du Val d’Aoste, et Marguerite FAVRE originaire de Val d’Isère. Léon Oreiller a connu son épouse en venant faire les foins dans la ferme des parents de celle-ci, qui avait deux autres sœurs. 

 

Jeunes mariés, Léon et Marguerite occupent des petits emplois à Paris, et c’est là que naît Henri le 5 décembre 1925. Au moment des vacances d’été, les parents d’Henri reviennent à Val d’Isère pour faire les foins. Puis Henri viendra vivre chez sa tante Armante, à l’âge de 6 ans.

 

Ses parents ne viendront le rejoindre qu’en 1940, avant les hostilités, et aideront à tenir le café Favre, avec Armante. Le père d’Henri va exercer pendant la Guerre des métiers très divers, successivement : paysan (faucheur, éleveur…), coiffeur, boulanger, salarié de la STVI (Société des Téléphériques de Val d’Isère). En 1948, les parents d’Henri ouvrent un magasin de sport sur le front de neige, puis une boulangerie (à l’emplacement actuel de l’hôtel Brussels), en face de l’ancienne école primaire. 

 

Auparavant, dans les années 30, Henri va fréquenter la classe unique de l’école de Val d’Isère, jusqu’à l’obtention du certificat d’études, à 14 ans, en 1939. Il continue à étudier par correspondance, car il a deux ambitions : obtenir le baccalauréat et déjà devenir pilote automobile ! Il est aidé par le curé Marcel Charvin, qui lui donne des cours de math et de latin. Il était tout à fait capable d’obtenir le baccalauréat, même avec mention… mais il ne trouva jamais le temps de le passer.

 

Pendant la période d’Occupation, Henri aide à la ferme familiale de ses grands-parents maternels.

 

En 1944, il rejoint en volontaire une unité de la Résistance, la SES (Section d’Eclaireurs Skieurs) commandée par le lieutenant Chappaz, père du journaliste Gilles Chappaz.

 

Henri est fils unique. Il se marie en décembre 1956 avec Gisèle Léger, plus connue sous le prénom de Michelle, originaire de Voiron. Ils n’auront pas d’enfant.

 

Oreiller 0003 Henri Oreiller Tour de France 1958

Henri Oreiller au Tour de France 1958 sur l’Autodrome 

Oreiller dans l’Histoire du Sport Français

 

Henri Oreiller est entré dans l’Histoire du Sport un lundi 4 février 1948, dans une station de ski chic à l’est de la Suisse : Saint-Moritz. Il est alors le premier champion olympique (or) français de descente.

 

Cet exploit de la première médaille or de descente, doublé d’une médaille or en combiné, et du bronze en slalom spécial, le fait entrer dans la légende des grands skieurs, après ses aînés Emile ALLAIS et James COUTTET. C’est ce que la Mémoire populaire retient de lui.

 

Moins nombreux sont ceux qui connaissent sa carrière automobile, très méritoire, mais tragiquement interrompue. Ce sont ces deux grands volets, ski et automobile, de la carrière sportive d’Oreiller que nous nous proposons de vous relater.

 

La carrière Ski (1944 / 1952)

 

L’apprentissage et les débuts en compétition (1944/47)

 

Henri Oreiller a appris à skier tôt, sans doute dés 6 ans. Il apprend seul, ou presque (« avec des copains »), avec beaucoup de libertés… Dés ses débuts, il se révèle être un skieur audacieux. En 1937, il a 12 ans, il assiste à la victoire de son jeune aîné, James COUTTET, dans la Coupe de l’Iseran, sur les faces du col du même nom. Il comprend alors que son destin se tracera sur des skis.

Fin 1944, il fait du ski, en temps qu’Eclaireur Skieur (SES du Lt CHAPPAZ). Il skie…et amuse ses camarades de bivouac ! En 1945, il est rendu à la vie civile, et reprends librement le ski. 

 

ed Henri Oreiller 1948En 1946, il termine premier d’une course, à Megève. La même année, il entre dans l’équipe de France. Il est dans les trois premières places du Championnat de France de descente et de slalom. 

Son style peu conventionnel ne l’a pas empêché d’être sélectionné par l’équipe de France. James COUTTET en est le capitaine, l’entraîneur et le directeur… Henri n’aimait pas être encadré, mais COUTTET savait respecter et utiliser la personnalité de ses équipiers. Il reconnaissait à Henri le droit de sortir d’un académisme figé. Et il mettait à profit ses talents d’amuseur pour détendre l’ambiance parfois crispée du groupe.

 

En 1947, Oreiller est premier en descente, slalom et combiné de la Semaine Internationale de Chamonix, alors qu’il est à peine remis d’une fracture de la jambe ! 

