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22 novembre 2008 6 22 /11 /novembre /2008 15:02

 

Ces manifestations qui ont donné lieu à 19 réunions à Montlhéry, et 2 à Satory ont un trait commun et particulier : elles ont toujours été strictement « amicales ».

 

Leur origine est due à un pur hasard, service rendu par des collectionneurs d'automobiles anciennes que j'avais réunis, à un directeur de l'U.T.A.C., responsable du circuit lequel en remerciement nous a offert d'utiliser le circuit une journée hors saison pour rouler librement à notre convenance.

 

Mon épouse, Hélène, et moi avons saisi cette opportunité, et amateurs de Bugatti nous avons décidé d'organiser quelque chose sous l'égide du Club Bugatti France auquel nous appartenions.

 

II a fallu choisir une date, et ayant consulté les archives météorologiques de l'Autodrome nous avons trouvé qu'il n'avait jamais plu à Montlhéry depuis cinquante ans le second samedi de mars, ce qui s'est pratiquement avéré exact, à l'exception d'une fois en fin d'après midi. Nous avions donc choisi ce deuxième samedi de mars.

 

Ensuite il fallait décider quoi organiser : ayant été membre de l'Automobile Club des Lions de Lucien Crapez qui avait créé les Coupes Fernandez à Montlhéry dans les années 50/60, en accord avec Lucien nous avons décidé de reprendre sa formule qui était de faire courir une épreuve de régularité pure sur plusieurs tours du circuit - c'est à dire que les participants devaient toujours être à chaque tour à la même seconde sur chaque point du circuit, les chronométreurs étant dissémines tour au long du parcours et chaque concurrent ignorant par quel chronométreur ses temps étaient relevés.

 

Nous n'avons pas voulu réserver ces plaisirs seulement aux Bugatti et avons décidé de recevoir les voitures contemporaines, par préférence à tendance de course ou de sport, car nous avons toujours pensé que si l'on considère telle Marque comme la meilleure, il faut la faire se rencontrer avec d'autres Marques pour justifier sa préférence !

 

De la première œuvre d'Ettore Bugatti, le tricycle à moteur qu'il avait conçu chez Prinetti et Stucchi en 1898 jusqu'à la Bugatti Type 251 sortie des usines en 1956 cela faisait beaucoup de contemporains, et donc de variété. Réunissant selon les années de 60 à 90 participants, nous faisions généralement trois séries : course et sport d'avant 1939, tourisme d'avant 1939, - autres voitures d'après 1940.

 

Nous avons d'abord voulu offrir des distractions pour le week-end. Le rendez vous était fixé le samedi matin porte Maillot, sur la voie privée du Palais des Congrès. Ce dernier moyennant quelques voitures participantes exposées dans les allées du Palais durant la semaine nous offrait un soir de la semaine un cocktail de presse, et un petit déjeuner pour tous les concurrents avant le départ pour Linas-Montlhéry.

 

 

Le matin se disputaient les essais ou chacun avait le loisir de prendre ses repères et de déterminer ses temps. Un traiteur ami, de Rouen, nous servait un repas de qualité, tente, parquet, chauffage, nappes et serviettes. L'après midi les épreuves chronométrées se déroulaient - et s'il restait du temps, les participants pouvaient encore tourner librement sur le circuit, mais peu profitaient de cette possibilité car ils trouvaient généralement qu'ils en "avaient assez fait".

 

 

Les dîners de gala et distributions de prix se déroulaient les premières années au Novotel de Saclay, puis en suite au Relais de Sceaux les Chartreux, où l'on passait la nuit car le dimanche matin on partait pour une randonnée touristique sous forme de Rallye Rébus, qui se terminait en début d'après midi dans un lieu agréable : le château de Villiers le Mathieu, puis le Château de Brécourt, une autre année le Prieuré de Cordoux et une dernière fois à l'Abbaye des Vaux de Cernay. André Damagnez était le spécialiste de ce type de manifestation pour lequel il inventait chaque année de nouvelles énigmes.

