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25 avril 2008 5 25 /04 /avril /2008 22:57


 1 - INTERVIEW de Frédéric MONCASSIN

  

 

- « Avant ce championnat de France, avais-tu déjà couru sur l’autodrome ?

- Oui, j’ai fait une autre course avant … Il me semble que j’ai couru dessus en 1990, quand j’étais chez Casto (l’équipe cycliste professionnelle CASTORAMA) … Je ne me rappelle plus du nom de l’épreuve (c’était « Les Boucles Parisiennes » - ndlr)

- Avais-tu fait de ce championnat un objectif ?

- Oui, bien sûr …

- L’ équipe était elle à ton service ?

- Oui, mais dans un championnat, on est une quinzaine par équipe et tout le monde veut gagner … Aussi, on fait par rapport à la course … Mais moi, j’en avais fait un gros objectif … En cas d’arrivée groupée, l’équipe avait dit « on fait tout pour Fred »

- Etais-tu sur place, la veille, as-tu été reconnaître le circuit ?

- Non, je n'ai pas été sur place. Il n’y avait pas besoin. On roule un coup sur le circuit, et c’est bon ... 

- Comment as-tu réagi à l’attitude de Pascal HERVE et Christophe AGNOLUTTO ?

- C’était leur rôle de ne pas rouler … J’avais l’air assez costaud … Ils ont vu un sprinter leur rentrer dessus, et ils se sont dit : " il faut pas rouler du tout. " ; ils ont fait leur boulot, voilà … C’était râlant pour moi, mais bon … 

- Comment as-tu vécu cette défaite, cela a été une grosse déception  ?

- Grosse déception … Très très grosse déception … Dans cette saison 1997, j’ai fait 17 fois deuxième, j’ai pas gagné une seule course, et je pense que çà a contribué à ma fin de carrière … Si j'avais été champion de France en 1997, j’aurai porté le maillot jusqu’à la saison 1998, çà aurait changé plein de choses … Surtout que c’était mon " poulain " Stéphane BARTHE. C’était moi, c’était moi qui l’avais fait passer pro, on s’entraînait ensemble. Et puis, çà faisait quelques années déjà que j’étais pro, ma huitième saison … J’étais content pour lui, bien sûr, en même temps je me suis dit : encore une année de gâchée … En fait, cette déception a contribué à précipiter ma fin de carrière. 

 



- Tu n’as plus eu par la suite l’occasion de gagner un autre championnat de France ?

- Non. L’année suivante, en 1998, à CLERMONT-FERRAND, j’étais pas au top. J’avais pris une grosse gamelle aux 4 Jours de DUNKERQUE, et je n’y ai pas été. En 1999, c’était encore à CLERMONT FERRAND, sur le circuit routier de CHARADE, et vu le circuit j’ai dit à Pascal SIMON et Cédric VASSEUR, mes équipiers : "  Ecoutez, les mecs : je fais la descente à bloc. Du coup, j’ai fais deux tours. Mais sur ce coup, de suite, c’est parti, et eux deux, ils font un et deux. "

- Je sais que tu es un passionné des motos, et que tu as fais du cross et des enduros.


- J’ai fait LE TOUQUET l’an dernier et deux DAKAR depuis que j’ai arrêté le vélo. J’aime les sports mécaniques : enduro, moto, cross … J’ai fait aussi le trophée ANDROS en voiture, en moto je fais des courses pour me faire plaisir. J’ai une HUSQVARNA, mon collègue, parrain de mon fils, a une concession HUSQVARNA. Et puis, je suis fou de vieilles motos … Je restaure une vieille HONDA 500 … Et j’ai un tas d’autres motos …
  »


 2 - INTERVIEW de Stéphane BARTHE

réalisée le samedi 19 Avril 2008

 

 


- « Avant de courir ce championnat de France, connaissiez vous l’autodrome de LINAS MONTHLERY ?