 

Les J.O. de Saint-Moritz (1948)

 

Après la Guerre, c’est la reprise des JO en cette année 1948. Les derniers JO d’hiver ont eu lieu en Allemagne, à Garmisch Partenkirchen, en 1936. Emile ALLAIS y a été médaillé bronze en combiné et slalom, mais n’a pas été champion olympique (or).

 

XAADG082James COUTTET et Henri Oreiller sont donnés favoris de l’équipe de France pour l’épreuve de descente de Saint-Moritz. James COUTTET ne réussit pas son départ, et c’est son « élève » Oreiller qui va remporter l’épreuve de descente, dans des conditions extraordinaires. 

 

Déjà la veille de la course, un incident incroyable donne le ton. Oreiller, un tantinet rebelle, n’obéissait pas toujours aux directives de ses dirigeants fédéraux. Il avait refusé les skis neufs qu’on lui proposait pour courir, car il préférait utiliser ses vieux skis, des skis rouges. Las, la veille de l’épreuve, il ne retrouve pas ses vieux skis laissés devant l’hôtel. Par bonheur, ils sont retrouvés quelques heures plus tard : un Américain les avait emporté par erreur ! Juste avant le départ de la course, Henri est très confiant, et n’hésite pas à déclarer à ses concurrents : « Avez-vous déjà vu un champion olympique ? Alors regardez-moi… ».

 

Parti après James COUTTET, Henri Oreiller (dossard n° 9) va transformer un incident de course en exploit.

 

Paul GIGNOUX décrit en une page et demi de son livre «Ski sur les Alpes»(La Table Ronde) la course d’Henri. On peut résumer sa pittoresque description en quelques lignes : entre le premier et le second schuss, il fait une faute de carre, et pendant 20 mètres glisse sur un seul ski. A 78 km/h à l’endroit et au moment où il aurait du freiner. Là où tous ses adversaires ont esquissé un virage pour se ralentir, il file droit. Des spectateurs pensent qu’il va s’écraser au pied du mur. Il tient bon. «Ça passe ou ça casse. [...] et Ça passe !»

 

Oreiller réalise ainsi le meilleur temps, devançant de plus de 4 secondes le second concurrent, l’Autrichien Frans GABL. Le troisième est le Suisse MOLITOR. Son sens de l’équilibre a permis à l’ «Acrobate» Oreiller de transformer la contrainte (la faute de carre) en opportunité (une vitesse supérieure, heureusement contrôlée). 

 

Après l’arrivée de la descente, une autre péripétie surprenante, véritable défi au protocole ! Henri va consommer un chocolat chaud dans un lieu où règnent musique et danse : il y joue lui-même de son instrument préféré, l’accordéon…et oublie l’heure de la remise des médailles prévue entre deux périodes d’un match de hockey ! Cette entorse au protocole olympique est réparée une semaine plus tard, au moment de la remise de sa seconde médaille d’or, obtenue en combiné. Oreiller obtient aussi le bronze pour le slalom spécial. Il est le premier Champion Olympique Français de Ski Alpin (Descente et Combiné).

 

La fin de sa carrière de ski (1949/52)

 

Oreiller reste dans l’équipe de France jusqu’en 1952.

 

Parallèlement, il fait ses premiers essais en compétition automobile, des rallyes locaux. Il assouvit ses envies de voyage, notamment en direction du Japon et des USA, avec l’équipe de France de ski.

 

En 1949, il obtient trois places de premier (descente, slalom, combiné) lors de la coupe Harrimann aux USA. En 1950, il participe à une tournée de démonstration au Japon. 

 

La même année, il termine second au slalom de Mürren (Suisse) et il est quatrième au slalom géant des Championnats du Monde à Aspen (USA).

 

En 1952, il est champion de France en combiné. C’est sa dernière saison en équipe de France : il a 27 ans. Il quitte la compétition de ski en 1953.

 

La carrière Automobile (1949/50 et 1957/1962)

 

Sans attendre de renoncer à sa carrière ski, Henri Oreiller se découvre une autre passion, une passion pour la course automobile. Il exerce ses premiers essais dés le lendemain de sa victoire olympique, en 1949 et 1950. Puis sept ans plus tard, il a alors 32 ans, et se laisse dévorer par sa passion, pendant cinq années de courses effrénées, de 1957 à 1962.

 

Les premiers essais automobiles (1949/50)

 

Henri fait ses premiers pas de conduite automobile sportive en utilisant des voitures très diverses : traction avant Citroën, Bugatti (celle du Maire, le docteur Pietri ?) Dyna Panhard, DB, Talbot… En 1949, il est coéquipier du chambérien André Guilhaudin, sur Dyna Panhard (une voiture de petite cylindrée : 750 cm3), dans le Rallye du Mont Blanc.