 

 

Cette formule sur deux jours a du être abandonnée lors d'une quelconque crise du pétrole, ou les rallyes sur route n'étaient plus de mise, et l'on a décidé de se retrouver directement sur l'Autodrome, d'avoir toute la journée pour courir, et de tout terminer par le dîner distribution des prix au relais de Sceaux les Chartreux. Le déjeuner "grand style" a aussi été abandonné au profit d'un repas plus simple servi par un traiteur de la région dans les stands de ravitaillement : beaucoup de participants nous avaient fait part de leur préférence pour cette forme de repas, plus rapide, qui laissaient plus de temps pour "tourner". II y avait aussi ceux qui aimaient mieux pique-niquer, et ils étaient nombreux sur Ie parc fermé et les pelouses de l'anneau. Une fois, il nous a été demandé d’ouvrir le parc dés six heures du matin pour y préparer un méchoui, ce qui nous a semblé ne pas devoir être accepté !

 

Pour réaliser ces réunions nous avions décidé de tout organiser tout au long de l'année en très petit comité, notre ami Andre Damagnez, - ancien membre de l'Automobile Club des Lions, ma femme et moi, et c'est seulement lorsque la manifestation s'approchait, et bien sur le jour même que l'on se faisait aider par la famille et les amis. Francis Damagnez, le fils d'André venait avec une douzaine de copains pour être commissaires de piste, Georges Lemmens, commissaire officiel de la F.F.S.A. nous prêtait amicalement son concours pour diriger les commissaires de pistes et les Chronométreurs, recrutés par mon fils Hervé qui avait conçu un programme informatique permettant d'annoncer les résultats à peine dix minutes après la fin de chaque épreuve. Nos amis rouannais, Jean et Monique Feray, Christian et Patricia Duhay aidaient avec efficacité à la réception des participants. N'oublions pas notre ami Michel Demantes et son camion de dépannage toujours omni présent pour aider les participants en difficultés.

 

D'autre part nous étions aussi aidés par un certain nombre de partenaires (je n'ai jamais voulu employer le terme de sponsor). Les 80 boutiques du Palais des Congres, la Compagnie d'Assurance la Concorde, devenue aujourd'hui Generali, les foulards Claude Boissy, Rochas grâce à notre ami Serge Hébert, dont les cadeaux étaient appréciés, notre ami Marcel Alves, directeur de sociétés de matériel d'incendie qui prenait en charge l'installation d'extincteurs tout au long du parcours. Total nous ouvrait son Bar, à gauche des stands, et l'U.T.A.C. mettait la tour de contrôle B.P. à notre disposition. Les seuls dont on payait les services étaient la Croix Rouge Française. Fort heureusement ni le service incendie, ni la Croix-Rouge n'ont jamais eu à intervenir.

 

Au parc fermé venaient également des bus et tentes publicitaires, le car de Carglass avec notre ami René Mayer, celui des Huiles Castrol qui sentaient bon le ricin, Henri Brillant spécialiste de la mise au point carburation allumage qui s'installait avec son camion atelier et rendait de multiples services à nos participants.

 

La presse spécialisée ne manquait pas d'être présente, et de se faire l'écho de nos réunions dans leurs colonnes, et nous recevions également des visiteurs de marque. Thierry Dubois et Jean-Marie Guivarch faisaient de nous le sujet de leurs dessins, Alain Mirgalet a réalisé une gravure, tirée a 80 exemplaires pour remettre aux concurrents du Xeme Bugatti a Montlhéry.

 

 

Lucien Crapez, fondateur de l'Automobile Club des Lions, et organisateurs des Coupes Fernandez dont nous nous étions inspirés nous avait fait le plaisir et l'honneur une année d'être avec nous sur le circuit et donner le départ de la finale.

 

Le président du Club Bugatti France est venu présenter sa Stanley des années vingt a vapeur. En 2000 nous avons aussi eu le plaisir de recevoir un de nos amis venu nous présenter et faire quelques tours de piste avec sa presque neuve Bugatti E.B. 110 produite a Campo Galiano par l'usine Bugatti recrée par la famille Artioli. Il a effectué ces tours, accompagné d'une meute de Bugatti Grand Prix, types 35 ou 37.

 

Coté «vétérans» a partir de 1995 le Club des Teuf-Teuf, et l'Amicale Grégoire (constructeur a Poissy) ont présenté quelques voitures contemporaines des premières Bugatti, et nous avons reçu la Type 13 du Museo di Rodo, ramenée de Tchécoslovaquie par Mr. Girod-Emery.

 

Bien qu'il s'agissait toujours de tourner en régularité sur le circuit de 3,3 Kms., on peut dire que chaque année il y avait quelque chose de nouveau. Lors de la quatorzième édition, un hélicoptère était venu a l’impromptu, et l'on avait voulu qu'il revienne de manière plus organisée pour le quinzième anniversaire que l’on voulait plus fastueux : l'U.T.A.C. ne nous a pas donné les autorisations nécessaires.