- Non, du tout … Je ne le connaissais pas …. Mon père m’en a parlé, il courait en amateur dans la région parisienne dans les années 70. Entre Temps, la famille était descendue dans le Sud, je ne connaissais pas du tout le circuit et sa réputation, notamment dans le cyclisme … Apparemment, j’ai été le premier champion de France sur ce circuit depuis presque quarante ans qu’il n’était plus organisé sur l’autodrome … Alors qu’auparavant, d’après ce que j’ai pu apprendre par la suite çà a été régulièrement un lieu de championnat … (bravo, Stéphane, un coureur qui s’intéresse à l’histoire du vélo, çà fait plaisir)

- Aviez vous fait une reconnaissance de ce circuit en vue du championnat  ?

- Oui, on fait dans ces cas là comme on procède quand on aborde un championnat, qu’il soit régional, national ou mondial … On va voir le parcours la veille, au minimum pour voir l’étendue du terrain, et les possibilités que l’on a sur ce circuit. Là, en l’occurrence, je me suis rendu compte que le parcours me convenait, c’est vrai, mais je n’allais pas tirer des plans sur la comète : je sortais d’une chute à la Route du Sud le lundi qui précédait l’épreuve, qui m’avait valu des points de suture au coude, donc je n’étais pas dans de bonnes dispositions pour y aller, n’étant pas convaincu de ma condition pour le lendemain … Je me suis présenté au championnat de France pour faire mon travail, ni plus ni moins. J’y suis allé plus par professionnalisme donc, plutôt qu’autre chose … Au final, je suis arrivé le jour de l’épreuve, sans aucune pression, tellement détendu que çà m’a réussi …

- Et ta blessure ne t’a pas handicapé plus que çà ?

- Non, je savais " gérer " le traumatisme de la douleur causée par des points de suture  durant l’effort (ceux là étaient à la pliure du coude) … Malheureusement, j’avais déjà connu cela avant … Et puis, quand on est en bonne condition, comme on dit dans le sport, " tout passe ".

- As-tu eu un déclic ce jour là ? Je veux dire as-tu eu l’impression à un moment que tu avais ta chance ?


Stéphane aux côtés de Frédéric MONCASSIN

 

 - Oui. En haut de la côte LAPIZE, dans le dernier tour (Stéphane se rappelle et détaille la topographie des lieux au mètre près … Un plaisir, je vous dis …) En fait, à ce moment là, quand Frédéric MONCASSIN est parti, vu que c’était mon copain, mais mon adversaire principal quand même … je ne sais pas … j’étais convaincu que le scénario ne pouvait pas se passer autrement … Je ne voyais pas d’autre issue … Enfin, je ne vais pas dire : «  je ne vois pas qui pouvait me battre ce jour là », parce que çà ferait prétentieux … Mais vraiment à ce moment … Tiens, peut être le footballeur qui sait qu’il va marquer ou le rugbyman qui est sûr de partir à l’essai, doivent ressentir la même chose … Bref, quand Frédéric MONCASSIN est parti, je me suis dit : " Là, il a perdu, et moi j’ai gagné ! ".

En plus, tout s’est enchaîné …. comme dans un rêve on va dire … Derrière, l’équipe de LA FRANCAISE DES JEUX a pris les choses en main pour Damien NAZON, son sprinteur. Moi, je n’avais plus qu’à suivre ! Comme on n’était plus que 27 (pas loin, impressionnant, la mémoire !), une certaine hiérarchie s’était dégagée, et on ne m’a pas trop " dérangé " ni trop " ennuyé " dans mon placement derrière ces coureurs là. 

- Il faut dire que la piste est large sur l’autodrome, çà doit faciliter la tâche ?

- Non (Il balaie mon pauvre argument) les routes ou les rues sur le TOUR DE France sont larges aussi. Et bien, même larges, il y a des gars qui ne sont pas sprinteurs, qui ne veulent pas prendre un « cachou » ou éviter la chute qui veulent se placer, les équipiers des sprinteurs qui veulent faire leur travail, et se placer reste compliqué même sur des routes larges. Ce jour là, on était moins nombreux. Et puis, une certaine hiérarchie s’était dégagée, et comment dire … un certain respect s’était instauré … Du coup, j’ai pu " faire mon sprint ".

