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14 novembre 2007 3 14 /11 /novembre /2007 22:52
Journal Match l'Intran (article d'époque)
 
AUTOROME DE MONTLHERY.
Grand Prix de l'A.C.F. 30 juin 1936
 
Enfin, la Marseillaise a retenti à Montlhéry. Il y avait bien longtemps qu'il ne nous avait pas été donné de l'entendre à la fin d'un Grand Prix de l'Automobile Club de France !
 
Vous me direz que l'on pouvait s'y attendre, puisque la majorité des trente-huit voitures qui prirent le départ portaient des couleurs françaises. C'est un fait ; mais, répétons-le, une victoire française, et surtout une victoire comme celle-ci, ne doit pas nous laisser indifférents, car elle a une toute autre signification que celles que, peuvent remporter un peu partout, en Europe, les   constructeurs allemands et italiens.
 
Je suis d'autant plus à l'aise pour parler de cette formule que je préfère - mais ceci entre nous - les courses de vitesse pure. Mais venons aux faits.
 
Dans ce Grand Prix des voitures de sport de l'Automobile Club de France, qui se disputait dimanche sur mille kilomètres du circuit routier de Montlhéry, il n'y avait, comme son nom l'indique, que des voitures de sport. Entendez par là des voitures que l'on peut acheter pour un prix normal chez l'un ou l'autre des constructeurs qui participèrent à la Course, puisque le règlement prévoit que ces mêmes constructeurs sont tenus de sortir un minimum de vingt voitures du même modèle. Ce ne sont ni plus ni moins que des voitures de série, un peu plus rapides que les autres. Elles n'ont rien de commun avec les bolides qui dépassent le 300 à l'heure et qui coûtent pour, la fabrication une fortune. Elles ne consomment que trente litres de carburant - un carburant que l'on trouve dans le commerce - et non cinquante ou soixante litres d'un mélange dont le prix d'achat est terriblement élevé. 

match-l-intran-n--520-30juin1936-int10L.jpg
 
Tout ceci pour faire la comparaison que je suis amené à faire : la vitesse moyenne qui a été réalisée dimanche par le vainqueur, Jean-Pierre Wimille, qui conduisait une Bugatti, est proprement stupéfiante, puisqu'elle est supérieure, pour ces mille kilomètres d'un parcours très accidenté,à 125 Km 200 ! Les voitures de course auraient-elles fait tellement mieux ? Rappelons que, dans le dernier Grand Prix de l'Automobile Club de France, ancienne formule, trois voitures seulement terminèrent, le circuit étant alors de cinq cents kilomètres et non de mille. Sur une distance double, combien en serait-il resté ? Aucune, très probablement. Alors que, dimanche des trente-six voitures qui prirent le départ, vingt-cinq ont été classées. Le déchet est donc insignifiant.
 
Pour en terminer avec cette comparaison, j'ajouterai que si le règlement pouvait, comme on l'espère, être modifié afin d'amener la suppression des ailes et des phares, certaines de ces voitures pourraient, sur ce circuit, faire aussi bien, sinon mieux, que certaines voitures de course victorieuses il y a deux ans.
 
Nous devons donc féliciter l'Automobile Club de France d'avoir orienté les constructeurs vers une formule de compétition utilitaire.

match-l-intran-n--520-30juin1936-int11L.jpg
 
Des espoirs qui s'affirment
 
Il nous faut maintenant parler du coureur Jean-Pierre Wimille, qui, bien secondé, il est vrai, par une voiture plus rapide, a été admirable. C'est un très grand champion, un homme d'une classe un peu supérieure, qui avait confiance dans sa voiture.
 
Pour vaincre, il dut faire presque constamment le forcing, en ce sens que, par trois fois, il fut en tête et qu'à chaque fois, un léger ennui lui faisait perdre le terrain gagné.
 
Sur la fin de la course, il fut extrêmement sage, en se contentant de la légère avance qu'il avait prise sur Mich Paris.
 
Raymond Sommer, qui le relaya, fut, lui aussi, à la hauteur de sa tâche. Peut-être manqua-t-il, au début de la course, de ce mordant qui le caractérise. Lorsqu'il eut mieux sa Bugatti en main - il ne la connaissait pas suffisamment - il redevint lui-même.
 
