Texte libre

Ce blog réalisé par l' Association Patrimoine Sportif et Mécanique est dédié à la mémoire de l'autodrome de Linas/Montlhéry et vise à sensibiliser sur l'importance de ce haut lieu du patrimoine automobile mondial. 

Hors de toutes polémique sur son utilisation, nous tentons de mobiliser les personnes et les organisations sensibles à l'importance de la mémoire de ce lieu, pour essayer de mettre en place un lieu de mémoire et d'échange d'information sur son histoire et pour préserver les archives et la mémoire de ce lieu mythique.

Ce blog est ouvert à tous ceux qui veulent contribuer à cette noble cause, nous publions ici toutes les informations qui pourront être en relation avec cet autodrome et les personnages qui y sont liés.

Vous pouvez vous aussi apporter vos témoignages, informations, et documents pour alimenter cette mémoire. Il est important que tous participent, selon leurs possibilités. Les médias peuvent aussi participer avec nous à cette démarche.

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Pascal Pannetier 

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Présentation

Samedi 24 novembre 2007
22-SEPT-1931-petit.jpgMatch l'Intran 22 septembre 1931 (article d'époque)
 
L'autodrome de Montlhéry recevait dimanche les cyclistes et les motocyclistes. Parce que les motocyclistes disputaient les premiers leurs championnats de France, il nous fallut attendre le départ des cyclistes et le Critérium des Comingmen se termina assez tard. Pourtant, les concurrents avaient fait diligence, malgré un vent assez sérieux, malgré aussi quelques erreurs dans les services d'entraînement. Leurs camarades des clubs qui les entraînent ne sont pas très habitués à ce travail et comme les groupes comptaient parfois une centaine d'unités, il en résulta quelques cafouillages d'abord et d'assez nombreuses chutes ensuite. Aux dires d'ambulanciers, jamais pareille tâche n'avait été imposée à l'ambulance. On pansa une trentaine de jeunes petits gars qui s'en tirèrent tous à très bon compte et qui étaient un peu fiers peut-être de pouvoir se montrer avec des pansements impressionnants. « C'est le métier qui rentre », comme disait l'un d’eux.
 
Sur trente concurrents partis, il en restait neuf en course - nous voulons dire par là, capables de prendre part à l'arrivée - au dernier tour, et la course se termina au sprint.
 
Elle est fort intéressante, cette épreuve, et Paris-Sportif, qui l'organise depuis quelques années, a eu une excellente idée en réunissant celui qui doit être le meilleur coureur de chaque club dans une épreuve assez dure et avec l'entraînement de camarades qui font parfois mal parce qu'ils veulent faire trop bien. On a trouvé là un moyen de développer cet esprit de club si important dans les compétitions routières de l'année. On l'a vu du reste, par les résultats obtenus par certain club chez lequel cet esprit est plus puissamment développé que chez d'autres, parce qu'il est la résultante d'une vie que l'on peut dire familiale.
 
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Il est fort possible d'ailleurs que si pour une raison quelconque - et il en est de nombreuses - les courses sur route du dimanche, voyaient l'arrivée d'un veto qui interdirait la route aux cyclistes dans le cas de compétition, l'autodrome serait là qui permettrait de courir moins d'épreuves peut-être, mais de fort intéressantes cependant, si on voulait bien se donner la peine d'en étudier les formules.
 
Nous croyons bien que les épreuves disputées sur la piste routière de Montlhéry, parce qu'elles exigent un effort constant, sont de nature à mettre en vedette les moyens certains que possèdent quelques coureurs qui ne savent pas toujours les utiliser sur la route.
 
C'est Lucien Weiss, des Halles Sportives, qui a gagné très nettement au sprint devant Caudal, de l'A.C.B.B., et Noret du C.S.I. Il a gagné avec une telle facilité que l'on doit voir en lui un coureur capable de remporter des victoires plus importantes. Il a gagné sagement, ne commençant son effort qu'à la mi-course et c'est peut-être l'empressement mis par Peuziat et Noret à faire en tête les premiers passages qui les a privés de ressources à l'arrivée.
 