D’abord, il y a eu Philippe BORDENAVE, mon équipier (on se connaissait depuis 1993 quand on courait ensemble à TARBES), qui m’a fait un travail EXCEPTIONNEL.

- Tiens, je ne me rappelle pas de cela !

- C’est vrai qu’il n’y a pas grand monde qui l’a vu ... d’autres coureurs dans l’équipe sont venus me féliciter après la ligne … Je ne citerai pas leur nom, d’abord parce que je ne m'en rappelle plus, ils ont été les premiers à me féliciter devant les caméras alors qu’ils n’ont rien fait pour moi …

Philippe par contre m’a protégé, abrité, afin que je reste dans la position que j’occupais. Je lui dois une grande partie de mon succès à ce monsieur. Il m’a protégé le plus qu’il a pu. C’est lui qui m’a dit : " Allez, vas-y ! " pour me faire suivre BROCHARD quand il a démarré (Richard VIRENQUE la ligne passée aura un regard noir pour le Sarthois – ndlr).

Quand BROCHARD est parti aux 500 mètres vent de face, là je me suis dit " c’est du pain béni ! ". J’ai vu un maillot blanc me remonter légèrement … Je me suis dit : " maintenant, c’est bon. " Je n'étais même pas sur le onze dents. J’avais encore une marge. Donc, j’étais sur le douze (54x12) quand j’ai lancé mon sprint dans la roue de BROCHARD. J’étais dans la retenue à 100 %. Pas du tout à fond. Et puis je mets le 11 dents et je déborde quand NAZON (le maillot blanc cité plus haut) était déjà plein vent avec " tout en bas " (donc obligatoirement sans plus aucune réserve) …

 



Je vous le dis : tout çà s’est passé comme dans un rêve. Ca a été un des sprints le plus facile paradoxalement par rapport au niveau et à l’évènement que j’ai gagné avec au mois de mars la même année l’étape BLAYE LES MINES – RABASTENS du Critérium International. Je n’en revenais pas. Surtout par rapport à ce qui m’était arrivé le lundi d’avant, et en plus le mauvais temps qui ne me convenait pas. Non, non, vraiment, çà a été la course dont on rêve, où tout s’enchaîne idéalement … 

 


Stéphane lors du Critérium International

 

- Avec le recul, ce championnat de France a été une bonne chose pour toi ?

-  Ca a été une bonne chose, mais je regrette de ne pas avoir eu alors l’encadrement d’un Tom BOONEN, par exemple, ou la maturité, parce que, à 24 ans, avec à peine six mois chez les pros (je venais de passer pro l’année d’avant, donc j’avais même pas une année complète), j’ai eu une mauvaise gestion du titre … C’est vrai que je n’étais pas attiré par les médias, la " pub ", le côté un peu clinquant du TOUR DE France … J’étais beaucoup plus intéressé par le sport, les résultats, le pied que je prenais à courir les épreuves auxquelles je participais. Mais tout ce qu’il y avait à côté, je l’abordais … mal.

 
Avec le recul, je crois que j’ai mal géré, j’ai trop mis de côté cet aspect du métier ; et puis, les gens qui m’entouraient alors ne savaient que me dire qu’il fallait que je me calme, que je fasse ceci et cela d’une façon qu’on ne veut pas entendre quand on est jeune coureur : c’était des directives, et je suis quelqu’un d’assez indépendant. Peut être un peu dur.