 

En fait après la dixième réunion Helene et moi souhaitions en rester là. Alors des voix se sont élevées pour reprendre l'organisation, et nous avons craint que «Bugatti à Montlhéry » devienne une affaire commerciale. Pour éviter toute discussion, nous avons fait savoir que nous continuons, et c'est petit à petit que mon successeur en assurance, le Cabinet Trans Europ Assurance Cérède, dirige par Antoine Blondet a repris en main l' organisation, alors que nous devenions des organisateurs honoraires.

 

II faut reconnaître qu'a partir de la quinzième année les choses n'ont pas été facilitées pour lui : il a repris le flambeau avec la même équipe de chronométreurs, de commissaires et a bien voulu nous considérer comme conseillers. Mais la Direction du Circuit ayant changé la partie administrative est devenue de plus en plus difficile à gérer. D'autre part nos partenaires sont devenus de moins en moins généreux, certains ont disparus, tout s'est compliqué jusqu'à arriver a un refus de location du circuit pour la vingtième édition.

 

 

Ce refus a été comme l'a écrit « La Vie de l'Auto » la rançon du succès : pour conserver le caractère amical et privé les visiteurs devaient se présenter avec des invitations que l'on distribuait a ceux qui en faisaient la demande. Hélas en 2003 plus de 6.000 visiteurs se sont présentes au contrôle, plus de la moitié étaient porteurs de photocopies de nos invitations dont on n'avait distribué que moins de 1.500 unités. C'est ce grand nombre de spectateurs gratuits qui a probablement motivé le refus de l'U.T.A.C, et pourtant avec la société de gardiennage que nous employions, on prenait soin de ne rien endommager, et de ne pas laisser de détritus. C'est a cette même époque que l'Autodrome de Linas-Montlhéry a cessé de recevoir les Clubs qui voulaient organiser des journées Automobiles.

 

Pour pallier à ce refus, nous avons tenté d'organiser nos réunions en d'autres lieux, et pendant deux années nous avons été reçu par l' Armée Française sur son circuit de Satory. Environ la moitié de nos habitués nous ont suivi, mais la même ambiance ne s'est jamais retrouvée ; c'est pourquoi en 2005 il a été décidé de mettre une fin aux « Bugatti à Montlhéry ».

 

Pendant presque vingt années nous avons pu réunir des amis pour prendre plaisir à rouler sur l'anneau de Montlhéry, tout en se replongeant dans l'ambiance de ce que Lamblin avait voulu être "La cité de l'Automobile" et qui en fait a été le théâtre des records, des courses, où se sont exprimés les plus grands pilotes du monde du milieu du XXeme siècle, là où leur mémoire reste gravée dans le béton de cette construction unique.

 

 

 

Aidés par de nombreux amis que l'on ne remerciera jamais assez, nous avons pu en toute amitié comme nous le souhaitions, faire respirer ce parfum historique qui se doit d'être immortel, celui de l'ambiance que seul pourra toujours dégager le mythique Anneau de Linas-Montlhéry.

 

Jean-Michel CEREDE

 

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Published by Jean-Michel CEREDE - dans VHC
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commentaires

grente yannick 02/03/2016 14:24

Bonjour.
N'étant pas propriétaire de Bugatti,mais passionné ,vous avez toujours su nous accueillir de façon amicale et sympathique,ces moments resterons toujours inoubliables pour moi.
Je vous en remercie par ce modeste message.

Guivarc'h 28/11/2008 22:31

Bonjour ,
Merci à vous Monsieur Cérède, à votre épouse et à tous vos complices de nous avoir organisé ces journées... je ne les oublierai jamais pour ma part ; les Bugatti, ainsi que leurs amies, sur l'anneau c'est tout simplement magique et je suis très heureux d'avoir pu faire partager ces moments intenses à mes enfants.
Mes petits crobards ont réalisés en toute simplicité ; c'était ma manière à moi de vous remercier de votre gentillesse.
Je n'ai rien d'autres à rajouter ; il me reste des photos, des odeurs, des images plein la tête et pour tout cela encore MERCI  ainsi qu'au teneur de ce blog indispensable.
Recevez chers amis mes amicales pensées.
Jean-Marie Guivarc'h
 

automobi 02/03/2016 21:28

Aux Coupe de Printemps sur l'autodrome un groupe de Bugatti rendra hommage à M. Cérède et au souvenir de ce rassemblement annuel.