Aucun des concurrents n'a tenté de s'échapper. Il faut reconnaître que l'échappade est difficile lorsque les entraîneurs ne sont pas particulièrement dressés à leur besogne spéciale. On aurait pu penser toutefois que Noret et Peuziat, qui paraissaient encore au septième passage, posséder des ressources suffisantes, joueraient leur chance, dans le dernier tour de la piste routière. Ils n'ont pas osé.
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Une dizaine de concurrents ont été mis hors course par des chutes ou des crevaisons. Une dizaine d'autres ne pouvaient avoir de prétentions et devaient s'en rendre compte dès les premiers tours. Il est donc resté un tiers des partants pouvant terminer la course honorablement.
           
La moyenne, dépassant 38 kilomètres à l'heure, est en somme excellente si l'on tient compte des conditions atmosphériques peu favorables. On a fait mieux mais par des temps meilleurs. A-t-on vu dans cette épreuve quelques coureurs ayant la classe d'un Choury, d'un Brossy ou d'un Peix ? C'est ce que l'avenir nous dira. Convenons d'ailleurs que des trois noms que nous venons de citer et qui sont ceux de coureurs ayant gagné le critérium des Comingmen sont portés par des pistars qui ont compris assez rapidement que la piste présentait sous bien des rapports beaucoup plus d'intérêt que la route. C'est pour cela que nous ne pensions pas que le lot de nos As de la route pourrait s'augmenter de quelques-unes des unités terminant en bonne place ce critérium des Comingmen qui avait rassemblé sur l'autodrome de Montlhéry quelque 5000 spectateurs. C'est un beau résultat et qui dit, une fois de plus, combien le sport cycliste est populaire.
 
René Bierre

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par P. Pannetier publié dans : Velo
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Samedi 24 novembre 2007
Le créateur de l'autodrome de Linas Montlhéry est Alexandre Lamblin, il est né le 9 février 1885. Sa famille était originaire du Pas de Calais, lui est né à Ronchin dans le Nord, son père était brasseur, il avait 5 frères et 2 sœurs.
 
Pour plus de détails :
 
Généalogie visible sur http://titanne.free.fr/lamblin.php et http://www.geneastar.org
 
Après ses études dans le nord, il a travaillé dans l’aviation chez Breguet à Villacoublay et ensuite il a crée une fabrique de radiateurs de refroidissement (avec une technologie de son invention) pour avions et automobiles. Le fort développement de l'aviation pendant la guerre lui a permis une réussite rapide et confortable. Lui permettant par la suite de crée le journal "L'Aero-Sport".
 
Quand vers 1923, il décide, de relever le défit de la construction de l'autodrome, il est loin d'imaginer le destin qui l'attend.

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Il aboutit enfin en octobre 1924, après des travaux titanesques, mais, ce n'est qu'une première étape. Il se rend vite compte, que l'anneau est insuffisant, qu'il faudra lui ajouter une piste, pour pouvoir accueillir les grandes compétitions. Et pourtant il a déjà investi, toute sa fortune, 3 millions de francs. Il lui faut faire des appels de fonds, par émission d’actions. Un premier appel pour la création de la société anonyme "L'autodrome parc national des sports" s'élevait à 10 millions de francs en juillet 1924. 




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Devant le coût faramineux des travaux d'extension, une seconde émission d'actions sera nécessaire en octobre 1924 pour porter le capital à 20 millions de francs. Il y en aura encore d’autres par la suite.

La piste de l’anneau aurait coûté 5 MF, la piste routière 12 MF, et les aménagements 5 MF, au total l’ensemble des travaux auraient coûté 25 MF de l’époque. Les chiffres ultérieurs vers 1937 donnent plutôt : 6,5 MF pour les terrains, 14 MF pour la piste de vitesse, 24,5 MF pour la piste routière, soit un total de 45 MF.

Avec l'ouverture de l'autodrome, Lamblin atteint un grand prestige, et est au sommet de sa gloire.

