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  • : Sauvegarde de la mémoire de l'autodrome de Linas Montlhéry
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24 novembre 2007 6 24 /11 /novembre /2007 14:49
Le créateur de l'autodrome de Linas Montlhéry est Alexandre Lamblin, il est né le 9 février 1885. Sa famille était originaire du Pas de Calais, lui est né à Ronchin dans le Nord, son père était brasseur, il avait 5 frères et 2 sœurs.
 
Pour plus de détails :
 
Généalogie visible sur http://titanne.free.fr/lamblin.php et http://www.geneastar.org
 
Après ses études dans le nord, il a travaillé dans l’aviation chez Breguet à Villacoublay et ensuite il a crée une fabrique de radiateurs de refroidissement (avec une technologie de son invention) pour avions et automobiles. Le fort développement de l'aviation pendant la guerre lui a permis une réussite rapide et confortable. Lui permettant par la suite de crée le journal "L'Aero-Sport".
 
Quand vers 1923, il décide, de relever le défit de la construction de l'autodrome, il est loin d'imaginer le destin qui l'attend.

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Il aboutit enfin en octobre 1924, après des travaux titanesques, mais, ce n'est qu'une première étape. Il se rend vite compte, que l'anneau est insuffisant, qu'il faudra lui ajouter une piste, pour pouvoir accueillir les grandes compétitions. Et pourtant il a déjà investi, toute sa fortune, 3 millions de francs. Il lui faut faire des appels de fonds, par émission d’actions. Un premier appel pour la création de la société anonyme "L'autodrome parc national des sports" s'élevait à 10 millions de francs en juillet 1924. 




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Devant le coût faramineux des travaux d'extension, une seconde émission d'actions sera nécessaire en octobre 1924 pour porter le capital à 20 millions de francs. Il y en aura encore d’autres par la suite.

La piste de l’anneau aurait coûté 5 MF, la piste routière 12 MF, et les aménagements 5 MF, au total l’ensemble des travaux auraient coûté 25 MF de l’époque. Les chiffres ultérieurs vers 1937 donnent plutôt : 6,5 MF pour les terrains, 14 MF pour la piste de vitesse, 24,5 MF pour la piste routière, soit un total de 45 MF.

Avec l'ouverture de l'autodrome, Lamblin atteint un grand prestige, et est au sommet de sa gloire.

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Voici l'avis prémonitoire que donnais Charles Faroux, en février 1924, dans la revue Très Sport, sur la rentabilité des autodromes :
« Chicago avait une piste excellente, remarquablement comprise; large, d'un développement suffisant, avec un relèvement rationnel. On y réalisa de remarquables performances, mais ce fut un gros échec financier; d'ailleurs, il n'y a pas d'exemple qu'un autodrome ait constitué une bonne affaire au voisinage immédiat d'une grande ville; les faillites de Londres, New-York, Chicago, San Francisco et Berlin sont d'une grave éloquence. La chose parait paradoxale; elle est très normale si on veut réfléchir. Prenez Paris par exemple: un Grand Prix automobile n'y peut avoir lieu qu'un dimanche et on ne peut y courir qu'en belle saison. Ce jour-là, il y aura ou le Grand Steeple ou le Derby à Chantilly ou le Grand Prix hippique à Longchamp; trois vélodromes joueront et d'innombrables réunions athlétiques sollicitent les gens de sport. La clientèle n'est pas illimitée. En outre, à Paris, comme à Chicago ou à Londres, la question atmosphérique joue un rôle considérable; vingt ans d'expériences l'ont prouvé; il pleut un dimanche sur deux...»
 
Malgré un succès populaire incontestable qui fait déplacer des foules pour les plus grands évènements. Très vite le circuit s’avère non rentable. Les courses secondaires attirent peu de mode. Et les charges permanentes, son trop lourdes. La société de l'autodrome fait faillite le 13 janvier 1928 soit moins de 4 ans après l’ouverture, elle était débitrice d'environ 1 300 000 Fr envers la BNC.
 
Un syndic M. Rempler, est nommé, pour permettre la continuité de l’activité, mais les choses traînent en longueur sur plusieurs années. La période n'est pas propice pour sauver l'autodrome. La perte de confiance due à la crise boursière de 1929 au USA, affecte la consommation et les investissements en France au début des années 30. Les investisseurs ne peuvent plus rembourser et causent des pertes sèches, ce qui conduit les banques à restreindre leur crédit. Les grandes entreprises connaissent alors des difficultés de trésorerie croissantes. Les plus faibles font faillite, ce qui accroît la fragilité des banques. Un très grand nombre de constructeurs automobiles n'y survivront pas.
 
Cette faillite entraîne des difficultés chez les sociétés qui ont participé à la réalisation de la piste routière, et qui n'ont pas été payées. Par exemple la faillite de l’autodromeempêchera la SGE de tirer profit du succès de son département émulsions.
 
En 1930 M. Lamblin tombe malade. Il est obligé de liquider sont journal « Le Sport » (anciennement Aéro-Sport). En 1931, il a encore un peu l’espoir de trouver une solution pour l’Autodrome. Il contacte la revue du MCF pour relancer la souscription pour un monument en souvenir du pilote Ascari, malgré sa situation financière personnelle très difficile, il propose d’y contribuer personnellement. Il essaye désespérément de trouver des soutiens, mais toutes les portent se ferment devant lui, et sa maladie limite ses possibilités de réaction. Elle est probablement la conséquence, des tracas engendrés par sa situation.

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Finalement il décède des suites de sa maladie à l’age de 48 ans en 1933, au Touquet, ruiné sans avoir réussi à trouver les aides et les soutiens suffisants pour relancer l’Autodrome. Il avait eu 2 enfants Christian et Michel Lamblin. Sa famille restera démunie, il a tout perdu, même les brevets sur ses inventions. C'est le propriétaire de la villa où il résidait au Touquet qui a déclaré à la mairie son décès. 
 
 
Il repose désormais dans le cimetière de Ronchin dans le Nord.

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La mairie de cette ville est établie dans l'ancienne maison de la famille Lamblin surnommée "le château Lamblin".

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Sa fin est à rapprochée de celle tout aussi terrible d'André Citroën, qui à la même période, finira ruiné et malade, dans des conditions similaires.
 
Avec l’aide de grandes firmes liées à l'automobile, qui vont l'utiliser la piste pour la mise au point de leurs voitures, un entretien sommaire va pouvoir être apporté au circuit, ce qui permettra d'y organiser le Grand Prix de l'ACF de 1931, puis ceux de 1933 à 1937. 
En 1938 l’autodrome est sur le point d’être vendu par lots en liquidation judiciaire. Sous la pression de personnalités civils et militaires et à la suite d'une grande campagne médiatique, le Ministère de la Défense, qui utilisait aussi ce circuit pour former ses conducteurs et motocyclistes, se porte acquéreur du domaine de l’autodrome pour éviter un morcellement et sa disparition. L’état déboursera en 1939 12 MFr pour cet achat. 

Archives :
Il existe des archives de cette faillite au Centre des archives du monde du travail à Roubaix, référence du dossier : Autodrome (L') : 703 d.1., qui contiennent les dossiers d'une des banques créditrices. Mais malgré une demande écrite à cette banque, l'accès au dossier nous à été refusé.
 

Remerciement à Bruno qui c'est déplacé à Ronchin et au Touquet pour prendre ces photos.

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Published by P. Pannetier - dans autodrome
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commentaires

Adri 24/11/2007 20:21

P'tit coucou...+++