 

En 1950, il est équipier de Marcel GELLON de Bourg Saint-Maurice, sur Talbot T120 ou T150, dans le rallye de l’Iseran. 

 

Les 19 et 20 Aout 1950, deux compères de Tarentaise partagent leur passion de l’Automobile en participant au Rallye de l’Iseran, rallye automobile local organisé par l’A.C.S. (Automobile Club de Savoie). Marcel GELLON, ancien mécanicien de marine, devenu le gérant de la cantine du chantier du barrage de Tignes, 33 ans, s’est adjoint un jeune équipier, célèbre depuis deux ans, Henri OREILLER, 25 ans, champion olympique de ski.

 

La voiture appartient à Marcel GELLON.C’ est une antique mais respectable TALBOT type 12O, appartenant à cette grande et noble famille des voitures classiques d’avant guerre : Bugatti, Delage, Delahaye (Marcel GELLON en possédera une)… le haut de gamme. La voiture à un moteur 6 cylindres et affiche une cylindrée supérieure à deux litres. Comme d’usage encore courant à cette époque pour ce type de voiture, elle a la conduite à droite. C’est un modèle décapotable, dont la forme de carrosserie, le dessin des ailes et le volume des phares trahie son âge et sa date de naissance : une bonne quinzaine d’année, soit une date de sortie d’usine vers 1935.

 

En 195O, cinq ans après la guerre, il y a encore pénurie d’automobiles : le délai pour obtenir une voiture neuve est souvent de l’ordre de deux ans. Aussi dans les compétitions automobiles de l’immédiat après guerre, on voit souvent des « grand-mères » automobiles côtoyer des jeunes voitures justes sorties des chaines de fabrication.

 

hf Henri Oreiller sur Circuit vers 1960Face aux Porsche et autres Jaguar, commençant à envahir les courses automobiles en France, la vénérable Talbot était handicapée par son poids et une tenue de route moins véloce.

Qui plus est, dans l’épreuve chronométrée du col de l’Iseran, elle connaît des ennuis de carburation dus à l’altitude et que la technique de l’époque maitrise mal. C’est sur 4 cylindres (sur les 6 que compte le moteur) que la voiture parviendra à monter. Ceci n’empêchera pas l’équipage GELLON OREILLER de terminer 3eme de sa catégorie, et de figurer ainsi au palmarès de la célèbre Ecurie Noire, basée à Lyon, et dont GELLON et OREILLER sont licenciés.

 

Marcel GELLON restera un amoureux des belles voitures, mais ne continuera pas dans la voie de la compétition.Henri quand à lui cours la même année, en Belgique sur BMW, a un accident et est sérieusement blessé (brûlures).

 

Pendant sept ans, de 1951 à 1957, il semble qu’Henri ne participe pas, ou moins, à des compétitions automobiles, sans doute en raison de ses entreprises commerciales en développement, et aussi de ses tentatives de production d’un spectacle de music-hall... en cabaret.

 heb Henri Oreiller écrivant sur Circuit vers 1960

Le temps fort de compétition automobile (1957/62)

 

En 1957, il remporte la catégorie Voitures de Tourisme améliorées du Rallye Mont Blanc Iseran, sur Alfa-Roméo. Pendant six ans, de 1957 à 1962, il court sur deux types de voiture, sensiblement plus performantes que celles de ses débuts, sept ans plus tôt : Alfa-Roméo et Ferrari.

 

La période Alfa Roméo (1957/1961)

 

iaa Oreiller page 214c 1959Plusieurs modèles seront utilisés, le plus souvent avec pour coéquipier Fernand Masoero, concessionnaire de la marque à Avignon. 

Ces voitures ont un moteur de 1300 cm3 seulement, mais le modèle le plus performant frôle les 200 km/h. Ces voitures conviennent bien aux rallyes, tels le Critérium Neige et Glace, le Tour de France Automobile, le Tour de Corse Automobile, le Rallye Lyon Charbonnières, la Coupe des Alpes, où Oreiller et Masoero seront le plus souvent engagés ensemble.

 

Dés 1959, soit à peine deux ans après sa rentrée dans le monde des rallyes, Henri est consacré Champion de France Tourisme des Rallyes, succédant au talentueux Bernard Consten, tenant du titre en 1958.