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Voici l'avis prémonitoire que donnais Charles Faroux, en février 1924, dans la revue Très Sport, sur la rentabilité des autodromes :
« Chicago avait une piste excellente, remarquablement comprise; large, d'un développement suffisant, avec un relèvement rationnel. On y réalisa de remarquables performances, mais ce fut un gros échec financier; d'ailleurs, il n'y a pas d'exemple qu'un autodrome ait constitué une bonne affaire au voisinage immédiat d'une grande ville; les faillites de Londres, New-York, Chicago, San Francisco et Berlin sont d'une grave éloquence. La chose parait paradoxale; elle est très normale si on veut réfléchir. Prenez Paris par exemple: un Grand Prix automobile n'y peut avoir lieu qu'un dimanche et on ne peut y courir qu'en belle saison. Ce jour-là, il y aura ou le Grand Steeple ou le Derby à Chantilly ou le Grand Prix hippique à Longchamp; trois vélodromes joueront et d'innombrables réunions athlétiques sollicitent les gens de sport. La clientèle n'est pas illimitée. En outre, à Paris, comme à Chicago ou à Londres, la question atmosphérique joue un rôle considérable; vingt ans d'expériences l'ont prouvé; il pleut un dimanche sur deux...»
 
Malgré un succès populaire incontestable qui fait déplacer des foules pour les plus grands évènements. Très vite le circuit s’avère non rentable. Les courses secondaires attirent peu de mode. Et les charges permanentes, son trop lourdes. La société de l'autodrome fait faillite le 13 janvier 1928 soit moins de 4 ans après l’ouverture, elle était débitrice d'environ 1 300 000 Fr envers la BNC.
 
Un syndic M. Rempler, est nommé, pour permettre la continuité de l’activité, mais les choses traînent en longueur sur plusieurs années. La période n'est pas propice pour sauver l'autodrome. La perte de confiance due à la crise boursière de 1929 au USA, affecte la consommation et les investissements en France au début des années 30. Les investisseurs ne peuvent plus rembourser et causent des pertes sèches, ce qui conduit les banques à restreindre leur crédit. Les grandes entreprises connaissent alors des difficultés de trésorerie croissantes. Les plus faibles font faillite, ce qui accroît la fragilité des banques. Un très grand nombre de constructeurs automobiles n'y survivront pas.
 
Cette faillite entraîne des difficultés chez les sociétés qui ont participé à la réalisation de la piste routière, et qui n'ont pas été payées. Par exemple la faillite de l’autodromeempêchera la SGE de tirer profit du succès de son département émulsions.
 
En 1930 M. Lamblin tombe malade. Il est obligé de liquider sont journal « Le Sport » (anciennement Aéro-Sport). En 1931, il a encore un peu l’espoir de trouver une solution pour l’Autodrome. Il contacte la revue du MCF pour relancer la souscription pour un monument en souvenir du pilote Ascari, malgré sa situation financière personnelle très difficile, il propose d’y contribuer personnellement. Il essaye désespérément de trouver des soutiens, mais toutes les portent se ferment devant lui, et sa maladie limite ses possibilités de réaction. Elle est probablement la conséquence, des tracas engendrés par sa situation.

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Finalement il décède des suites de sa maladie à l’age de 48 ans en 1933, au Touquet, ruiné sans avoir réussi à trouver les aides et les soutiens suffisants pour relancer l’Autodrome. Il avait eu 2 enfants Christian et Michel Lamblin. Sa famille restera démunie, il a tout perdu, même les brevets sur ses inventions. C'est le propriétaire de la villa où il résidait au Touquet qui a déclaré à la mairie son décès. 
 
 
Il repose désormais dans le cimetière de Ronchin dans le Nord.

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La mairie de cette ville est établie dans l'ancienne maison de la famille Lamblin surnommée "le château Lamblin".

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Sa fin est à rapprochée de celle tout aussi terrible d'André Citroën, qui à la même période, finira ruiné et malade, dans des conditions similaires.
 
Avec l’aide de grandes firmes liées à l'automobile, qui vont l'utiliser la piste pour la mise au point de leurs voitures, un entretien sommaire va pouvoir être apporté au circuit, ce qui permettra d'y organiser le Grand Prix de l'ACF de 1931, puis ceux de 1933 à 1937. 
En 1938 l’autodrome est sur le point d’être vendu par lots en liquidation judiciaire. Sous la pression de personnalités civils et militaires et à la suite d'une grande campagne médiatique, le Ministère de la Défense, qui utilisait aussi ce circuit pour former ses conducteurs et motocyclistes, se porte acquéreur du domaine de l’autodrome pour éviter un morcellement et sa disparition. L’état déboursera en 1939 12 MFr pour cet achat. 