Mich Paris, qui réalisait une excellente équipe avec Mongin, termina second, très près de Wimille. Le jeune coureur indépendant de Delahaye a confirmé ce que nous avons pensé de lui au lendemain des trois heures de Marseille. Sa seconde place n'est pas due à la chance, mais bien aux qualités de l'équipe, qui ne fut jamais surclassée.
 
Mais si Bugatti a été vainqueur, Delahaye peut se vanter d'avoir amené le plus grand nombre de voitures dans les premières places, puisque, en troisième position, on retrouve l'équipe Robert Brunet-Freddy Zehender, qui a fait une course aussi belle que possible; en quatrième position, Shell-Carrière, qui furent tout aussi brillants. Enfin, Albert Terrot-Dhome amenèrent en cinquième place la quatrième voiture Delahaye.
 
Puis c'est la série des malchanceux, Des hommes qui furent brillants pendant la course perdirent du temps pour des futilités, souvent à leur ravitaillement, comme l'équipe Veron-William sur Bugatti, Villeneuve-Viale sur Delahaye, Heldé-Nime sur Talbot, René Dreyfus-Bradley sur Talbot, qui tous auraient mérité infiniment mieux. René Dreyfus, en grand champion, battit le record du tour, qu'il amena à 133 Km 889, cependant que Heldé, qui avait fait un départ très prometteur et qui avait toutes les raisons de penser qu'il ne terminerait pas trop loin du premier, perdit tout espoir en perdant près de trente minutes à son stand de ravitaillement.
 
Il en a également été ainsi pour l'équipe de Talbot André Morel-Chinetti, qui se classèrent dixièmes à cinq tours.
 
Danniell et Maric ne firent sans doute pas d'étincelles, mais ils se classèrent onzièmes, alors que l'équipe Albert Divo-André Girod sur Delahaye, qui a fait une course extrêmement méritante, a, elle aussi, été battue ... au ravitaillement, de même que Robert Benoist-Philippe de Rothschild.
 
Jean Trévoux et Macluse se sont relayés au volant d'une petite Riley et se sont classés premiers dans la catégorie de 750 cmc à deux litres. La victoire fut d'autant plus facile que les pilotes allemands s'étaient retirés. Van der Beck et Dolls, également sur Riley, se sont classés seconds. Dans cette même course, il faut souligner la belle course d'ensemble que firent les équilles Fiat, lesquelles étaient handicapées par une faiblesse de cylindrée de leur moteur. Dans la catégorie de cylindrée supérieure à 4 litres, les frères Leoz, au volant de la puissante Lagonda, terminèrent premiers devant Trintignant, sur Hudson.
 
Lehoux a dû abandonner et Colas dut sauter en vitesse de sa voiture en flammes.
 
En résumé, ce Grand Prix de l'Automobile Club de France a été, je ne dirai pas passionnant, mais plaisant à suivre, bien que la distance soit un peu longue, à notre avis.
 
Georges Fraichard.
 
LE CLASSEMENT
 
1. J.-P. Wimille-Sommer (Bugatti), sur pn. Dunlop, les 1000 km. en 7 h 58' 53" 1/10 ; moyenne 125 Km 288 ;
2. Mich-Paris-Mongin (Delahaye), en 7 h 59' 44" 2/10 ; moyenne 125 Km 068 ;
3. Brunet-Zehender (Delahaye), en 8 h 25" 6/10; moyenne 124 Km 888 ;
4. Schell-carrière (Delahaye), à un tour ;
5. Perrot-Dhome (Delahaye), à 2 tours ;
6. Veyron-Williams (Bugatti), à 4 tours ;
7. Villeneuve-Viale (Delahaye), à 4 tours ;
8. Heldé-Nime (Talbot), à 4 tours ;
9. Dreyfus-Bradley (Talbot), à 5 tours ;
10. Morel-Chineti, (Talbot), à 5 tours ;
11. Danniell-Maric, (Delahaye), à 6 tours;
12. Divo-Girod (Delahaye), à 7 tours; 13. Benoist-de Rothschild (Bugatti), à 7 tours ;
14. Trévoux-Macluse (Riley), à 9 tours, premiers du groupe 1. 

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Published by P. Pannetier - dans courses
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