 

La période Ferrari (1961/1962)

 

C’est l’âge d’or de Ferrari qui accumule les victoires en circuits, notamment au Mans. Deux modèles très voisins seront utilisés : Ferrari 250 GT et Ferrari 250 GTO. Deux bêtes de course : conçues pour les circuits, mais aptes à être utilisées aussi sur route. Henri va effectivement utiliser la Ferrari en circuit, en course de côte et en rallye. Elles sont équipées de moteur 12 cylindres en V de 3 litres de cylindrée, d’une puissance de’300 CV. La Ferrari 250 GTO permettait d’atteindre 250 à 270 km/h selon les modèles. 

 

ig Oreiller Ferrari 250 GT 1962En rallye, Oreiller aura divers équipiers (dont Delalande et Schlesser). En cinq ans, Henri Oreiller a beaucoup progressé, et nourrit des ambitions. Il est pilote privé et souhaite se faire remarquer par un constructeur, pour sinon devenir pilote d’usine, pouvoir bénéficier au moins de contrats d’assistance. D’où sa frénésie de performances durant sa dernière année de courses, qui explique, en partie, son fatal accident.

      Andrea File0001e 1981 at the Modena Ferrari Raid

Le 7 octobre 1962, il figure parmi les treize concurrents de la Coupe du Salon se déroulant sur l’autodrome de Montlhéry. Il court sur Ferrari 25O GTO, «the best of cars». Après avoir été en tête un court instant, Oreiller est dépassé par le Suisse Edgard BERNEY, sur Ferrari 250 GTO également. Afin de suivre le rythme de BERNEY, Oreiller est constamment à la limite. Au 14e des 21 tours, alors qu’il s’apprête à dépasser un autre concurrent (le Belge « Remordu »), sa voiture se dérobe soudainement. Le pneu arrière droit vient d’éclater. Partie en dérapage, la Ferrari va s’écraser contre une cabane située en bordure de piste et servant d’entrepôt au matériel des pompiers.

Henri Oreiller expire avant d’arriver à l’Hôpital Cochin, dans les encombrements de la Porte d’Orléans. Il sera tout de même opéré. Mais le massage cardiaque pour tenter de le réanimer sera sans résultat.

 Andrea File0001d 1981 at the Modena Ferrari Raid

visitekaartje GP Zolder 1988

La Ferrari #3851GT accidentée a été remise en état et repeinte en rouge pour reprendre du service, elle appartient au FERRARI Maranello Rosso Museum http://www.maranellorosso.com, et a été vu sur de nombreux circuits dans les années 80, à découvrir le Forum http://www.ferrarichat.com

Plusieurs causes de l’accident seront invoquées :

- l’état médiocre du revêtement de la piste du circuit,

- la surchauffe des pneus provoquée par les nombreux blocages de roue dans la course poursuite,

- la rupture de rayons de roues,

- mais surtout l’utilisation de pneus usagés, mise en évidence par l’enquête.

- Une usure due à l’état du revettement de l’anneau évoquée dans l’article de Paris-Match voir l’encadré.

 

Le manque de chance, c’est la sortie de piste à un rare endroit où il y avait un obstacle. 

On peut penser qu’Henri super actif, n’avait pas eu le temps de penser à tout ce qui pouvait contribuer à sa sécurité.

 

En 1918, le pilote de chasse FONCK disait : « Le secret pour moissonner l’existence la plus féconde et la plus grande jouissance de la vie, c’est de vivre dangereusement ».

 

Deux séries de cérémonies accompagneront la disparition du regretté Henri Oreiller : une cérémonie organisée à Paris par le monde de l’Automobile, et ses funérailles à Val d’Isère, ou il repose dans le cimetière communal.

 

Henri Oreiller, une personnalité aux multiples facettes : un patriote, un fantaisiste, un artiste, un entreprenant

 

Un patriote

A 19 ans, il s’engage dans la Résistance, devenue Armée régulière après la Libération, et rejoint une unité d’élite, la SES Chappaz, qui poursuit le combat dans les Alpes, alors que le reste de la France respire la liberté de la Libération. Il y conduira notamment des missions d’agent de liaison entre Val d’Aoste italien et la Tarentaise. Jusqu’à la fin de la Guerre, en avril/mai 1945. Plus tard, il fera rarement état de cette période d’engagement armé. acb Henri Oreiller 1948

Un fantaisiste

Dés l’enfance, il a le goût des facéties. C’est un joyeux drille, un clown, rayonnant la joie de vivre. Moqueur et malin. Il ressemble à un grand acteur de l’époque : Fernandel. 

 

Le journaliste Philipe GAUSSOT relate une anecdote savoureuse où pour distraire l’attention des douaniers du Col du Tende, Henri n’hésite pas à improviser un strip tease, en bord de route, facilitant la contrebande de ses camarades de l’équipe de ski ! La fantaisie n’exclue pas le talent, les talents !