Archives :
Il existe des archives de cette faillite au Centre des archives du monde du travail à Roubaix, référence du dossier : Autodrome (L') : 703 d.1., qui contiennent les dossiers d'une des banques créditrices. Mais malgré une demande écrite à cette banque, l'accès au dossier nous à été refusé.
 

Remerciement à Bruno qui c'est déplacé à Ronchin et au Touquet pour prendre ces photos.
par P. Pannetier publié dans : autodrome communauté : Pour les passionées d'autos
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Mercredi 14 novembre 2007
Journal Match l'Intran (article d'époque)
 
AUTOROME DE MONTLHERY.
Grand Prix de l'A.C.F. 30 juin 1936
 
Enfin, la Marseillaise a retenti à Montlhéry. Il y avait bien longtemps qu'il ne nous avait pas été donné de l'entendre à la fin d'un Grand Prix de l'Automobile Club de France !
 
Vous me direz que l'on pouvait s'y attendre, puisque la majorité des trente-huit voitures qui prirent le départ portaient des couleurs françaises. C'est un fait ; mais, répétons-le, une victoire française, et surtout une victoire comme celle-ci, ne doit pas nous laisser indifférents, car elle a une toute autre signification que celles que, peuvent remporter un peu partout, en Europe, les   constructeurs allemands et italiens.
 
Je suis d'autant plus à l'aise pour parler de cette formule que je préfère - mais ceci entre nous - les courses de vitesse pure. Mais venons aux faits.
 
Dans ce Grand Prix des voitures de sport de l'Automobile Club de France, qui se disputait dimanche sur mille kilomètres du circuit routier de Montlhéry, il n'y avait, comme son nom l'indique, que des voitures de sport. Entendez par là des voitures que l'on peut acheter pour un prix normal chez l'un ou l'autre des constructeurs qui participèrent à la Course, puisque le règlement prévoit que ces mêmes constructeurs sont tenus de sortir un minimum de vingt voitures du même modèle. Ce ne sont ni plus ni moins que des voitures de série, un peu plus rapides que les autres. Elles n'ont rien de commun avec les bolides qui dépassent le 300 à l'heure et qui coûtent pour, la fabrication une fortune. Elles ne consomment que trente litres de carburant - un carburant que l'on trouve dans le commerce - et non cinquante ou soixante litres d'un mélange dont le prix d'achat est terriblement élevé. 

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Tout ceci pour faire la comparaison que je suis amené à faire : la vitesse moyenne qui a été réalisée dimanche par le vainqueur, Jean-Pierre Wimille, qui conduisait une Bugatti, est proprement stupéfiante, puisqu'elle est supérieure, pour ces mille kilomètres d'un parcours très accidenté,à 125 Km 200 ! Les voitures de course auraient-elles fait tellement mieux ? Rappelons que, dans le dernier Grand Prix de l'Automobile Club de France, ancienne formule, trois voitures seulement terminèrent, le circuit étant alors de cinq cents kilomètres et non de mille. Sur une distance double, combien en serait-il resté ? Aucune, très probablement. Alors que, dimanche des trente-six voitures qui prirent le départ, vingt-cinq ont été classées. Le déchet est donc insignifiant.
 
Pour en terminer avec cette comparaison, j'ajouterai que si le règlement pouvait, comme on l'espère, être modifié afin d'amener la suppression des ailes et des phares, certaines de ces voitures pourraient, sur ce circuit, faire aussi bien, sinon mieux, que certaines voitures de course victorieuses il y a deux ans.
 
Nous devons donc féliciter l'Automobile Club de France d'avoir orienté les constructeurs vers une formule de compétition utilitaire.

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Des espoirs qui s'affirment
 
Il nous faut maintenant parler du coureur Jean-Pierre Wimille, qui, bien secondé, il est vrai, par une voiture plus rapide, a été admirable. C'est un très grand champion, un homme d'une classe un peu supérieure, qui avait confiance dans sa voiture.
 
Pour vaincre, il dut faire presque constamment le forcing, en ce sens que, par trois fois, il fut en tête et qu'à chaque fois, un léger ennui lui faisait perdre le terrain gagné.
 
Sur la fin de la course, il fut extrêmement sage, en se contentant de la légère avance qu'il avait prise sur Mich Paris.
 
