Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : blog pour la mémoire de l'autodrome
  • blog pour la mémoire de l'autodrome
  • : Sauvegarde de la mémoire de l'autodrome de Linas Montlhéry
  • Contact

Recherche

Texte libre

12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 17:28


A la sortie de la guerre, nombreux étaient les "sorciers" qui amélioraient les quelques mécaniques disponibles pour pouvoir reprendre la compétition à moindre coût. Certains, comme Gordini ou Deho, sont bien connus. D'autres sont demeurés anonymes et, pourtant, certaines de leurs réalisations méritaient de passer à la postérité. L'Autodrome de Montlhéry était, bien souvent, le théatre de leurs exploits.


Camille Bosvin est un de ces artistes méconnus dont le souvenir serait resté enfoui dans la mémoire de sa famille sans la présence d'esprit de son fils, Robert Bosvin, qui a renoué avec les anciens compagnons de son père et effectué des recherches exhaustives qui permettent, aujourd'hui, de reconstituer la vie et l'oeuvre de Camille Bosvin. Dans un petit livre richement illustré de photos inédites, "la 4CV Bosvin-Michel-Spéciale" paru chez Pixel Press Studio, Robert Bosvin nous donne tous les détails sur les diverses inventions et créations mécaniques de son père. Et celui-ci, très éclectique, s'intéressait aussi bien aux motos, dont l'une fut dotée d'un système de carburation par gazogène, qu'aux bateaux qu'il équipait parfois d'un moteur d'avion!



Mais, pour les amoureux de l'Autodrome, Camille Bosvin restera dans leur mémoire comme un des acteurs majeurs des courses de la fin des années cinquante. En effet, la principale réalisation de Camille Bosvin restera le prototype qu'il réalisera, au départ, sur une base de 4CV Renault,. Conservant l'architecture de la 4CV, Camille Bosvin s'applique à améliorer la mécanique dont il réalise la plupart des pièces, modifiant lui-même l'arbre à cames sur un simple tour! Quant à la carrosserie, elle est confiée aux frères Chappe, plus connus sous les noms de Chappe et Gessalin. Ce sont eux qui, tout au long de la vie de la BMS, seront responsables de la conception et réalisation de la carrosserie.



Dès l'origine la barquette devient une des vedettes de l'Autodrome. Engagée au XXIIème Bol d'Or en juin 1950 et conduite par son propriétaire, Guy Michel, elle termine quatrième au général et première de sa catégorie, Sport 750cc. Le résultat est plus que satisfaisant pour un prototype à peine sorti de l'atelier.



Cependant le concepteur et le pilote considèrent que la tenue de route de la BMS laisse à désirer et ne permet pas d'exploiter les ressources du moteur qui peut tourner à 7000 tmn! Camille Bosvin fait alors preuve de préscience. Il inverse le groupe motopropulseur et place le moteur en position centrale, la boîte de vitesses étant localisée à l'arrière de la voiture. Ce n'était pas la première voiture à moteur central, les Auto Union type A de 1934 avait montré la voie. Et Maurice Jeanson, concepteur des petites Benjamin, avait aussi déposé un brevet dans ce sens mais sans réalisation pratique.

Toujours sur base 4CV, mais avec son groupe inversé, la BMS est engagée aux douze heures de Paris en juillet 1950. Cinquante huit voitures sont au départ devant les tribunes de l'Autodrome. La tenue de route n'est toujours pas parfaite et le deuxième pilote, Jean Malleret, fausse un arbre de roue. Mais à cette époque, rien n'arrête les coureurs et les mécaniciens. Toute l'équipe se précipite dans le parking des visiteurs. trouve une âme compatissante, propriétaire d'une 4CV. On démonte l'arbre et on le remonte sur la BMS qui peut, ainsi terminer sa ronde. Elle terminera dix neuvième au général et cinquième de sa classe. Ce qui n'est pas mal pour une voiture qui aurait dû abandonner.

La BMS poursuit sa carrière sur l'Autodrome en terminant deuxième du groupe 1 aux Coupes du salon disputées le 8 octobre 1950. Il faut, tout de même, préciser que la BMS était aussi dernière des deux voitures ayant coupé la ligne d'arrivée. Mais le principal est de terminer les courses!