 

Un artiste

C’est un musicien, jouant surtout de l’accordéon ; mais aussi d’autres instruments : guitare, mandoline, piano, trompette, cor de chasse… Quand il ne dispose pas d’instruments, il organise un orchestre avec des casseroles !

 

Un entreprenant

Il aime le commerce, et après le ski de compétition, il crée une ligne de vêtements Les Créations Henri Oreiller, secondé par son épouse et son compagnon de route Raymond FREIHER, ancien membre de la SES du Lt CHAPPAZ et de l’équipe de France de ski. Dirigée par sa femme d’alors, l’entreprise continuera plus de 20 ans après son décès.

 

L’héritage d’Henri Oreiller

 

Le souvenir d’un homme simple, gentil, bon vivant, dynamique et direct. Méthodique, courageux et travailleur. Un exemple pour les jeunes de Val d’Isère, dont au moins trois ont assuré une relève brillante, et bénéfique pour la station, dans son domaine d’excellence : le ski. Un personnage hors du commun dans l’histoire du sport en France, dont la mémoire mérite d’être entretenue.

 

Jean-Pierre LOMBARD

lombard_jp@orange.fr



Emotion dans l’article de PARIS-MATCH du 20 oct 1962 après l’accident.

Paris match du 20 oct 1962 accident Henri Oreiller p10Paris match du 20 oct 1962 accident Henri Oreiller p11L

Dans un article paru dans PARIS-MATCH, le 20 oct 1962 après l’accident, on apprend quelques précisions sur les circonstances et sur Henri Oreiller. La Ferrari G.T.O. avait été achetée en commun avec Jo Schlesser pour participer notamment au tour de France Auto, auquel ils ont participé du 15 au 23 septembre et se sont classés second en catégorie GT, après 14 épreuves et plus de 5979 km de course. La Ferrari est argentée à ruban tricolore. L’accident à lieu au bout de 44km de course sur 70 à parcourir, au treizième tour avec treize partant au départ, le circuit utilisé  était le 3,340 km.  

 

Avant l’accident 2 incidents de course le concerne, après une dizaine de tours alors qu’il est en tête, il fait un tout droit au deux ponts avec un freinage violant, un peu plus tard il touche les botes de paille d’une chicane. Les auteurs de l’article mettent en cause l’état du revêtement qui use particulièrement les pneus. Il est probable que l’éclatement du pneu soit la conséquence d’une faiblesse du a un événement précédent et à une multitude d’éléments que la vitesse en haut de l’anneau à achevé de révéler. Les pneus utilisés avaient semble t’il à peine 500km au départ de la course, d’après un témoignage évoqué dans l’article. 

 

Sous la signature d’Olivier Merlin


 

Bibliographie : 

 

Val d’Isère

 

Histoire de Val d’Isère, Marcel Charvin, éditions du CNRS, 1979/2002

 

Quelques indications sur Henri OREILLER 

dans l’ouvrage de M. Charvin (chapitre 8, page 201) 

et dans l’Almanach Savoyard 2009 (pages 53 et 54)

 

Le ski

 

L’histoire fascinante des sports de neige en Savoie 1900-1940, 

Jacky Routin, éditions GAP, 1996 

[deux pages consacrées à Val d’Isère avant 1940]

 

 

L’encyclopédie du ski, Jean-Jacques Bompard, 

éditions Hermé La Martinière, 2005 

[trois pages consacrées à Henri Oreiller, 

pages 224 à 226, dont une magnifique photo]

 

L’Automobile

       Magazine Route Nostalgie n°25 Hommage à Henri Orreiller

Un siècle de Grands Pilotes Français 1895-1905, Maurice Louche, 

édit. Maurice Louche, 1995 [ouvrage en trois tomes regroupant les bibliographies des cent meilleurs pilotes automobiles français, dont Henri Oreiller, page 212 du 2e tome : cinq pages (dont trois de photos) présentant essentiellement sa carrière automobile]

 

Paris-Match d’octobre1962 Article Qu’est-ce qui a trahi Oreiller ?

Article Reportage de Jean Tesseyre, enquète de Florence Portes et Philippe Gaussot, l’article est signe O. M. 


Forum dédié à Ferrari

http://www.ferrarista.fr/forum-ferrari/index.php


 

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Published by Automobi - dans Témoignages
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commentaires

herve smagghe 13/05/2013 00:50


Me passer @, SVP, si intéressé, par des photos d'Henri Oreiller, et de lui avec Trautmann, ou Consten..


hervesmagghe@yahoo.fr