C’est vrai que j’ai apprécié le titre, mais d’un autre côté, il y a des fois où je me suis dit que j’avais l’impression d’avoir gagné le maillot de champion de France … junior ! Parce que, juste après mon titre, on ne me fait pas faire le TOUR DE France. Il paraît que je suis le 5ème champion de France dans ce cas. Ce n'est pas une fierté, loin de là … Au bout de la première semaine après le titre, je commençais déjà à déchanter. Après, il a fallu que je fasse des pieds et des mains pour aller aux championnats du Monde. Il a fallu la blessure d’Yvon LEDANOIS au Mondial de Saint Sébastien pour avoir ma place sur la ligne de départ. Sinon, je n’étais même pas remplaçant. Et alors, je me suis dit qu’il y avait quand même un manque de respect vis-à-vis de ce titre qui commence à devenir pesant. Et je n'ai pas trop compris pourquoi tout cela s’est accumulé la même année. Regardez, Richard VIRENQUE, qui a fait la carrière que vous connaissez : et bien, des années durant, il a couru après ce maillot, sans jamais l’obtenir ! Le titre, c’est une fierté ! D’autant qu’après, je l’ai conforté avec des victoires et des belles places d’honneur, je me suis mis en avant au cours des évènements importants de la saison. J’ai gagné avec le maillot tricolore sur le dos devant Erik ZABEL, c’est quand même des choses qui marquent, et cette reconnaissance là, la reconnaissance sportive, je l’ai cherchée, recherchée, et j’ai eu l’impression qu’elle n’était pas au rendez-vous… Au niveau sportif, car après, au niveau médiatique, encore une fois c’est vrai ma foi, que j’ai pas fait ce qu’il fallait … C’était volontaire, je le reconnais. 

- Mais ce titre, çà reste quand même un bon souvenir ?

- Ah oui ! J’ai vécu une année fabuleuse. Une année où, dès que j’allais au départ d’une épreuve, que ce soit une épreuve de Coupe du Monde ou un critérium, dès que je me présentais, c’était vraiment super. Ca m’a même « boosté » pour aller plus haut, dans des exercices comme les montées de col par exemple, où je ne suis pas trop à mon aise ; par exemple le jour où, dans PARIS NICE, l’étape était dure, je fais 2 derrière Andreï TCHMIL, et suis l’un des rares sprinteurs à terminer devant … çà c’est grâce au maillot … J’en ai même peut être trop fait, et trop couru cette année là. On laisse de l’énergie, des forces, parce qu’on veut être à la hauteur du maillot, et c’est normal … 


Sitôt la ligne franchie …

 

 

- Le soir du championnat, çà a été retour à la maison ou la fête entre copains ?

- Ce soir là, Vincent LAVENUE, mon directeur sportif, a organisé un " truc " à l’hôtel ou nous étions logés avec l’équipe CASINO. Mon ex-femme était restée à la maison à TOULOUSE ce jour là et on a fêté le titre avec l’équipe. Pour la plupart d’entre eux, dont le Directeur Sportif lui-même c’était une première.

D’ailleurs, Vincent LAVENUE me l’a dit que c’était son premier titre de champion de France. Il m’a dit aussi que je lui avais coûté trop cher. A peine descendu du podium, il me disait çà !

- Il n’y avait pas autre chose à dire en pareilles circonstances ? Car en plus, c’était une belle course ! 

- Mais oui. On l’annonçait plan-plan, ennuyeuse … Et il y a eu du mouvement. La dernière heure a été palpitante, l’issue a été incertaine jusqu’au bout. Moi, quand on m’en reparle de cette course, c’est toujours en bien. Beaucoup des gens qui viennent me voir me le disent. Jamais ils ne disent qu’ils se sont ennuyés devant leur poste de télévision cet après-midi là.

- C’est un championnat dont on se rappelle … Et il n’y en pas tant que çà …

- D’autant que j’y ai contribué un peu aussi … Comment dire … Avec ma naïveté de débutant, c’est que je disais en discutant avec Thomas VOECKLER, qui lui aussi a été champion national très jeune : le côté jeune qui débarque, le discours pas programmé, çà a plu. Beaucoup de gens m’ont félicité de mon côté " nature ", qui faisait du bien …»
 



Interviews réalisées par Patrick POLICE

http://francedernyetdemifond.com/



Je tiens tout particulièrement à remercier Stéphane pour son implication dans cette interview, pour sa disponibilité, et le souci du détail qu’il a tenu à apporter à chacune de ses réponses.

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Published by Patrick Police - dans Velo
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commentaires

oscar de ramassage 04/11/2008 22:41

BonjourCette interview a été réalisé en Avril 2008Cordialeme,t

Tiphaine 14/10/2008 08:28

Bonjour. J'aurai aimé savoir, s'il vous plaît,  de quelle année avait été faite l'interview de Frédéric Moncassin ?  -- Merci d'avance. Bonne continuation