Raymond Sommer, qui le relaya, fut, lui aussi, à la hauteur de sa tâche. Peut-être manqua-t-il, au début de la course, de ce mordant qui le caractérise. Lorsqu'il eut mieux sa Bugatti en main - il ne la connaissait pas suffisamment - il redevint lui-même.
 
Mich Paris, qui réalisait une excellente équipe avec Mongin, termina second, très près de Wimille. Le jeune coureur indépendant de Delahaye a confirmé ce que nous avons pensé de lui au lendemain des trois heures de Marseille. Sa seconde place n'est pas due à la chance, mais bien aux qualités de l'équipe, qui ne fut jamais surclassée.
 
Mais si Bugatti a été vainqueur, Delahaye peut se vanter d'avoir amené le plus grand nombre de voitures dans les premières places, puisque, en troisième position, on retrouve l'équipe Robert Brunet-Freddy Zehender, qui a fait une course aussi belle que possible; en quatrième position, Shell-Carrière, qui furent tout aussi brillants. Enfin, Albert Terrot-Dhome amenèrent en cinquième place la quatrième voiture Delahaye.
 
Puis c'est la série des malchanceux, Des hommes qui furent brillants pendant la course perdirent du temps pour des futilités, souvent à leur ravitaillement, comme l'équipe Veron-William sur Bugatti, Villeneuve-Viale sur Delahaye, Heldé-Nime sur Talbot, René Dreyfus-Bradley sur Talbot, qui tous auraient mérité infiniment mieux. René Dreyfus, en grand champion, battit le record du tour, qu'il amena à 133 Km 889, cependant que Heldé, qui avait fait un départ très prometteur et qui avait toutes les raisons de penser qu'il ne terminerait pas trop loin du premier, perdit tout espoir en perdant près de trente minutes à son stand de ravitaillement.
 
Il en a également été ainsi pour l'équipe de Talbot André Morel-Chinetti, qui se classèrent dixièmes à cinq tours.
 
Danniell et Maric ne firent sans doute pas d'étincelles, mais ils se classèrent onzièmes, alors que l'équipe Albert Divo-André Girod sur Delahaye, qui a fait une course extrêmement méritante, a, elle aussi, été battue ... au ravitaillement, de même que Robert Benoist-Philippe de Rothschild.
 
Jean Trévoux et Macluse se sont relayés au volant d'une petite Riley et se sont classés premiers dans la catégorie de 750 cmc à deux litres. La victoire fut d'autant plus facile que les pilotes allemands s'étaient retirés. Van der Beck et Dolls, également sur Riley, se sont classés seconds. Dans cette même course, il faut souligner la belle course d'ensemble que firent les équilles Fiat, lesquelles étaient handicapées par une faiblesse de cylindrée de leur moteur. Dans la catégorie de cylindrée supérieure à 4 litres, les frères Leoz, au volant de la puissante Lagonda, terminèrent premiers devant Trintignant, sur Hudson.
 
Lehoux a dû abandonner et Colas dut sauter en vitesse de sa voiture en flammes.
 
En résumé, ce Grand Prix de l'Automobile Club de France a été, je ne dirai pas passionnant, mais plaisant à suivre, bien que la distance soit un peu longue, à notre avis.
 
Georges Fraichard.
 
LE CLASSEMENT
 
1. J.-P. Wimille-Sommer (Bugatti), sur pn. Dunlop, les 1000 km. en 7 h 58' 53" 1/10 ; moyenne 125 Km 288 ;
2. Mich-Paris-Mongin (Delahaye), en 7 h 59' 44" 2/10 ; moyenne 125 Km 068 ;
3. Brunet-Zehender (Delahaye), en 8 h 25" 6/10; moyenne 124 Km 888 ;
4. Schell-carrière (Delahaye), à un tour ;
5. Perrot-Dhome (Delahaye), à 2 tours ;
6. Veyron-Williams (Bugatti), à 4 tours ;
7. Villeneuve-Viale (Delahaye), à 4 tours ;
8. Heldé-Nime (Talbot), à 4 tours ;
9. Dreyfus-Bradley (Talbot), à 5 tours ;
10. Morel-Chineti, (Talbot), à 5 tours ;
11. Danniell-Maric, (Delahaye), à 6 tours;
12. Divo-Girod (Delahaye), à 7 tours; 13. Benoist-de Rothschild (Bugatti), à 7 tours ;
14. Trévoux-Macluse (Riley), à 9 tours, premiers du groupe 1. 

par P. Pannetier publié dans : courses
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Dimanche 11 novembre 2007
Article d'époque paru dans le journal Match l'Intran
 
UNE COURSE A FORMULE LIBRE SUR L'AUTODROME
 
Le Grand Prix de l'Automobile-Club de France, disputé dimanche sur le circuit routier de Montlhéry, d'un périmètre de 12 Km 500, a permis à Bugatti de prendre ses revanches des défaites subies à Monza et au Mans par suite de défaillances des pneumatiques. Cette fois, les quatre maisons officiellement engagées : Bugatti, Alfa Roméo, Maserati, Mercédès, avaient adopté les mêmes pneus, de sorte que tout élément perturbateur disparaissait. Le résultatest régulier, la voiture Bugatti ayant témoigné de la meilleure vitesse ; enfin, le constructeur de Molsheim avait réalisé un perfectionnement important : il avait fait en sorte que les garnitures de freins puissent être changées en deux minutes à peine ; aussi les hommes, en toute confiance, ont pu pousser quand il l'a fallu et autant qu'il l'a fallu. La partie fut d'ailleurs rapidement jouée, et le spectacle, durant les dernières six heures, n'offrit guère d'intérêt. En fait, la Bugatti n'eut pas besoin de pousser à fond pendant la seconde moitié de l’épreuve.
 
image015-copie-1.jpgLa formule des dix heures est assurément moins émotionnante que la formule à la consommation ; on aurait tort, toutefois, de considérer la partie comme acquise pour le Grand Prix de Belgique, qui constituera la belle de ce championnat du monde 1931, dont Alfa Roméo et Bugatti ont gagné chacun une manche. D'une part, les freins joueront là-bas un rôle moins essentiel qu'à Montlhéry, et, d'autre part, on présume qu'Alfa Roméo remédiera à ce qui lui manqua dimanche dernier. Enfin, Maserati, qui avait amené dimanche dernier des voitures assurément rapides, est loin d'être hors course. Quant à la Mercédès, cette belle voiture n'est pas à son aise sur un circuit tout en virages qui ne lui permet pas de s'étendre à son aise : on comprend d'ailleurs qu'elle est loin de posséder la même maniabilité que ses rivales.
 
Hormis cette réalisation élégante, par Bugatti, d'un progrès pratique concernant le freinage, le Grand Prix de l'A.C.F. ne nous a apporté aucun enseignement. II en est toujours ainsi quand on court sous le régime de la liberté absolue. Pas plus en mécanique qu'en tout autre domaine, l'anarchie n'est génératrice de progrès. On trouve bonne la formule des dix heures, on n'approuve pas l'absence de tout critère de qualification pour les voitures. L'épreuve s'est déroulée devant un public nombreux qui ne demandait qu'à manifester son enthousiasme. Que la victoire de Bugatti ait été si aisée, cela ne fait qu'ajouter au mérite du constructeur de Molsheim ; mais cette aisance a tué toute incertitude et toute fièvre.
 
Le cadre n'a pas paru digne du Grand Prix de l'Automobile Club de France on aurait souhaité, qu'au moins l'autodrome fît toilette pour recevoir tant de visiteurs. L'aspect, des loges et des tribunes était pénible ; enfin, certains services accessoires étaient sordides. Ce sont là choses auxquelles on se doit de penser, parce que tous les spectateurs le constatent et en souffrent.
 
Ch. Faroux
 
image017.jpgNotre éminent collaborateur Ch. Faroux a remarqué, fort justement, que l'autodrome de Linas-Montlhéry ne s'était pas mis en grand frais pour recevoir l'élégant et populaire public attiré par le Grand Prix de l'A.C.F., Il convient, à ce sujet, à noter, pour l'avenir de notre industrie automobile, à quel point les grandes épreuves sportives de l'auto gardent la faveur de la foule,faveur qui ne demande qu'à se manifester etn'en a pas toujours l'occasion. Il faut que la leçon du Grand Prix 1931 porte ses fruits. Quoi qu'on puisse penser de la formule libre, il sied de mettre sur pied, avec l'élite de nos coureurs et le concours de nos grandes marques, de ces vastes et belles épreuves qui servent la cause du sport et aident en même temps à la vulgarisation de l'automobile. Il est tout de même anormal que la France, l'un des plus grands pays automobiles du monde, ait tendance à se désintéresser de la course qui marque la vitalité et l'avenir d'un sport-industrie qui répond aux préoccupations de chacun ! Enfin on aimerait aussi que le « pesage » se distingue de la « pelouse », non point seulement par la différence du prix perçu, mais aussi pour ne pas décourager les gens qui aiment voir autant qu'être vus et dont l'utilité sociale est incontestable ...
 
René Lehmann
 
Le Grand Prix de l'Automobile-Club de France à Montlhéry. Une des plus belles et des plus émouvantes épreuves, courue dans un cadre paradoxalement champêtre, à quelques kilomètres de Paris. De la fumée, du bruit, des moteurs ... mais aussi des hommes. Et c'est cela qui peutfaire d'une course un chef-d'oeuvre, ou, si l'art en est absent, un drame.
 
Des avions étaient descendus, sur le plateau de Saint-Eutrope, à l'étage où nichent Ies oiseaux les moins huppés. Et les pierrots,chassés de leurs nids par une foule trop nombreuse, répandue et perdue dans les taillis, battaient, affolés, les records d'altitude des petits « zinc " curieux.
 
Ce fut dès le départ, une course en tous points émouvante. On avait, pendant quelques minutes, vu des hommes, anges blancs, génies bleus,diables rouges, serrés dans leur combinaison et comme, utilisés dans leurs plis. Ils avaient de beaux cheveux gommés, des yeux rieurs, Un foulard autour du coup fétiche - un mouchoir qui devait en suite se dérouler comme un étendard - la calme assurance de gens qui vont à une partie de plaisir - ou de déplaisir - mais joyeusement.
 
Et soudain, autour des voitures placées sur la piste aux endroits désignés, ce fut le désert. Les premiers conducteurs avaient bondi dans leurs voitures ; les moteurs hurlaient une chanson lancinante, cris de bêtes féroces sentant le gibier proche ou rages d'espoirs trop longtemps contenus.
 
De ce moment, le ciel ne fut plus qu'une immense voûte de résonance. Tout vibrait, tout chantait, les branches des arbres agitées par la brise et les fermes métalliques de la grande tribune. Et l'on eût dit qu'un archet se promenait sur vos propres nerfs exacerbés.
 
Car, dès le départ, du moment même où toutes les voitures qui, sous des couleurs diverses, paraissaient sœurs, s'engouffrèrent, d'un seul bondissement, dans la ligne droite du départ, le drame commença. Ce fut d'ailleurs, tout de suite,un duel entre Chiron, au bonnet bleu, et Faggioli, Dans leur ardeurs à se surpasser ilsscindaient tout de suite le peloton acharné àune poursuite impossible. Longtemps, ils furent deux seuls, luttant roue à roue, avec des fortunes diverses. Ils se dépassèrent mutuellement. Ils nous passionnèrent par l'incertitude qu'ils c'étaient. Etles records, auxquels ils ne songeaient peut-être même pas, les vieux records s'écroulaient.
 
image022.jpgIl fallut, pour les profanes, voir la fin de la course l'éblouissement de certains, la sereine certitude des autres, pour comprendre que, dès le début de l'épreuve, une tactique avait été commandée ou ordonnée, la recherche de l'écœurement de l'adversaire. Chiron se tira à merveille de l'expérience ou de l'aventure. L'un après l'autre, ses concurrents s'inclinèrent devant tant de chance, de valeur, ou de virtuosité. Au bout de quelques heures, la partie était gagnée.
 
Voire ! Le moindre et le plus stupide des accidents, un rien qui cloche, une pompe d'huile qui se détériore, et voilà anéantis tous les espoirs, vains tous les efforts. C'est pourquoi, des heures durant, on s'abordait en se disant: « Les carottes sont cuites ! » et l'on cherchait tout de suite un bout de bois à serrer pour contre-balancer cette outrecuidance.
 
Et la, vraiment, j'admirais ces hommes, surtout ceux qui n'avaient plus aucune chance, qui ne couraient pour nulle maison, qui étaient peut-être partis sur un caprice et continuaient par amour-propre, par respect d'eux-mêmes !  
 
Il y a, dans une telle épreuve, une question indéniable de résistance physique, de solidité, de stabilité, d'équilibre moral, il y a aussi l'exaltation de la volonté et du courage. Des frissons nous passaient dans le dos alors que les conducteurs gardaient leur flegme, Il faut un bel entraînement au sourire pour ne jamais avoir peur !
 
Cela, les cent mille personnes ou plus qui étaient répandues parmi les fourrés, les taillis, ou sous les futaies de notre admirable autodrome, le sentaient intensément. Ils suffisaient qu'une voiture stoppât devant son stand de ravitaillement pour qu'aussitôt crépitent les bravos et les applaudissements à l'adresse de cet homme paraissant si frêle aux côtés d'une machine àl'allure de joujou mais contenant en elle toutes les colères et toutes les fureurs.
 
image024.jpgLegoût du risque est une chose bien â nous, que nous cultivons, qui nous plait nous séduit. Chaque fois qu'une voiture disparaissait pour quelques minutes, l'angoisse nous étrillait. Et c'était ensuite le large, puissant soupir de soulagement.
 
Quand Chiron, impatient, trépignait sur la piste, un bouquet déjà dans les bras, attendant Varzi qui, vainqueur, musardait, s·amplifiant de bosquet en bosquet, de virage en virage, une acclamation monta, où se confortaient la joie de voir les nôtres triomphé, l'ivresse de la justice, la justice rendue au meilleur ...
 
Quelques instants après, refaisant en sens inverse le trajet des bolides, nous énumérions, sur la piste, les victimes, les pauvres machines qui n'avaient pas pu aller plus loin. C'est peut-être triste. Ce ne l'était point. Elles étaient mortes à la peine. C'est très beau de finir ainsi !
 
Jean de Lascoumettes
 
par P. Pannetier publié dans : courses
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Mercredi 7 novembre 2007


Réalisateur Philip Dupuis et Hervé Brèque
France - 2006 - 52'

Un documentaire qui retrace l'histoire du grand circuit automobile de la région parisienne... Plus qu'un simple autodrome, ce circuit, aujourd'hui fermé au public, souvent loué aux clubs de voitures anciennes, fait partie de l'histoire du 20e siècle...

Documentaire sur LE grand circuit de la région parisienne. Une histoire longue de 80 ans, qui montre à quel point Montlhéry a fait partie, à sa manière, d'une sorte d'histoire populaire du XXè siècle. Nous revivons les grandes heures de Montlhéry, les grands succès populaires, les records invraisemblables des pionniers du sport mécanique. Nous explorons la face cachée de l'automobile. C'est à Montlhéry qu'ont été mises au point toutes les voitures marquantes des trente glorieuses.
Montlhéry n'est jamais devenu Indianapolis. Les foules ont peu à peu déserté les abords du circuit : il devenait difficile d'y organiser des courses prestigieuses. L'entretien coûtait trop cher. Alors Montlhéry, devenu propriété des constructeurs français, a connu une deuxième vie. Piste d'essai, le circuit a "participé" à toutes les évolutions de l'automobile moderne. Souvent loué aux clubs de voitures anciennes, c'est également devenu un lieu d'histoire, une sorte de chapelle dédiée au dieu automobile. C'est ainsi que Montlhéry est devenu un lieu qui compte. Un lieu désormais fermé au public et qui pourtant fait partie d'une mémoire collective.

Le film le seigneur des anneaux est visible sur le web
http://pagesperso-orange.fr/tandemimage/3.html

Ce DVD est toujours disponible auprès de Tandem image 
au pris de 19,95 euros frais de port compris


Tandem Image
17 allée de Chambord
41220 Saint-Laurent-Nouan
France
Tél. 33 (0) 254 877 974
Fax. 33 (0) 254 871 115
email   tandemimage@tandemimage.fr
web    www.tandemimage.fr


Ce très bon film récent sur l'histoire de l'autodrome
est aussi louable pour des projections publiques en salle.

Il est distribué pour cela par l'ADAV
http://83.206.81.212/4DCGI/0FR0000000000MENUS0000
forfait  150,00 Eur HT  (projection publique)

par P. Pannetier publié dans : Bibliographie
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