Déçu par la tenue de route de sa création, Camille Bosvin fait encore une fois oeuvre de novateur. Il conçoit un nouveau châssis tubulaire en tubes rectangulaires. Le soude et greffe le groupe propulseur et le train avant de la 4CV. Une nouvelle carrosserie en alliage léger, beaucoup plus élégante que la précédente, est réalisée chez les frères Chappe. Elle ne pèse que 47Kg. Comme le châssis ne pèse, quant à lui, que 18Kg le poids total de la voiture ne dépassera pas 420Kg. Celà lui permettait de dépasser les 170 km/h. La 4CV de série n'avait qu'à bien se tenir!

Cette nouvelle BMS rejoint son terrain de jeu préféré, le Bol d'Or. Mais, en 1951, celui-ci ne se déroule pas sur l'Autodrome mais à St Germain-en-Laye. Celà n'empêche pas Guy Michel de finir premier de sa catégorie et troisième au général après 2.126,332km.



Retour à Montlhéry le 9 mars 1952, mais cette fois ci pour la course de cote de Lapize. La BMS remporte sa classe à la moyenne de 79,12km/h. La coupe d'Or des voitures de 750cc, disputé sur le circuit de 3,5km, le 23 mars, lui est moins favorable, Guy Michel terminant troisième de cette course de 70km. Troisième course du mois, les Coupes de Vitesse, se disputent sur 100 km, le 30 mars. La BMS finit deuxième derrière la Dyna Panhard de Chancel.

Les efforts de Camille Bosvin et Guy Michel seront largement récompensés en 1952 par la victoire de la BMS lors du XXIVème Bol d'Or disputé, à nouveau, sur le circuit de Montlhéry, les 8 et 9 juin 1952. Face à des voitures disposant de moteurs d'une cylindrée plus importante, Guy Michel, avec son petit 750cc, pulvérise le précédent record en parcourant 2518,566km à la moyenne de 104,940km/h.

Il renouvelle l'exploit l'année suivante en remportant, à nouveau, le Bol d'Or 1953 disputé, le 7 et 8 juin, sur le circuit de 6,3km. Son record de 2,631,004km à 109,625km/h restera dans les annales puisque c'était la dernière fois que le Bol d'Or se disputait avec un seul pilote.

On reverra, une dernière fois, la BMS sur l'anneau de Montlhéry les 14 et 15 mai 1955 pour le Grand Prix des 24 heures de Paris où elle abandonnera.


Bien sûr on n'oubliera pas qu'il y a d'autres circuits que celui de Montlhéry! Et que la BMS s'y est aussi illustrée.
C'est ainsi qu'elle a couru, entre autres, le Grand prix de Reims des voitures de Sport 1952, les  Mille Miglia en 1953, 1954 et 1955, les 24 heures du mans 1954, les 12 heures de Reims 1953 et 1954, le Tour de France 1953 et 1954, les douze heures de Casablanca 1953, la Targa Florio 1955 ainsi que de nombreuses courses de côte et courses moins prestigieuses.

Voillà des hommes et une voiture qui ont fait partie de l'histoire de l'Autodrome et c'est tout l'intérêt du livre de Robert Bosvin, richement illustré de nombreuses photos inédites.


La 4CV Bosvin-Michel-Spéciale
Collection Mémoires Automobiles
Pixel Press Studio
BP1 78870 Bailly
84 pages, 142 photos, format 168 x 230 mm, ISBN 978-2-917038-04-8

Prix : 21.00 euros



L’auteur : Né en 1941, Robert Bosvin vient juste d’obtenir son certificat d’études primaires lorsque son père, Camille, décède. Sa famille souhaite le voir poursuivre les activités du garage familial, mais lorsqu’il obtient son CAP de mécanicien auto, le garage Bosvin-Granger a été vendu. Pendant cinq ans, il exercera son savoir-faire chez un agent Peugeot avant de partir effectuer son service militaire et d’intégrer le Crédit agricole au sein duquel il fera toute sa carrière, la formation interne lui permettant de passer du statut de guichetier à celui de... responsable d’agence. Désormais à la retraite, il consacre tout son temps libre à la Société d’archéologie et d’histoire du Berry et a mené de longues et patientes recherches pour raconter l’histoire de la voiture créée par Camille Bosvin. Une manière de mettre ses pas dans ceux d’un père trop vite disparu.

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires